Metallurgie : L'Europe prend le relais

Le marché et la production de la sidérurgie et de la première transformation de l'acier auront augmenté d'environ 10 % cette année. Mais un ralentissement est à attendre en 1998.

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Le volume de la demande adressée à la sidérurgie et à la première transformation de l'acier aura connu une augmentation de l'ordre de 10 % cette année en France, et de 8 % sur l'ensemble de l'Europe. Les performances de la métallurgie des non-ferreux auront été plus faibles (+ 2% en 1997). Car ce secteur a souffert de l'excès des stockages spéculatifs. L'an prochain, le contraste entre les deux domaines de la métallurgie sera sans doute moins marqué. Les non-ferreux pourraient connaître une croissance un peu plus vive (de 3 à 4 %), avec une reprise du stockage. A l'inverse, le taux de progression de la consommation " apparente " de produits sidérurgiques laminés et de première transformation devrait tomber à un niveau de l'ordre de 2 à 3 % en France et en Europe. Dans le domaine sidérurgique, en effet, la pression de la demande étrangère va s'alléger. D'une part, les besoins des Etats-Unis augmenteront moins vite l'an prochain, après une longue phase d'expansion ; d'autre part, la demande de la zone asiatique a déjà montré des signes d'inflexion, liés à la quasi-récession au Japon et aux problèmes d'équilibre monétaire dans les pays de l'Asie-Pacifique. En outre, les besoins de stocks vont diminuer, car la moindre attraction de la demande étrangère permettra un raccourcissement des délais de livraison sur le marché intérieur, et pourrait aussi entraîner une modération des attentes de hausses de prix. L'hypothèse d'une poursuite de la croissance, même ralentie, l'an prochain repose donc surtout sur l'hypothèse d'un raffermissement conjoncturel en Europe. La progression des besoins réels des utilisateurs d'acier viendrait prendre le relais de la demande de stocks, qui, jusqu'à présent, a été le principal facteur de croissance. Et l'évolution des derniers mois indique que la direction en est prise. Au plan européen, la tendance est effectivement bonne pour les grands secteurs industriels clients, qu'il s'agisse de l'automobile, des constructions mécaniques ou du travail des métaux, pour lesquels on attend des taux de croissance de 4 à 6 %, notamment en France et en Allemagne. Mais, malgré tout, les perspectives demeurent sombres à l'échelle européenne dans le bâtiment et les travaux publics, une donnée qui tempérera nécessairement les performances de la sidérurgie et des principaux métaux non ferreux l'année prochaine.



L'invité de la semaine

Lenhard Holschuh
, secrétaire général International Iron and Steel Institute (IISI), Bruxelles

" La consommation d'acier atteint un record et la croissance se poursuit en 1998. "

"La consommation mondiale de produits sidérurgiques laminés aura atteint le niveau record de 695 millions de tonnes en 1997, soit 4,5 % de plus qu'en 1996. La croissance se poursuivra en 1998, même si elle se ralentit. La consommation mondiale devrait alors s'élever à 700 millions de tonnes. Selon l'enquête conduite à l'automne auprès des entreprises membres de l'IISI, le marché reste ferme aux Etats-Unis, en Asie, dans les grands pays d'Amérique latine et en Europe de l'Est. Une reprise s'est produite dans l'Union européenne, où les restrictions en vue de la monnaie unique s'atténuent. La consommation apparente dans l'Europe des Quinze aura ainsi augmenté de près de 8 % cette année, et un progrès de l'ordre de 2 % est attendu pour 1998. Sur le moyen terme, la consommation mondiale augmentera de 15 millions de tonnes par an, pour atteindre quelque 800 millions de tonnes en l'an 2005. La fraction la plus significative de cette demande additionnelle émanera de la Chine continentale, dont les besoins seront de l'ordre de 120 millions de tonnes en l'an 2000, un niveau alors presque équivalent à celui de l'Union européenne. "



USINE NOUVELLE N°2613

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