MESURE TRIDIMENSIONNELLELA FIABILITÉ DES MACHINES EN QUESTIONLes conditions d'utilisation des machines de mesure tridimensionnelle mettent parfois en cause leur fiabilité.

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MESURE TRIDIMENSIONNELLE

LA FIABILITÉ DES MACHINES EN QUESTION

Les conditions d'utilisation des machines de mesure tridimensionnelle mettent parfois en cause leur fiabilité.



Peut-on être certain des résultats affichés par une machine de mesure tridimensionnelle? Si l'on ne prend pas garde aux conditions d'utilisation de ces machines, des écarts de plusieurs dizaines de micromètres risquent de s'introduire entre la réalité et la mesure obtenue. Le Centre régional d'étalonnage et de métrologie de Nîmes, l'Ensam de Lille et le Mouvement français pour la qualité nous l'ont récemment rappelé. En effet, fin 1994, à l'initiative de la société Rénishaw, ces organismes ont créé le Grand Prix de la maîtrise de la précision. Vingt-sept participants ont pu mieux connaître la précision de leurs usinages et l'incertitude des mesures associées à leur contrôle. Tous ont usiné la même pièce et contrôlé les mêmes cotes. Pourtant, en comparant ces données avec celles de la machine de mesure tridimensionnelle de référence du Cerem, des disparités sont apparues pour certains des participants. Alors, doit-on remettre en cause la fiabilité de ces machines? Certes non! C'est bien plus les conditions d'utilisation qui sont à revoir ou à améliorer. Le niveau de compétence des opérateurs est bien entendu primordial. "Sur des pièces complexes ou nouvelles, telles que celle que nous avons usinée pour le concours, notre savoir-faire est un atout indispensable pour évaluer l'incertitude de la mesure point par point", précise Max Majour, responsable du Département qualité métrologie de Citroèn à Meudon. La chaîne d'incertitude est en effet longue et complexe, puisqu'il faut prendre en compte le niveau de difficulté propre de la mesure, la précision de la machine, du palpeur et de l'algorithme de calcul, mais aussi les défauts de parallélisme de la pièce, ou encore une qualité de surface défectueuse.

Une priorité: la formation

Les deux autres gagnants, la DCN à Ruelle (Charente) et les établissements Yvon Boyer, implantés à Rozay-le-Vieil (Loiret) confirment ces faits. Pour les deux sociétés, la formation du personnel reste une priorité, et elles n'hésitent pas à investir régulièrement dans des stages de formation. Yvon Boyer, P-DG de la société qui porte son nom, et Alain Thomas, responsable des contrôles à la DCN, mettent également en avant la nécessité d'établir une procédure rigoureuse de surveillance dans le temps des machines de mesure tridimensionnelles.



l'expérience de la dcn

Dans les ateliers de la DCN, chaque lundi, ou dès qu'il y a un doute, un contrôle par des cales étalons est effectué pour prévenir tout risque de déréglage de la machine. Ce contrôle est complété par une opération rapide de nettoyage, notamment des pistes de glissement.De plus, une fois par semestre, des moyens plus lourds de contrôle sont mis en oeuvre à l'aide d'une jauge de calibrage volumétrique. Ainsi, environ deux fois par an, une correction de la machine apparaît nécessaire. Celle-ci n'intervient pas directement sur la mécanique de la machine, mais sur son logiciel de calcul, qui intègre les défauts par un maillage complet du volume de mesure. Les fournisseurs de machines proposent également des visites annuelles de vérification, qui peuvent être complétées par celles d'organismes certifiés comme le LNE.

USINE NOUVELLE N°2485

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