Mesure : Naissance de la jauge pour batterie

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Mesure : Naissance de la jauge pour batterie



On peut désormais mesurer directement le solde d'énergie d'une batterie. Un "ordinateur de bord" le calcule en soustrayant la quantité d'ampères-heures déjà utilisée.

Le comble, pour le conducteur d'un véhicule électrique? Ne pas être averti de son autonomie! Pour remédier à cette lacune, Thomson-CSF et Saft (groupe Alcatel-Alsthom) viennent de signer un accord de coopération sur fonds propres pour mettre au point un système de gestion électronique. Son rôle: indiquer avec précision le niveau d'énergie restant dans les batteries.

"Cette mesure se révèle beaucoup plus délicate qu'il y paraît", expose Jean-Pierre Cornu, responsable du développement chez Saft. Un accumulateur est un organe au comportement complexe. Et la quantité d'énergie qu'il peut délivrer dépend d'une multitude de paramètres: température, historique des charges et des recharges... Il est en outre impossible de mesurer directement le solde de courant. Cette quantité d'énergie ne peut se calculer qu'en soustrayant la quantité d'ampères-heures déjà utilisée. Exercice d'autant plus périlleux qu'il requiert une rigueur extrême. "Admettons en effet que nous bénéficions d'une précision quotidienne de 1% (les compteurs domestiques d'EdF avoisinent les 5%), professe Jean Pierre Cornu. Au bout d'un mois, l'erreur à la jauge peut atteindre 30%!"Obstacle supplémentaire: comptabiliser des flux d'énergie très variables. De quelques milli-ampères à l'arrêt avec les veilleuses allumées jusqu'à plusieurs centaines d'ampères à 80kilomètres-heure sur le périphérique.Afficher l'autonomie ne sera pas l'unique rôle de ce système de gestion électronique. Il devra également piloter les dispositifs de charge externes ou embarqués, prévenir les pannes et les diagnostiquer.

Une étroite collaboration entre Saft et Thomson-CSF

La réalisation de ce véritable ordinateur de bord a nécessité une étroite collaboration entre les deux sociétés. Les ingénieurs de Saft ont mis au point des algorithmes représentatifs du comportement électrochimique des batteries nickel-cadmium. Ceux de Thomson-CSF les ont exploités pour développer des cartes électroniques répondant aux contraintes de fiabilité, de poids et de coût liées à l'industrie automobile. Le premier prototype vient d'être testé sur un véhicule électrique.

USINE NOUVELLE - N°2472 -

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