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L'Usine Santé

Messimy, paradis de l’homéopathie

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Le siège du laboratoire Boiron va doubler de taille pour rassembler les productions d’Oscillococcinum et d’Arnica, ses médicaments homéopathiques qui s’arrachent en France et à l’étranger.

Messimy, paradis de l’homéopathie
La triple imprégnation, automatisée et sous atmosphère contrôlée, permet d’incorporer la dilution homéopathique sur un granule.

Pour anticiper l’épidémie de grippe cet hiver, l’usine de Messimy (Rhône) tourne à plein. Ce site de 16?hectares héberge depuis 2013 le siège du laboratoire Boiron, l’un des leaders mondiaux de l’homéopathie, et la production de médicaments comme l’Oscillococcinum, son traitement phare contre les états grippaux. Dans deux?ans, les capacités de fabrication de Messimy auront doublé sur un terrain voisin de 15?hectares. Il accueillera les activités d’imprégnation de granules – que l’on retrouve dans le célèbre tube bleu d’Arnica – jusqu’ici localisées sur le site historique de Sainte-Foy-lès-Lyon, qui fermera ses portes.

Plus d’un?Français sur deux consomme des médicaments homéopathiques, privilégiant leur innocuité, même si leur efficacité fait débat. Ils sont fabriqués à partir d’un principe actif, une substance végétale, animale (comme les extraits de foies et cœurs de canards de Barbarie pour l’Oscillococcinum) ou minérale fortement diluée pour supprimer toute toxicité. Dans les Vosges, des cueilleurs récoltent à la main l’arnica sauvage qui pousse en altitude. Utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires et veinotoniques, il sera transporté dans les vingt-quatre?heures en camion frigorifique jusqu’à Messimy. Les plantes sont alors contrôlées par des employés, puis mises à macérer durant plusieurs jours dans un?mélange d’eau ultrafiltrée et d’alcool. Après pressage dans des cuves semblables à celles utilisées pour le vin, et une?fine filtration, un?liquide jaune, brun ou noir est recueilli. C’est la teinture mère homéopathique qui servira de base aux dilutions successives. Dans un laboratoire, sous une?hotte à flux laminaire pour garantir une atmosphère pure, une?opératrice prélève un?centième de teinture mère, qu’elle dilue dans quatre-vingt-dix-neuf centièmes de solution hydro-alcoolique. Une?forte agitation mécanique du mélange et toute l’opération est reproduite 30?à 200?fois.

Une autre façon de se soigner

En parallèle, dans le bâtiment « dragées », de massives turbines tournent en continu pour fabriquer, à partir de cristaux de lactose et de saccharose, les fameux granules. « Dans l’industrie homéopathique, nous sommes quasiment les seuls à les fabriquer nous-mêmes », assure Jean-Christophe?Gaymard, le directeur organisation et méthodes du laboratoire. Dans des locaux rendus poussiéreux par les apports de sucre, les globules de 1,8?mm de diamètre sont collectés au bout de quelques jours. Ils se retrouveront dans les petits tubes verts vendus en pharmacie. Les granules de 3,9?mm sont, eux, conditionnés dans des tubes bleus.

L’étape suivante s’appelle la « triple imprégnation », brevetée par Jean?Boiron. Des lots de 180?kg de globules – soit 180 000?doses d’Oscillococcinum – sont mélangés en turbines à la dilution homéopathique, avant d’être conduits par rampe vers le remplissage automatique. Un opérateur en vérifie la cristallisation, avant que les globules ne soient déposés dans les tubes. Dans une aile attenante, un bras automatique se charge de sceller l’opercule des boîtes de 30?doses de médicament. Il rejoindra les rayons de l’une des 22 000?pharmacies françaises et des 59?pays où exporte Boiron.

L’an passé, le groupe a enregistré une?légère diminution de son chiffre d’affaires à près de 610?millions d’euros. En cause, une épidémie grippale moins étendue et l’impact des variations de change du rouble. Le laboratoire devrait renouer avec la croissance en 2015 et continuer d’améliorer sa rentabilité. Alors qu’une partie croissante de la population s’inquiète des effets secondaires des médicaments traditionnels, Boiron entend démontrer « qu’il existe une autre façon de se soigner », insiste Valérie Poinsot, sa directrice générale déléguée.?

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