Messier placé sous surveillance

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Conseil d'administration marathon, hier à New York pour le groupe Vivendi Universal et son président Jean-Marie Messier. Un groupe actuellement dans une situation financière délicate avec un cours de bourse qui perdu la moitié de sa valeur depuis le début d'année.

Pas moins de 8 heures de débat auront été nécessaires pour un résultat plutôt mal accueilli par la communauté financière.

Signe des temps et de la défiance dont fait désormais l'objet Jean-Marie Messier y compris apparemment au sein de son propre conseil, celui-ci a décidé la création d'un « groupe de travail interne sur le gouvernement d'entreprise », co-présidé par Edgard Bronfman Jr, (ex patron de Seagram qui a fusionné, il y a 18 mois, avec Vivendi), dont la famille est le principal actionnaire de VU avec 5,6% du capital. L'autre président de ce « groupe de travail » qui ressemble fort à une mise sous tutelle est Marc Viénot, ex-patron de la Société Générale.

Alors que la plupart des analystes s'attendaient à des décisions sur le calendrier de désendettement du groupe, rien n'est sorti de ce coté. Même si le conseil a indiqué que la stratégie du groupe reposait sur la « poursuite du programme de désendettement et la croissance interne ». Une véritable rupture après trois années de folle croissance, menée par J2M.

Après de multiples acquisitions tant du coté de l'activité média que de l'environnement, l'endettement de Vivendi Universal (VU) est estimé à 33 milliards d'euros, réparti par moitié dans chaque pôle (média et environnement).

Une des décisions les plus attendue était l'annonce d'une cession partielle de Vivendi Environnement, aujourd'hui filiale à 63%. Selon ce schéma, Vivendi Universal vendrait 15% au moins du capital de VE, pour une part en bourse mais surtout à des investisseurs « amis » comme la Société générale, Dexia, la Caisse des Dépôts, voire à Edf, associé à VE dans Dalkia international. Tout en procédant par ailleurs à une augmentation de capital de VE. Une opération qui aura pour effet à la fois d'apporter du cash à VU et surtout de déconsolider sa filiale et donc autour de 15 milliards de dettes.

Mais ce schéma n'a pas été confirmé hier. Le conseil se contentant d'indique que les opérations de désendettement ne seront commentées qu'après leur réalisation effective. Autre la cession de VE, des décisions sont aussi attendues concernant Telepiu, la filiale italienne de Canal+, lourdement déficitaire dont on attend une vente (éventuellement à Murdoch) voire la mise en faillite.

Déçu donc par le manque d'annonces concrètes, les marchés ont une nouvelle fois sanctionné le titre Vivendi qui aujourd'hui à 13 heures perdait plus de 4 % à 32,37 euros.

Le Conseil d'administration de Vivendi :

Du côté français :

· Jean-Marie Messier, P-dg de VU

· Eric Licoys, directeur-général délégué de VU

· Marc Viénot président d'honneur de la Société Générale

· Bernard Arnault, P-dg de LVMH

· Jean-Marc Espalioux, président du directoire d' Accor

· Henri Lachmann, P-dg de Schneider Electric

· Serge Tchuruk, P-dg d'Alcatel

· Jacques Friedmann, ancien P-dg de l'UAP

· Philippe Foriel-Destezet, patron d'Adecco

Hors administrateurs français, le conseil compte aussi :

· Cinq Américains du Nord : Edgar Bronfman Jr, ex-patron du groupe canadien Seagram qui a fusionné avec Vivendi ; Edgar Bronfman Sr., son père ; Charles Bronfman, son oncle (représenté par l'avocat d'affaires Samuel Minzberg) et Marie-Josée Kravis, "senior fellow" de l'Hudson Institute Inc, Richard Brown, P-dg de Electronic Data Systems.

· Un Britannique : Simon Murray, ancien P-dg du conglomérat de Hong Kong Hutchison Whampoa,

· Une espagnole : Esther Koplowitz, actionnaire du leader du B-tp espagnol FCC.

Pierre-Olivier ROUAUD

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