Mémoires : 3000 emplois menacés chez Qimonda

Après Micron, Qimonda - une filiale du groupe allemand Infineon spécialisée dans les mémoires - s'apprête à procéder à des coupes claires dans ses effectifs.

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Mémoires : 3000 emplois menacés chez Qimonda
Depuis plusieurs semaines, la rumeur enfle autour d'un possible mariage entre l'allemand Qimonda, en butte à de très sérieuses difficultés financières, et son concurrent américain Micron. En fait, il n'y a pas d'union à signaler pour l'instant - même si l'hypothèse est toujours avancée - mais un même destin placé sous le signe d'une restructuration d'envergure et de licenciements collectifs. Dans la foulée de Micron, qui vient d'annoncer une réduction de 15% de sa masse salariale sur deux ans, Qimonda prévoit de se séparer prochainement d'environ 3 000 salariés (sur un total de 13 481 collaborateurs à l'international au 30 septembre 2007, dont 57% en Europe).

Recentrage sur le 300 mm

Selon Qimonda, la restructuration, dont le coût est évalué à environ 50 millions d'euros, trouve ses origines dans « la sévérité du ralentissement actuel dans l'industrie des mémoires vives DRAM et dans ses conséquences sur [la] situation financière » de l'entreprise. Elle vise à « repositionner Qimonda sur le marché et à améliorer considérablement son efficacité. »

La réorganisation entraînera un recentrage sur les usines qui produisent des mémoires sur des « galettes » de 300 millimètres et la fermeture de celles qui sont spécialisées dans la production sur du 200 millimètres à Richmond aux Etats-Unis (d'ici janvier 2009) et à Dresde en Allemagne (d'ici fin mars 2009). Des coupes seront aussi effectuées dans les branches administratives et R&D, principalement situées en Allemagne et aux Etats-Unis.

Vente des 35,6% détenus dans Inotera

Avec un même objectif de retour à la rentabilité, le constructeur vient par ailleurs d'annoncer la vente à Micron des 35,6% qu'il détient dans le joint venture Inotera Memories qu'il opère avec Nanya Technology, un autre producteur de mémoires. Cette vente doit lui permettre d'engranger 400 millions de dollars (soit environ 298 millions d'euros). Et devrait lui donner une petite bouffée d'air ou d'argent frais, à l'heure où sa maison mère Infineon se trouve sous pression (elle a enregistré une perte nette de 592 millions d'euros au deuxième trimestre 2008, à la suite d'une dépréciation de 411 millions d'euros sur la valeur comptable de Qimonda).

Par ailleurs, la réorganisation, d'ici la fin du premier trimestre 2009 vraisemblablement, devrait permettre à Qimonda d'économiser de l'ordre de 450 millions d'euros chaque année sur ses coûts de fonctionnement. Mais le constructeur reste bien prudent, affirmant dans un communiqué que « ces efforts [...] sont ou ne sont pas susceptibles de remporter un succès », signalant en outre qu'ils ne sont pas incompatibles avec la possible vente par Infineon de sa participation de 77,5% dans son capital.


Christophe Dutheil

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