"Même si nous étions épargnés par les restructurations actuelles de GE, ce n’est qu’un sursis", estime Laurent Santoire, délégué CGT

Après l’annonce mi-novembre par le PDG de General Electric d’un nouveau plan de restructuration du groupe, les représentants des ex-Alstom étaient réunis en comité d’entreprise européen lundi 4 et mardi 5 décembre. D’après Les Echos, les suppressions de postes dans les anciennes activités d’Alstom alors annoncées épargnent la France. Pas de quoi rassurer Laurent Santoire, délégué syndical CGT, qui attend de connaître les détails de la restructuration globale de la branche Energie du conglomérat américain.

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Lundi 4 décembre, la note de solvabilité financière de GE a été abaissée par l'agence Standard & Poor's, a vu son cours de bourse divisé par deux en un an. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

L'Usine Nouvelle - D’après Les Echos, 4500 postes devraient être supprimés au sein des anciennes activités Energie d’Alstom en Europe mais la France devrait être épargnée. Cela vous rassure-t-il quant à l’avenir des sites français?

Laurent Santoire - Les sites français sont d’ores-et-déjà touchés, avec la suppression annoncée de 345 postes dans les activités hydrauliques à Grenoble. Et probablement que la France sera touchée plus globalement à un moment ou un autre. GE a l’intention de restructurer l’ensemble de sa branche énergie. Pour savoir si la France est touchée, il faut donc attendre d’avoir les annonces de la direction dans leur ensemble, qui sont imminentes. L’accord signé en 2015 par le gouvernement français et GE lors de la reprise des activités énergie d’Alstom protège pour l’instant ces activités et permet de faire pression sur GE. Mais cet accord tombera fin 2018. Donc même si nous n'étions pas concernés par la réorganisation aujourd’hui, ce n’est qu’un sursis. Il faut bien comprendre que GE est un groupe mondial. Quand des pays sont touchés, quand l’empreinte industrielle est affaiblie comme c'est le cas, cela menace forcément l’ensemble du groupe.

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Comment analysez-vous l’insertion des sites français dans la stratégie actuelle de GE ?

A notre grand désespoir, nous n’arrivons pas à discuter de stratégie avec GE aujourd’hui. Pour ma part, je fais partie de la joint-venture nucléaire [l’une des trois coentreprises de GE dans lesquelles certaines activités de l’ancienne branche énergie d’Alstom ont été logées], où nous venons de signer une série de contrats importants. Comment pouvons-nous les exécuter ? Quelles embauches allons-nous pouvoir faire ? Sera-t-il possible d’ouvrir une nouvelle ligne de production ? Nous aimerions discuter de toutes ces questions avec la direction mais c’est impossible actuellement.

Vous êtes auditionné ce mercredi en fin de journée par une commission d’enquête parlementaire sur la stratégie industrielle de la France. Quelle va être la teneur de vos propos et qu’attendez-vous de cette commission ?

Cette commission porte sur les enjeux industriels en France et va auditionner les représentants de plusieurs groupes dont ceux de GE. Pour nous, il y a un problème de cohérence entre les choix faits par GE et les engagements pris lors de la COP 21 et la COP 23. Si nous voulons que la transition énergétique réussisse, il faut une cohérence industrielle. Or GE n’a pas cette cohérence. Alors qu’il y a des besoins en recherche et développement, le groupe a par exemple annoncé une très forte réduction de ses efforts de recherche. L’enjeu pour nous est donc que l’Etat se saisisse de cette question. Notre proposition est qu’il reprenne une participation au sein des coentreprises de GE afin de pouvoir discuter de stratégie industrielle avec la direction du groupe et lui redonner de la cohérence. Le renouvelable est sans avenir s’il est laissé aux mains de GE.

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