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L'Usine Aéro

Même en Chine, l’aéro ne connait pas la crise

Olivier James , , ,

Publié le

La crise financière chinoise affole tous les secteurs industriels. Tous, sauf un : l’aéronautique. Les perspectives des avionneurs n’ont jamais été aussi élevées.

Même en Chine, l’aéro ne connait pas la crise
L'usine d'Airbus en Chine, à Tianjin
© Airbus 2009

Optimisme aveugle ou prédictions crédibles ? Alors que bruissent les plus inquiétantes perspectives économiques en Asie, il est des industriels qui continuent de plastronner : Airbus et Boeing. Les avionneurs maintiennent – voire corrigent à la hausse pour Boeing ! – les prévisions de flottes aériennes dont la Chine aura besoin au cours des vingt prochaines années. Suivant qu’ils comptent ou non les avions de moins de 100 places, entre 5300 et 6330 nouveaux appareils devraient consteller le ciel chinois. Le trafic aérien pourrait presque quadrupler d’ici 2034. Record mondial !

Les avionneurs pêcheraient-ils par excès de confiance, alors que la croissance chinoise hoquète et que le dollar (monnaie reine dans l’aéronautique) se renchérit face au yuan ? "En Chine, il n’y a pas de corrélation entre les chiffres du trafic aérien et les indicateurs macroéconomiques", souligne Yann Derocles, analyste au sein du cabinet Oddo Securities. Etonnant, tant ces indicateurs restent liés dans les autres régions du monde.

Un nouveau concurrent qui attend son heure

L’explication pourrait prendre l’allure d’un proverbe chinois : corrélation il y aura, lorsqu’à maturité l’aéro arrivera. Les infrastructures aéroportuaires et les flottes aériennes doivent encore, et pour longtemps, rattraper la fulgurante croissance chinoise. L’immense classe moyenne chinoise reste assoiffée de voyages, pour le plus grand bonheur des compagnies aériennes qui se sont multipliées ces dernières années et se livrent une concurrence acharnée : les trois quarts des nouveaux avions viendront grossir les flottes du pays, seul un quart sera dévolu au renouvellement.

"Même avec une croissance nulle du PIB, les compagnies auraient besoin de nouveaux avions", résume Stéphane Albernhe, président du cabinet Archery Strategy Consulting. Sauf à ce que la classe moyenne chinoise soit durablement touchée par cette crise financière, Airbus et Boeing peuvent rester confiants. La question ne serait-elle pas plutôt de savoir quelle part de cet immense marché les deux géants de l’aéronautique pourront-ils arracher ? Car se tient en embuscade un acteur encore peu audible, mais aux ambitions considérables, l’avionneur chinois Comac.

Olivier James

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