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L'Usine Maroc

Méga plan gazier du Maroc : la première étape bouclée, en attente des futurs appels d'offres

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Publié le

Initié par un appel à manifestation d'intérêt, la première étape du plan "Gas to power" du Maroc a été bouclée. Ce programme porte sur la réalisation d'infrastructures gazières et électriques d'un montant estimé à 4,6 milliards de dollars. Une centaine d'entreprises se sont portées candidates. Elles devront désormais être pré-qualifiées avant de concourir ensuite à un appel d'offres. Une tâche qui reviendra au gouvernement issu des urnes le 7 octobre prochain.

Méga plan gazier du Maroc : la première étape bouclée, en attente des futurs appels d'offres
Centrale électrique à gaz de Tahaddart, près de Tanger
© dr

Un premier pas. Avec la clôture de l'appel à manifestation d'intérêt "Gas to power", le Maroc vient de boucler la première étape relative au méga plan gazier marocain dont la première phase va de 2015 à 2025.

C'est ce qu'a indiqué Abdelkader Amara ministre de l'énergie dans son intervention du 27 mai à Rabat à l'OCP policy center et l'International affairs Institute lors d'un séminaire sur le thème "The future of gas markets" (photo ci-dessous).

Ce plan consiste notamment en la construction d'un terminal maritime GNL à Jorf Lasfar à 130 km au sud de Casablanca et un gazoduc de transport reliant le terminal GNL et le Gazoduc Maghreb Europe (GME) qui passe par Tanger ainsi que quatre centrales à gaz (voir encadré ci-dessous).

Le mix électrique du Maroc repose aujourd'hui pour 70% sur le charbon et notamment la centrale géante privée Taqa Morocco de Jorf Lasfar. à quoi s'ajoutera bientôt l'importante centrale de Safi (Engie/Nareva). Outre le développement des énergies renouvelables solaires et éoliennes, avec un objectif de 52% de la capacité totale du pays en 2030, le royaume nord-africain veut diversifier son bouquet énergétique avec le gaz, ce d'autant qu'un contrat de livraison conclu pour 10 ans en 2011 avec l'Algérie, arrivera à terme en 2021.

Ce contrat avait été négocié entre les deux pays dont les relations sont à couteaux tirés dans le cadre d'un droit de passage sur le sol marocain du gaz algérien par le Gazoduc Maghreb Europe qui passe ensuite sous le détroit de Gibraltar vers l'Espagne.

Pour sa part, l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) dispose déjà d'environ 2 GW de capacité électrique en gaz notamment via des centrales à Tanger (Tahaddart, en photo) ou Kenitra. Mais le Maroc, en dépit de recherches constantes ne dispose pas de ressources géologiques en gaz naturel, hormis quelques petits gisements, notamment dans la région de Kenitra.

Concernant les futurs projets gaziers du Maroc, une centaine d'entreprises ont répondu à l'Appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé en décembre 2015 et clôturé le 25 mars. La prochaine étape verra le lancement d'un appel d'offres de pré-qualification.

Ensuite viendront les appels d'offres proprement dit auprès des candidats pré-qualifiés.

Les sociétés qui ont manifesté leur intérêt proviennent d'une vingtaine de pays dont l'Espagne, la Corée du Sud, la Chine, l'Italie, le Japon, la France, le Turquie, les Pays Bas, le Royaume Uni, les Émirats arabes-unis, les États Unis, la Belgique, l'Allemagne, la Grèce, la Russie, l'Égypte, le Pakistan, le Brésil, l'Arabie Saoudite et évidemment des sociétés marocaines, a énuméré le ministre de l'Énergie lors du séminaire.

Pour rappel, des groupes comme ShellEngie, le qatari Taqa ou Gazprom, et selon nos informations Edf, ont déjà manifesté leur intérêt pour cette création d'une filière du gaz au Maroc.

"Ce plan nécessitant, selon les premières estimations, un montant global de 4,6 milliards de dollars sera réalisé par l'ONEE dans le cadre d'un contrat Power purchase agreement (PPA)" a précisé Abdelkader Amara.

Concernant l'approvisionnement proprement dit en GNL, les autorités marocaines ont déjà effectué des visites dans les principaux pays producteurs comme le Qatar, la Russie où les États-Unis. "Un appel d'offres est également en cours de lancement pour le choix d'un conseiller en matière d'approvisionnement du GNL" a encore révélé Abdelkader Amara à Tanger.

Bref, ce n'est que le début d'un long processus qui sera entrecoupé par les élections législatives du 7 octobre, à charge pour la future équipe gouvernementale de reprendre ce vaste chantier.


N.D. et P.-O. R.

Le mega plan gazier marocain
Le projet "Gas to Power" initié par les pouvoirs publics doit courir jusqu'en 2025 et sans doute au delà. Il consiste en la réalisation des différentes infrastructures :
- une jetée maritime et un terminal GNL incluant des bacs de stockage à Jorf Lasfar à environ 120 km au sud de Casablanca ;
- quatre centrales électriques à cycles combinés CCGT à gaz, totalisant une puissance d’environ 2,4 GW. Deux seront construits à Jorf Lasfar et deux autres à Dhar Doum au nord de Kenitra.
- bretelles de raccordement des centrales CCGT et éventuellement des cavités souterraines de stockage du gaz;
- un gazoduc de transport reliant le terminal GNL au Gazoduc Maghreb Europe existant près de Tanger sur environ 400 km en desservant au passage les centres de consommation des régions de Casablanca, Mohammedia et Kenitra.

 

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