Mediator : un nouveau rapport relance la bataille sur la responsabilité de Servier

La publication d’un rapport d’expertise judiciaire relance le débat sur la responsabilité du laboratoire Servier dans l’affaire Mediator. Réactions vives et contrastées des parties prenantes du dossier.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Mediator : un nouveau rapport relance la bataille sur la responsabilité de Servier

En parallèle du premier procès pénal du Mediator, attendu pour le 21 mai, un nouvel élément arrive à charge contre le laboratoire Servier, le fabricant de cet adjuvant au diabète détourné comme coupe-faim. Il s’agit d’un rapport d'expertise judiciaire dévoilé ce vendredi 12 avril dans le cadre de l’enquête pour tromperie menée par le pôle Santé du tribunal de grande instance de Paris. Selon ce document, 1300 à 1800 décès en France seraient liés à long terme à une valvulopathie (déformation des valves cardiaques) imputable à ce médicament.

Des chiffres cohérents, selon l’avocat des victimes

"Ces conclusions n'apportent pas d'élément supplémentaire concernant le risque de valvulopathie lié à la prise de Mediator", affirme Servier dans un communiqué. François Honnorat, l’avocat de plusieurs victimes, voit évidemment les choses différemment. Elles "s'inscrivent, quant à leurs aspects chiffrés, en phase avec les approchent épidémiologiques les plus récemment publiées ou des articles à paraitre dans de grandes revues internationales, nous répond-il. Elles confortent les griefs que nous opposons aux laboratoires Servier depuis le retrait de cette spécialité en 2009 et avant."

Le retard du laboratoire et des autorités sanitaires à suspendre médicament

Le rapport dénonce en effet la stratégie de dissimulation qu’aurait menée le groupe pharmaceutique. La commercialisation du médicament, dont les "propriétés anorexigènes puissantes" sont confirmées par les experts, aurait ainsi dû être suspendue entre 1998 et 2003 par le laboratoire Servier ou par les autorités, au vu des premiers signalements, estiment-ils. "Les conclusions du rapport ne remettent pas en cause le fait que les Laboratoires Servier ont parfaitement tenu informé les autorités de santé tout au long de la vie du médicament", réplique l’industriel. Le 19 mars, l’autorité sanitaire (ANSM) a effectivement été mise en examen pour homicides et blessures involontaires, car elle est soupçonnée d'avoir négligé les alertes sur la dangerosité du médicament de 1995 à 2009, année où elle a enfin décidé de le suspendre.

Les médecins pas sufisamment informés par Servier

Cependant, "Servier n’a jamais apporté la preuve qu’il n’avait pas dissimulé la présence de norfenfluramine, un poison pour le cœur, aux professionnel de santé et aux patients", réagit la pneumologue Irène Frachon, la lanceuse d’alerte de cette affaire, auprès de L’Usine Nouvelle. Ainsi, selon le rapport, "l'absence d'informations lisibles concernant le métabolisme du benfluorex (la molécule du Mediator, ndlr) et sa parenté avec les anorexigènes n'a pas permis aux praticiens d'exercer une surveillance adéquate des patients sur le plan cardiovasculaire et pulmonaire". Le laboratoire dit qu’il attend de consulter l'intégralité du rapport pour réagir sur la nature et les effets de la molécule. Il dispose de deux mois pour soumettre des demandes complémentaires ou réclamer une contre-expertise. "Naturellement, les laboratoires Servier continueront d'assumer leurs responsabilités et indemniseront toutes les victimes des effets secondaires du Mediator", assure l’industriel.

Gaëlle Fleitour

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes... Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

  • Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

    AVRIL
ARTICLES LES PLUS LUS