Mediator : Servier attend les médecins au tournant

Le laboratoire Servier dément vouloir engager devant la justice la responsabilité des médecins dans l'affaire du Mediator. Interrogé par l'Usine Nouvelle, il reconnaît cependant qu'il leur demandera "les conditions dans lesquelles le médicament a été prescrit".

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Mediator : Servier attend les médecins au tournant

Le laboratoire Servier veut-il mettre en cause la responsabilité des médecins ? Dans un article publié ce jeudi 25 août 2011, Libération affirme que la firme entend s'attaquer, lors des procédures civiles, aux praticiens ayant prescrit le Mediator comme coupe-faim… c'est-à-dire en dehors de son indication officielle. Preuve à l'appui : un mémoire de défense réalisé en février par l'avocate du laboratoire, Nathalie Carrère, demandant, pour le cas d'une patiente, à la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI) du Rhône de "conclure à la responsabilité [de son médecin] dans la production du dommage".

L'Usine Nouvelle n'est pas parvenue à contacter ce matin Maître Carrère, en congés, ni l'avocat de la victime, Charles Joseph-Oudin. Le 13 septembre, ce dernier devrait réclamer 120 000 euros à l'entreprise pharmaceutique, qui, en cas de défaite, pourrait se retourner contre le médecin selon Libération.

Servier s'intéresse aux conditions des prescriptions

Dans un communiqué publié ce matin, Servier riposte et affirme que les laboratoires "n'ont jamais appelé en justice un médecin dans une procédure concernant le Mediator, ni dans d'autres procédures concernant d'autres produits. Les médecins impliqués dans les procédures concernant le Mediator l'ont été à l'initiative des patients et de leurs conseils ou d'autres parties appelées à la cause, comme l'ONIAM", y compris dans le cas cité par Libération. Interrogé par l'Usine Nouvelle, le laboratoire s'émeut du fait que le mémoire partiellement publié dans Libération est "tronqué". Mais reconnaît cependant qu'il demandera, lors des procédures, "les conditions dans lesquelles le médicament a été prescrit".

Appelés ou non devant la justice par la firme, les médecins devront donc justifier les prescriptions hors indication. Et en expliquer les raisons. "Plusieurs médecins m'ont dit que les visiteurs médicaux de Servier leur présentaient le Mediator comme coupe-faim", affirme Charles Joseph-Oudin dans Libération. Une position que conteste évidemment le laboratoire dans son communiqué: " le Mediator n'a jamais eu d'indication comme anorexigène, et n'a jamais été promu en tant que tel auprès des médecins".

Partager

NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS