Mediator : l’affrontement judiciaire débute

Lors d’une audience en référé prévue pour le 13 septembre, une victime du Mediator va demander aujourd’hui 120 000 euros au laboratoire Servier. L’occasion, pour l’avocat des victimes, de revenir sur sa stratégie.

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Mediator : l’affrontement judiciaire débute

Elle réclame aux laboratoires Servier 120 000 euros, 20 000 euros au titre du préjudice corporel et 100 000 euros pour préjudice moral. Elle, c’est Mme V., une patiente ayant consommé du Mediator pendant six ans et souffrant désormais de valvulopathie aortique.

Ses preuves : un rapport réalisé par quatre experts en juin, à la demande de la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) du Rhône, concluant: "à partir des éléments qui nous ont été fournis, nous n'avons pas trouvé de cause pouvant expliquer la survenue de cette pathologie en dehors de la prise de Mediator." Un rapport dont la validité devant la justice avait fait débat entre les avocats spécialisés.

Mais, c’est quand même ce rapport qui va servir de "base de discussions" devant le juge lors de cette audience en référé, explique l’avocat de la plaignante, Charles Joseph-Oudin, fin prêt pour la confrontation avec le laboratoire. "Servier va probablement incriminer le médecin qui a prescrit hors AMM (en dehors de son indication, ndlr). Mais nous disposons de témoignages de médecins qui mettent en cause les pratiques du laboratoire, et expliquent pourquoi, selon l’Afssaps, 77% des prescriptions du Mediator ont été réalisées hors AMM."

S’attaquer au responsable principal

L’avocat, qui représente de nombreuses victimes de cet adjuvant au diabète détourné comme coupe-faim, incite les médecins à sortir de leur réserve. Son objectif : "qu’ils viennent nous montrer qu’ils sont aussi victimes d’une tromperie", explique-t-il, démentant la volonté des victimes d’attaquer leurs médecins… "sauf dans un ou deux dossiers particuliers", comme les cas où l’Oniam, l’organisme qui gère le fonds d’indemnisation des victimes du Mediator, a mis en cause les praticiens. Servier, pour sa part, affirme que les laboratoires "n'ont jamais appelé en justice un médecin dans une procédure concernant le Mediator, ni dans d'autres procédures concernant d'autres produits." Mais reconnaît cependant qu'il demandera, lors des procédures, "les conditions dans lesquelles le médicament a été prescrit".

Du côté des victimes, la stratégie de Charles Joseph-Oudin est claire : s’attaquer au "responsable principal : le producteur du médicament". Selon lui, ce dernier est d’ailleurs coupable d’un manque de bonne volonté lors des expertises réalisées pour déterminer les liens de causalité entre les problèmes cardiaques développés par les victimes et la prise du médicament. "Tout est objet de contestation ou litige, estime-t-il. Lors de l’examen de valves de deux patientes, Servier est allé jusqu’à contester leur appartenance aux patientes et à demander des tests ADN ! La stratégie du laboratoire est de faire durer la procédure, car cela peut prendre 15 ans comme dans le procès de l’Isoméride", un autre médicament qui avait été commercialisé par le laboratoire.

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