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L'Usine Santé

Mediator : Jacques Servier mis en examen

Astrid Gouzik , , ,

Publié le , mis à jour le 12/12/2012 À 08H28

Pour la première fois dans l’enquête sur le Mediator, le fondateur des laboratoires Servier a été mis en examen pour "homicides et blessures involontaires", mardi 11 décembre 2012.

Mediator : Jacques Servier mis en examen © Fred Tanneau - AFP

Jacques Servier, le fondateur des laboratoires pharmaceutiques éponymes, était déjà soupçonné d’escroquerie et de tromperie dans le cadre de l’enquête sur les dégâts causés par le Mediator. Mardi 11 décembre, à 90 ans, il a été mis en examen pour homicides et blessures involontaires. Ces mises en examen se fondent en particulier sur les premières expertises judiciaires de victimes versées au dossier des juges d'instruction.

Il a également été placé sous contrôle judiciaire, tout comme 6 sociétés de son groupe, indique l’AFP citant une source judiciaire. Un cautionnement de 75 000 euros a été imposé au patron du laboratoire et de 400 000 euros à chacune de ses sociétés.

La mise en examen pour homicides involontaires vise le cas de deux victimes. Une quarantaine de cas sont visés pour les blessures involontaires par manquement délibéré, dont 14 ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois. Ces premières mises en examen pour homicides et blessures involontaires du patron des laboratoires Servier en appellent d'autres, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

"[C'était] une étape attendue de l’instruction en cours menée par le Pôle Santé du Tribunal de Grande Instance de Paris, le parquet ayant choisi d'ouvrir deux informations judiciaires (tromperie et homicide involontaire) sur les mêmes faits pour permettre la progression rapide de l'examen de l'ensemble du dossier", justifie le groupe Servier dans un communiqué diffusé ce mercredi 12 décembre.

"Cette mise en examen était attendue et elle marque un tournant important car les juges ont écarté toute idée de dissimulation de données par Servier vis-à-vis des autorités sanitaires", ont déclaré à l'AFP les avocats des Laboratoires et de son fondateur, Me Hervé Temime et François De Castro.

Selon Me De Castro, les juges ont retenu la dissimulation d'informations seulement vis-à-vis des médecins et patients et concernant les propriétés anorexigènes du médicament, sa parenté commune avec la norfenfluramine et ses effets indésirables. Une information confirmée par voie de communiqué par Servier : "Lors de l'audience du 11 décembre 2012 pour la mise en examen pour homicide et blessures involontaires, à l'issu de l'interrogatoire de première comparution, les juges, dans le libellé de la mise en examen qu'ils ont ordonnée, ont exclu toute dissimulation par Les Laboratoires Servier vis à vis l'Agence du Médicament concernant la pharmacologie, le métabolisme ou les effets secondaires du Benfluorex sur toute la période de la prévention, soit de 1995 à 2009".

Astrid Gouzik

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