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Medef : une présidente, des patrons, tous candidats

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Enquête Peut-on cumuler les mandats à la tête du Medef ? Laurence Parisot pense que oui, contrairement à ses concurrents, déclarés ou potentiels. Mais qui sont ces patrons qui se cachent derrière les candidats ?

Medef : une présidente, des patrons, tous candidats
Thibault Lanxade

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

Laurence Parisot est désormais claire sur ses intentions. Elle ne veut plus seulement prolonger son deuxième mandat, mais en brigue un troisième. Hypothèse qui doit être validée par le comité des statuts du Medef. Si tel était le cas, elle se retrouverait face à de nombreux candidats déjà en campagne. Ils sont six (avec Hervé Lambel), peut-être bientôt huit à rêver du fameux titre de "patrons des patrons". Et l’expression consacrée prend un sens particulier dans cette campagne. Car dans les discours de ceux qui se sont déjà dévoilés, comme Pierre Gattaz, Jean-Claude Volot ou Thibault Lanxade, une idée revient sans cesse : "Il faut un chef d’entreprise en activité à la tête du Medef." Geoffroy Roux de Bézieux estime même que le Medef doit devenir "le mouvement des entrepreneurs de France" (et non des entreprises). Ils jouent sur du velours parce qu’ils savent bien qu’au bout de huit ans et quelles que soient ses réalisations, Laurence Parisot, qui a su faire souffler un air frais dans la maison après la période Seillière, apparaît désormais comme une apparatchik. Alors prenons-les au mot : quelles sortes de patrons sont-ils ? À l’exception de Frédéric Saint-Geours, dont la candidature n’est pas encore confirmée, tous sont à la tête de leur propre business. Cela suffit-il pour être élu et ensuite faire un bon patron du Medef ? Pas sûr, car cette élection est une affaire d’appareil ; le président du patronat a une dimension très politique dans notre pays. L’analyse de la fibre business des candidats apporte donc un éclairage intéressant qui en dit long sur leur personnalité.

Pierre Gattaz, 53 ans Pas seulement le fils de son père

Radiall (électronique)

C.A. 2012 220 millions d’euros

Effectif 2 500 salariés

Son entreprise a été créée par son oncle Lucien et son père Yvon, l’ancien président du patronat français, quand celui-ci s’appelait encore le CNPF. Pourtant, sur le plan entrepreneurial, il serait injuste de cantonner Pierre Gattaz au statut de "fils de". En 1992, il est appelé à la rescousse d’une entreprise familiale en crise. Aux manettes depuis 1994, il a fait passer son chiffre d’affaires de 70 millions à 220 millions d’euros. Il a diversifié les marchés (des télécoms à l’aéro) et internationalisé un groupe qui réalise désormais 80 % de son chiffre d’affaires à l’étranger. Ses produits se retrouvent aussi bien dans des avions de Boeing ou d’Airbus que sur les lignes d’assemblage d’Apple. Il a propulsé Radiall sur des marchés émergents, tout en créant plus de 400 emplois en France. Il tente de sortir de la Bourse la dizaine de pour cent de l’actionnariat qui y est encore. "Être coté m’a apporté plus d’inconvénients que d’avantages", dit-il. Son modèle, ce n’est pas le grand capitalisme financier, mais l’ETI sur le long terme.

Patrick Bernasconi, 57 ans Entrepreneur de tradition plus que de passion

Bernasconi TP (travaux publics)

C.A. 2012 Environ 10 millions d’euros

Effectif 43 salariés

Devenir patron de son entreprise ? Il n’en a pas vraiment rêvé. C’était une évidence de reprendre l’entreprise familiale créée en 1933. "J’en ai toujours entendu parler, du matin au soir. Ça s’est fait naturellement", confie Patrick Bernasconi. Formé à l’ESTP, il succède, à peine trentenaire, à son père en 1985. Il recentre l’entreprise normande, abandonnant l’activité travaux publics pour se concentrer sur le métier des réseaux, puis se développera en Guadeloupe et à Albi. Aujourd’hui, il n’assure plus la gestion opérationnelle. "Il faut savoir déléguer", explique-t-il. Président de la Fédération nationale des travaux publics, adroit et politique, c’est davantage un pro des relations sociales (négociateur de l’accord emploi du 11 janvier) qu’un foudre de guerre du business. Ce fidèle de Laurence Parisot ne se lancera que si sa candidature ne vient pas semer le trouble.

Geoffroy Roux de Bézieux, 50 ans Le goût du risque

Omea Telecom (Virgin Mobile)

C.A. 2012 555 millions d’euros

Effectif 240 salariés

Geoffroy Roux de Bézieux découvre l’entreprise à son retour du service militaire dans les commandos de marine. Diplômé de l’Essec, il fait ses classes chez L’Oréal, où il ouvre la filiale polonaise, avant de cofonder en 1996 un réseau de distribution : The Phone House. Quatre ans plus tard, il le revend au britannique Carphone Warehouse, récupère 2,5% du capital du groupe et la place de numéro 2. Il lance Virgin Mobile en France en 2006. Président de l’opérateur, il en détient aujourd’hui 7%. Malgré l’arrivée de Free, Virgin Mobile affiche un chiffre d’affaires en hausse de près de 10%. Un résultat obtenu au prix "d’un investissement de 30 millions d’euros", explique Pascal Rialland, le directeur général. "Il a investi beaucoup d’argent de sa poche dans Virgin, c’est rare", admire Pierre Kosciusko-Morizet, le cofondateur de Priceminister. Dans ces boîtes, l’ancien président de Croissance Plus met en pratique ses dadas, comme le partage des résultats. 16% des salariés de Virgin Mobile bénéficient d’un programme de stock-options. Pour remettre une partie de son patrimoine dans l’économie, il cofonde, avec Pierre Kosciusko-Morizet, Isai, le fonds d’investissement des entrepreneurs internet. À l’exception de Parrot, les entreprises où il est administrateur sont en moins bonne forme. En 2010, il avait hésité à se lancer contre Laurence Parisot. Cette fois-ci, il est parti.

Frédéric Saint-Geours, 62 ans Grand commis de PSA

Responsable des marques Peugeot - Citroën

C.A. 2012 38 milliards d’euros

Mandataire social d’une entreprise de 200 000 salariés

"La présidence du Medef, pourquoi pas moi ?", s’est dit ce fils et frère d’énarque. Débutant en cabinet ministériel, Frédéric Saint-Geours aurait pu devenir un grand commis de l’État. Il a bifurqué vers l’industrie automobile. Il mène adroitement sa carrière chez PSA, une entreprise où le poids de la famille actionnaire rend la politique incontournable. Il est financier, puis directeur général de la marque Peugeot de 1998 à 2007. Il n’a pas la légitimité technologique et industrielle du clan des ingénieurs pour renverser la table et, en 2007, Christian Streiff le met au placard lorsqu’il croit que la famille Peugeot lui laisse les mains libres. Il rejoint l’UIMM, où ses qualités pour le dialogue social sont reconnues, et remet de l’ordre dans les comptes après le scandale des caisses noires. « Saint-Geours, ce n’est pas un entrepreneur mais un cadre dirigeant… Cela n’a rien à voir », affirme un haut gradé de PSA qui l’a bien connu. En 2011, il a perçu 1 266 000 euros, mais cette rémunération a dû baisser de moitié l’an passé, car le directoire ne se verse plus de variable depuis l’exercice 2011.

Laurence Parisot, 53 ans L’entreprise, une histoire qui date un peu

Ifop (sondages)

C.A. 2012 39 millions d’euros

Effectif 200 salariés

Cela fait longtemps que l’Ifop tourne sans Laurence Parisot. Deux ans après son élection à la tête du Medef, elle en a d’ailleurs confié la présidence à Stéphane Truchi, l’ex-directeur général d’Ipsos. Elle est aujourd’hui l’actionnaire majoritaire de cette entreprise, dont elle a pris le contrôle grâce à l’achat de 10% des parts et la prise de participation de 41% d’une petite entreprise, les "Meubles Parisot", société de son papa. La belle marque était un peu endormie, elle l’a réveillée sans afficher toujours des résultats florissants. Mais la présidente actuelle ne compte pas sur ses états de service comme entrepreneuse pour conquérir le Medef, elle seule peut présenter un bilan à la tête de l’organisation patronale.

Thibault Lanxade, 42 ans Vaillant petit soldat de la start-up

Aqoba (cartes de paiement)

C.A. 2012 Environ 1 million d’euros, résultat encore négatif

Effectif 20 salariés

S’il a débuté dans le confort d’une grande entreprise pétrolière (Shell), son parcours d’entrepreneur, Thibault Lanxade, l’a entamé dans la tourmente des crises financières qui se sont succédé depuis 2008. C’est à cette époque qu’il lance Aqoba, une entreprise spécialisée dans les moyens de paiement, alors que Bruxelles libéralise le secteur. Il espère atteindre le point mort en juin prochain. Dans l’intervalle, il revendique avoir surmonté quatre épreuves : "Lever des fonds, se faire agréer par l’autorité prudentielle, monter une infrastructure, trouver des clients". Avant Aqoba, il avait dirigé la filiale de Shell, Gazinox, dont il a développé la gamme de produits et doublé le chiffre d’affaires, le faisant passer à 10 millions d’euros.

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