Economie

Medef : Pierre Gattaz juge le gouvernement en "flagrant délit d’incohérence"

Christophe Bys , , , ,

Publié le

Lors de son point de presse mensuel, le président du Medef a demandé au gouvernement d’accélérer les réformes nécessaires. Pour lui, les décrets sur la pénibilité vont dans le mauvais sens et pourraient pousser certaines branches à un "renoncement sur le pacte".

Medef : Pierre Gattaz juge le gouvernement en flagrant délit d’incohérence © AFP

Pierre Gattaz est-il en train de devenir le Monsieur plus de la négociation sociale. Ceux qui imaginaient qu’un pacte et une déclaration d’amour du premier Ministre au campus estival de l'organisation patronale suffiraient se sont trompés. Après les déclarations, le Medef veut maintenant "des preuves d’amour" du gouvernement. Cela passe par l’abrogation des décrets pénibilité et des articles 19 et 20 de la loi Hamon (information des salariés en cas de cession). Lors de son point de presse mensuel, mardi 14 octobre, le patron des patrons a aussi demandé une réouverture de la négociation sur les retraites, avec une modification de l’âge légal de départ. Idem pour l’assurance-chômage dont les velléités gouvernementales de réforme ont animé le week-end politique.

"Chiche" dit en substance Pierre Gattaz, qui a rappelé que l’accord signé prévoyait une rencontre tous les six mois avec les partenaires sociaux et la mise en place d’un groupe de travail dit "groupe paritaire" pour préparer la prochaine convention. Il a estimé que l’accord signé l'an dernier était "imparfait, comme on l’a dit alors." Sa satisfaction est d’avoir réussi par les mesures prises de baisser le déficit prévu de 800 millions. Ce qui n’est pas suffisant, estime-t-il, mais mieux que rien.

L’attribution du prix Nobel à Jean Tirole réjouit Pierre Gattaz, qui partage la conviction qu’un contrat unique de travail serait une bonne chose pour les entreprises et les salariés. En revanche, il ne s’est pas exprimé sur l’autre volet des propositions de Jean Tirole : le financement de l’assurance-chômage par une taxe sur les entreprises qui licencient.

Flagrant délit d’incohérence du gouvernement

Pour appuyer ces demandes, Pierre Gataz a récité ses mantras. A savoir que ce sont les entreprises qui créent l’emploi. Pour cela, elles doivent investir. L’investissement a besoin de confiance et d’une restauration des marges. De ces deux impératifs découlent l’ensemble des demandes. Réduire la pression fiscale et donc les dépenses publiques pour restaurer la compétitivité d’une part. Abandonner tout ce qui crée de la confusion pour restaurer la confiance nécessaire à l’investissement. D’où les attaques à boulet rouge sur les décrets pénibilités qui reprennent les 10 facteurs de pénibilité et mettent en place des seuils. Pour le Medef, l’intégration de ces éléments n’était pas prévu jusqu’ici et constitue un paradoxe alors que le gouvernement mène parallèlement une mission de simplification. Pierre Gattaz a évoqué "un flagrant délit d’incohérence" de la part des autorités, ajoutant qu’"il faut revoir la loi sur les retraites".

Pour bien montrer que tout se tient, le président du Medef a prévenu : "Les décrets pénibilité posent des problèmes à certaines filières et pourraient induire un renoncement sur le pacte. De notre côté, on continue notre travail pour motiver les branches, de jouer le jeu. Mais si d’autres flagrants délits d’incohérence ont lieu, on va avoir des problèmes de motivations dans les semaines qui viennent." Voilà le gouvernement prévenu. Les mots d’amour au Medef qui ont irrité l’aile gauche de la majorité ne suffisent pas à l’organisation patronale, qui attend des actes.    

Christophe Bys

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