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Medef : les défis de l'avenue Bosquet

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Enquête L’organisation patronale est une association de fédérations et de territoires. Son siège, situé avenue Bosquet à Paris, a des missions particulières, qui doivent aujourd’hui être repensées.

Medef : les défis de l'avenue Bosquet
Dans les couloirs du siège du Medef, à Paris.

Les entreprises citées

Ce jeudi 28 mars, l’un des membres du conseil exécutif du Medef s’est fait excuser. Il ne participera pas au vote sur les statuts pour la bonne raison qu’il est en train de déposer le bilan de son entreprise, dans le sud de la France. La bataille qui fait rage au sein de l’organisation patronale est vécue comme une affaire parisienne, qui excède territoires et fédérations, dont une partie des adhérents s’enfonce dans la crise. En s’engageant dans une démarche personnelle et hasardeuse, Laurence Parisot a mis le doigt sur un sujet de fond : le rôle du président du Medef et de ses 200 collaborateurs du 55 avenue Bosquet, à Paris. Comment articuler l’action de la tête de pont du patronat pour la mettre au service des entrepreneurs ? "Nous, les Medef territoriaux, nous ne sommes pas des filiales, explique Yann Rolland, le président du Medef de Loire-Atlantique. Nous sommes des associations de patrons qui adhèrent au Medef." Une manière de rappeler qui est l’obligé de qui. De facto, ce sont eux qui, avec les fédérations, financent le syndicat patronal.

Un pouvoir concurrencé

Pour ces membres-là, la première mission de l’avenue Bosquet fait l’objet d’un consensus assez clair : défendre la doctrine et assurer le lobbying auprès de ceux (élus, ministres) qui orientent la politique économique de la France. Avec la fiscalité comme point d’orgue. Le Medef possède l’expertise, même si le nombre de personnes qui travaillent sur le sujet semble relever du secret défense…

Mais aujourd’hui, ce pouvoir d’influence est concurrencé. Des think tank patronaux (Institut de l’entreprise, Institut Montaigne, Fondation Concorde…) produisent une littérature sérieuse et abondante et sollicitent également les élus. L’affaire des "Pigeons" a également montré qu’internet pouvait renouveler efficacement les moyens de pression, en dehors de toute structure centralisée. En outre, l’Association française des entreprises privées (Afep) s’est décidée à exister médiatiquement. Ces membres déjeunent ou rencontrent régulièrement le Président de la République (23 août et 18 décembre). Tant qu’à rencontrer des patrons, autant en avoir une vingtaine de grands sous la main plutôt qu’un seul qui les représente tous. "Nous ne sommes pas en rivalité avec le Medef, nous travaillons avec lui", affirme le délégué général de l’Afep, François Soulmagnon. Son président, Pierre Pringuet, affiche une sensibilité de gauche pas inutile à l’heure actuelle.

L’Afep a également compris que le travail d’influence se fait à Paris, bien sûr, mais aussi à Bruxelles. Cette petite association, dotée d’un budget de 5 millions d’euros, a installé près du quart de ses collaborateurs dans la capitale européenne. Elle ne représente que 100 grandes entreprises, alors que le Medef rassemble aussi des PME. Mais le chantier de la représentativité patronale est au point mort. Le Medef se voit concurrencé par la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) pour porter la parole des petites entreprises.

Reste la dernière grande mission du Medef, la négociation sociale interprofessionnelle. Comme l’explique Hubert Landier, docteur en sciences économiques, "la hiérarchie des normes entre la loi, la branche et l’entreprise est en train de s’inverser. L’innovation dans la négociation collective se joue davantage aujourd’hui dans les entreprises qu’au Medef. Le syndicat patronal doit mettre en place des filets de sécurité et un cadre général. Centrer toute la négociation sur l’interprofessionnel, c’est du jacobinisme." Quels sont alors les enjeux clés pour l’avenue Bosquet ? Selon Stéphane Brousse, le président du Medef de Paca, l’organisation doit "gérer la marque, favoriser les adhésions et s’occuper de son ré-ingeniering. Il existe trop de petites structures locales sans moyens. Il faut reconstruire autour de grands Medef régionaux". Une urgence alors que le gouvernement s’apprête à présenter en Conseil des ministres, le 10 avril, son projet de loi sur l’acte III de la décentralisation.

Ultime mission pour le Medef parisien, l’incarnation. Il faut donner un visage aux patrons pour leur transmettre de l’énergie et de la confiance, et savoir dialoguer avec la société française. C’est pour cette raison que la question de l’exemplarité du chef met en effervescence le monde patronal depuis quelques semaines.

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