MÉCANIQUELE GROUPE VALOIS SOUS L'OEIL DES JUGESImportant fournisseur de l'automobile, le groupe Valois doit faire face aux démêlés de son fondateur avec la justice.

Partager

MÉCANIQUE

LE GROUPE VALOIS SOUS L'OEIL DES JUGES

Important fournisseur de l'automobile, le groupe Valois doit faire face aux démêlés de son fondateur avec la justice.



Michel Coencas, le P-DG et fondateur du groupe Valois, vient d'être happé par l'engrenage de la justice. Deux fois mis en examen depuis le début de l'année, il a été écroué la semaine dernière. Le juge lui reproche plusieurs opérations frauduleuses: une plus-value personnelle illicite de 45millions de francs (avec son associé, Jean-Claude Benarrosh), et 200millions de francs de fausses mobilisations de créances, factures sans fondement et lease-back d'équipements fictifs. Ces affaires ne font pas que ternir encore un peu plus l'image de ce "roi de la reprise d'entreprises", dont les méthodes n'ont jamais vraiment convaincu les milieux industriels et financiers. Elles jettent le doute sur l'avenir du groupe Valois lui-même. Michel Collin, l'ancien directeur des achats de Renault, avait-il pressenti la tourmente, quand il a finalement refusé, voilà quelques semaines, de prendre la présidence du conseil de surveillance de Valfond, la branche fonderie de fonte du groupe? Pourtant, l'empire édifié par Michel Coencas, 47ans, avait longtemps paru solide. Doué d'un authentique sens industriel, il avait su rendre son groupe "incontournable". Avec 5,8milliards de francs de chiffre d'affaires, il s'est imposé comme le numéro1 européen de la fonderie et de la visserie-boulonnerie pour l'automobile. Outre PSA, son premier client, le groupe Valois fournit la quasi- totalité des constructeurs du Vieux Continent... à partir d'une quarantaine d'usines en France, en Allemagne et en Suisse. Cependant, les doutes ont fini par s'accumuler sur sa santé financière. Pour conquérir des parts de marché, la guerre des prix a été rude. Notamment dans la filière aluminium. Et les dernières acquisitions (SGP, Nomel et BSK) ont coûté trop cher. Certes le groupe a réussi l'introduction en Bourse de Valfond. Mais...Parfois contesté par son propre entourage, et lui-même désireux de réaliser une partie de son capital, Michel Coencas s'apprêtait à prendre ses distances. Mais les choses ont traîné. La mise en vente de la branche Valois Industries, qui devait permettre de recapitaliser l'ensemble, s'est pour l'instant soldée par un échec. L'état-major du groupe, sous la houlette de Michel Barbier de La Serre, n'en conserve pas moins l'objectif de concentrer les forces disponibles sur la fonderie. Une stratégie approuvée par les constructeurs d'automobiles... Cependant, les démêlés de Michel Coencas avec la justice, s'ils se prolongent, risquent d'induire une logique inverse: celle du démantèlement. Ce serait, industriellement, un énorme gâchis.Daniel COUÉ



Les différentes filiales du groupe

Chiffre d'affaires consolidé 1994: 5,8 milliards de francs.

Valfond

Fonderie de fonte et usinage.

Chiffre d'affaires 1994: 2,5milliards de francs.

Principales filiales: Sadefa, Focast, Halberg Guss, Emmenbrucke, AMC, Semiac.

Fonlem industries

Fonderie d'aluminium.

Chiffre d'affaires 1994: 0,95milliard de francs.

Principales filiales: Fonderies du Léman, Fonlem Centre, Europalu, Lachenal, Châteauroux Fonderie, Técla Industries.

Valois industries

Visserie-boulonnerie.

Chiffre d'affaires 1994: 1,9milliard de francs.

Principales filiales: VB Fourmies, Valmex, BTR Industries, Gobin-Daudé, Nomel, BSK.

Autres filiales et participations

(affinage et négoce de métaux, tréfileries, divers...).

Chiffre d'affaires 1994: 0,45milliard de francs.

USINE NOUVELLE N°2492

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS