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L'Usine de l'Energie

Mécanique : la robinetterie industrielle joue le haut de gamme

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Enquête Pour répondre à la concurrence mondiale, la filière n'a cessé de renforcer la qualité de ses produits. Une stratégie gagnante.

Mécanique : la robinetterie industrielle joue le haut de gamme
Les PME françaises, à l’instar de Meca-Inox, tirent leur épingle du jeu sur ce marché de niche grâce au durcissement des normes européennes en matière de qualité.

On ne les voit pas, mais ils sont partout. Les robinets sont indispensables au fonctionnement de la plupart des industries. « Le marché de la robinetterie industrielle reste dynamique, particulièrement à l'exportation », relève Christophe Bochaton, le responsable technique et pour l'environnement de Profluid, l'association française des pompes et agitateurs, des compresseurs et de la robinetterie. Et la France joue bien sa partition dans le concert mondial, avec des PME entreprenantes et des usines de groupes internationaux.

Le secteur, soutenu par le grand toilettage des centrales nucléaires lancé par EDF, bénéficie du dynamisme des marchés de l'énergie, de la pharmacie et de l'agroalimentaire. La prise en compte de nouvelles normes et réglementations constitue un autre facteur de croissance. Les industriels de la robinetterie se sont par ailleurs approprié les normes de l'électronique pour améliorer la qualité, en particulier en faisant la chasse aux pannes non reproductibles. Les Français devancent les obligations réglementaires, et cela leur réussit.

« 25% de nos exportations sont destinées à la Chine » THIERRY PERRIER, directeur général de Guichon Valves

  • Quelle est votre spécificité ? Nous sommes multitechnologies, sur du sur-mesure, pour répondre à des problèmes techniques sévères : fluides très corrosifs, pressions élevées, températures extrêmes. Dans une usine de pétrochimie, on trouve environ 10 000 vannes, mais 200 de process. Nous sommes sur cette petite partie.
  • Vous êtes une PME, cela ne vous gêne pas pour exporter ? L'exportation représente entre 75% et 80% de notre chiffre d'affaires ! Et pour plus du quart, la destination est la Chine. Dans l'entreprise, on parle six ou sept langues. Au mois de décembre, j'ai employé un ingénieur américain et un autre russe.
  • Quelles sont vos principales difficultés ? Trouver du personnel de production, comme des soudeurs, des fraiseurs ou des tourneurs, et gérer notre croissance. Nous avons réalisé 50% de croissance sur les deux dernières années. Il a fallu embaucher 20 personnes et les investissements nécessaires ont forcément fait baisser notre ratio de rentabilité.

 

À la production de masse de robinets standard par les pays asiatiques, ils répondent par des produits à plus forte valeur ajoutée, jusqu'à des systèmes sur mesure et des solutions complètes. Les PME françaises du secteur se sont spécialisées et font de gros efforts à l'exportation. Les entreprises rachetées par des groupes internationaux ont su, elles, conserver l'outil industriel en France. L'américain Pentair a ainsi maintenu les usines Griss d'Armentières (Nord) et de Ham (Somme) ; l'écossais Weir celles de Castres (Tarn) et de Saint-Victoret (Bouches-du-Rhône). Il y produit des soupapes de sécurité pour les centrales nucléaires et thermiques, avec une montée en gamme régulière. Son chiffre d'affaires progresse malgré une légère baisse du nombre de pièces vendues. Clé de son succès : la qualité des matériaux utilisés et des contrôles qualité, un domaine où les usines asiatiques pèchent encore.

L'allemand KSB dispose de trois sites en France : deux pour les pompes à Châteauroux (Indre) et à Sequedin (Nord) ; une qui fabrique des robinets papillon (l'obturation est réalisée par un disque pivotant à l'intérieur du robinet), à La Roche-Chalais (Dordogne). Certains robinets papillon, dits cryogéniques, sont destinés à l'industrie du gaz naturel liquéfié. Ces modèles à triple excentration, conçus au centre de R et D de KSB de Gradignan (Gironde), doivent fonctionner dans les conditions de froid extrême et sont testés à - 196° C.

Sur ce type d'équipement, la qualité est essentielle. Quand un méthanier arrive dans un port, l'étanchéité de la soixantaine de robinets cryogéniques est vérifiée. L'immobilisation du navire coûtant de 150 000 à 200 000 euros par jour, les exploitants ne peuvent prendre aucun risque. Dans ce domaine, la fabrication française tient ses promesses de qualité.

UN SECTEUR PORTEUR

  • Chiffre d'affaires 2,894 milliards d'euros en 2011 (+ 5,3%)
  • Exportations 1,552 milliard d'euros
  • Recrutement 1 1OO personnes ont rejoint les industries des équipements fluidiques en 2012.

SOURCE : PROFLUID

 

Service personnalisé

Des PME prospèrent sur des niches, en misant sur la qualité et le service personnalisé. Le durcissement des directives européennes et les demandes de traçabilité jouent en leur faveur. C'est le cas de sociétés familiales issues d'une longue tradition comme Guichon Valves, installé à Chambéry (Savoie), Meca-Inox, à Cergy (Val-d'Oise), ou Buracco, dont le siège est à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).

Buracco a opté pour un catalogue très large de robinets papillon et de clapets antiretour pour différents marchés (pétrole, chauffage, énergie - dont la cryogénie -, industrie), une stratégie peu commune pour une PME de 50 personnes, qui réalise un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros. « Tous nos produits sont conçus chez nous, argumente Damien de Margon, le PDG. Nous sommes en perpétuelle recherche d'améliorations. Notre robinet papillon à triple excentration est différent de celui de nos concurrents. Nous pouvons l'adapter aux demandes des clients. » La taille du catalogue rend plus complexe la gestion de l'outil de production, mais elle permet d'apporter des solutions complètes. Buracco exporte 45% de sa production, un chiffre jugé proche de l'optimal par son PDG, car il permet de lisser les aléas de conjoncture, celle de la France n'étant pas à l'unisson d'autres pays.

Hugues Beurel, le PDG de Meca-Inox qui emploie 80 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 13,5 millions d'euros, a choisi au contraire de se spécialiser dans le robinet à tournant sphérique. « On m'a souvent dit qu'il fallait être fou pour fabriquer du sphérique en France, précise le dirigeant. Mais on a sur ce type de produit la même pyramide que sur les autres, avec du standard et de la haute qualité. » L'étroitesse de son catalogue, Hugues Beurel en fait un argument, en proposant des solutions adaptées aux problématiques des clients. La PME récupère le marché auquel les grands fabricants ne s'intéressent pas et place ses équipements dans la chimie, la pharmacie, l'énergie. Partout où la qualité est primordiale, ces robinets étant majoritairement utilisés comme des vannes de sécurité. Meca-Inox, qui suit ses clients, a ouvert deux filiales : l'une, commerciale, au Maroc ; l'autre, de production, en Chine pour le marché local...

Guichon Valves, qui compte 70 salariés et affiche un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros, est, lui, un spécialiste des vannes spéciales et sur mesure, et de prestations d'études de flux, de stress, de résistance des matériaux. [lire ci-dessus] En misant sur la très haute qualité et sur la réactivité, Guichon Valves vend en Chine des robinets fabriqués à Chambéry (Savoie) !

 

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