Mécanique : La manutention renoue avec la croissance

Une reprise de 8 à 10% en valeur est prévue cette année. Mais la profession s'interroge sur ses profits et la réalité de ce redémarrage.

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La reprise n'a pas dissipé tous les nuages. Rassurés par le retour des commandes début 1995, les industriels de la manutention restent préoccupés par la dégradation de leurs marges. L'acier - 65% du prix de revient d'un palettier en sortie d'usine! - pourrait connaître une nouvelle hausse de 7 à 8% en juillet. "Après une première augmentation de 10% début janvier", rappelle Alain Poix, président du Syndicat de la manutention (SIMMA). L'assemblage des produits de la manutention a ainsi subi une série de hausses du prix de ses composants. Difficile ensuite de la répercuter, car les fabricants italiens et espagnols (qui bénéficient de leurs monnaies faibles) ne relâchent pas la pression. Autre ombre au tableau, la frilosité des industriels français. Si l'Insee table sur un redémarrage cette année de l'investissement industriel français (11% en volume), la chute a été continue depuis 1991. Une décrue de 35% sur quatre ans qui a frappé de plein fouet l'industrie de la manutention. "Nous assistons à un rattrapage, estime Alain Poix. Mais certains gros projets restent gelés. L'Insee pourrait être amené à revoir son chiffre à la baisse." Les industriels français hésitent à s'engager dans de nouveaux moyens de manutention, à moins de retours d'investissement extrêmement rapides. Un problème de fond pour de nombreux pans de cette industrie. Reste que la reprise amorcée en 1994 s'est confirmée et accentuée au fil des mois. La palme revient aux chariots, l'année dernière déjà le moteur du redémarrage. Avec, en prévision, 12 à 15% de croissance de leur fabrication en 1995. Une reprise qui, par sa vigueur et sa soudaineté, a surpris les constructeurs, allant parfois jusqu'à perturber leurs approvisionnements, en acier notamment.

L'augmentation des fonds de roulements reste nécessaire

La préparation de commandes, relativement épargnée par la crise, voit des projets importants resurgir: le secteur devrait terminer l'année avec une croissance à deux chiffres. Mais le tissu industriel, hors sociétés de dimensions internationales, tarde à réagir. Pratique-ment sinistrés en 1994, le stockage automatisé, les rayonnages, la manutention continue de charges isolées et le levage redressent la tête. L'ensemble des secteurs de la manutention industrielle devrait progresser de 8 à 10% en valeur cette année. Avec une confiance mesurée dans le second semestre, bien que la profession veuille croire au démarrage d'un cycle nouveau et durable d'investissements. En attendant d'être tout à fait rassurée sur la nature de la reprise, la profession aborde une période critique. Epuisées par trois années de crise en continu, nombreuses sont les sociétés qui terminent leur exercice dans le rouge. Or, qui dit reprise dit aussi besoin d'augmentation des fonds de roulements. Les problèmes de trésorerie vont inévitablement précipiter les rapprochements entre entreprises.



l'avis d'un industriel

Alain Poix P-DG de Feralco Lapouyade

"Chez Feralco, l'activité stockage est repartie. Nous tablons sur une progression de 8%, ce qui n'était pas arrivé depuis plusieurs années.Mais il n'est pas question d'euphorie, car les marges restent sous tension." *Alain Poix est également président du Syndicat de la manutention.





USINE NOUVELLE N°2506

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