Mécanique : Comment CCMOP est devenu leader de la pince de robot

Prévoyant la crise de l'aéronautique, le groupe a abandonné la sous-traitance pour se diriger vers la production de pinces de robot. Il est aujourd'hui le leader français du secteur.

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Avec 50% du petit marché français de la pince de robot, la réussite de CCMOP semble donner raison aux adeptes de la spécialisation à l'extrême. Et le groupe entend bien continuer à se développer selon ce même concept. Pour 1995, il projette de poursuivre sa politique agressive de nouveaux produits: pinces entrée de gamme, pinces électriques, pinces avec capteurs intégrés.... Créée en 1966 à Courbevoie (Hauts-de-Seine) pour faire de la sous-traitance aéronautique de précision, la société 3P (elle est aujourd'hui incluse dans le nom générique de CCMOP) se lance rapidement, à la demande de la Snecma, dans la production de mandrins hydrauliques spécifiques. En quelques années, elle prend 75% du marché français, tout en continuant ses activités de sous-traitant. En 1980, une société soeur, CCMOP, est fondée pour commercialiser des mandrins pneumatiques produits aux Etats-Unis par MicroCentric. En 1985, sensible à l'apparition de la robotique, les deux entreprises décident de lancer une gamme de pinces de robot. Le président de CCMOP, Jacques Garih, explique: "Une pince ressemble à un mandrin, puisqu'il s'agit aussi de venir serrer quelque chose. Et la connaissance des exigences de l'aéronautique nous a permis de mettre au point des pinces ayant de fortes qualités de longévité, de précision et de force de serrage." Rapidement, CCMOP s'est imposée sur le marché français, où il n'existait alors que quelques petits producteurs artisanaux de pinces. En 1991, la société passe un accord avec le fabricant allemand de mandrins Röhm pour la commercialisation internationale des pinces. L'an dernier, avec 800références, le groupe, dont la production est maintenant établie à Sainte-Florine (Haute-Loire), a vendu 2500pièces, pour un prix compris entre 5000 et 20000francs. Des chiffres en hausse, qui, selon Jacques Garih, confirment qu'il fallait bien progressivement renoncer à la sous-traitance aéronautique. "A partir de 1990, le chiffre d'affaires de la sous-traitance a été divisé chaque année par deux. Etant donné que nous sommes maintenant spécialisés dans la pince de robot, nous ne sommes plus du tout dans le coup pour la sous-traitance, et il serait absurde de vouloir s'y raccrocher."

Emmanuelle RIVOIRE



le marché en trois points

Chiffre d'affaires en France en 1994 : 45millions de francs.

Parc français de robots industriels : 12992 (à la fin de 1994).

Il y a généralement une pince sur un robot et deux sur une machine-outil.

Sociétés se répartissant le marché : CCMOP (France), Newmat (France), PHD (Etats-Unis), Robohand (Etats-Unis), Schunk (Allemagne), SMC (Japon), Sommer (Allemagne).

USINE NOUVELLE N°2494

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