MBDA face à la crise du coronavirus

Comment MBDA, leader européen des systèmes de missiles, a-t-il traversé les confinements et les nouvelles priorités des États depuis le début de la crise sanitaire ? Renaud Bellais, économiste et Conseiller Institutionnel du CEO, nous apporte son éclairage sur le Groupe et la filière missile en France.

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MBDA face à la crise du coronavirus

Votre Groupe a-t-il été impacté par la crise sanitaire comme beaucoup de secteurs civils ?

Nous avons dû faire face aux périodes de confinement, avec un arrêt d’une grande partie de nos activités, et à une réorganisation interne en urgence pour répondre aux défis sanitaires. Toutefois, notre société, ses salariés et ses partenaires étatiques et industriels ont fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation. La crise a montré que l’ensemble des acteurs de la filière missile française avait un bon niveau de résilience. Notre force est que nous travaillons main dans la main depuis longtemps. Cet esprit de partenariat a été payant. Et nous n’avons pas le choix : les armées ont besoin que nous soyons sans faille à leurs côtés, car leur mission essentielle ne peut pas être suspendue. Pour MBDA, la barre est même placée au plus haut, car la France compte sur nous pour la composante nucléaire aéroporté de la dissuasion.

Quels ont été les impacts de la crise sur le chiffre d’affaires de MBDA ?

Être spécialisé à 100% dans l’armement rend nos activités moins sensibles aux soubresauts de l’économie, surtout à court terme. Les activités de défense s’inscrivent sur des horizons de temps longs et s’adossent à une planification stable en France grâce à la LPM [Ndlr : loi de programmation militaire]. Mais cette stabilité concerne surtout nos pays d’origine : France, Royaume-Uni, Italie et Allemagne, dans lesquels MBDA a fusionné des champions nationaux. Il ne faut pas oublier que 50% du chiffre d’affaires [3,6 milliards d’euros en 2020] repose sur des commandes à l’exportation qui, elles, se sont brutalement arrêtées.

Comment la forte chute des prises de commandes à l’exportation en 2020, annoncée par Florence Parly, va-t-elle impacter MBDA ?

Nos clients internationaux n’ont pas remis en question les contrats signés avant la crise. Par contre, les prises de commandes en 2020 ont été trois fois plus faibles qu’en 2019. L’impact sur notre activité se fera sentir d’ici 3 à 4 ans, quand MBDA devra faire face à une chute de sa production. Nous pouvons espérer que, d’ici là, de nouvelles commandes internationales viendront amortir ce trou d’air. Nous pouvons miser sur un accroissement programmé des activités pour nos pays d’origine, avec par exemple les missiles air-air MICA NG ou terrestre MMP, qui sont en phase ascendante. Et nous espérons aussi le lancement de nouveaux projets en coopération, en particulier avec le Royaume-Uni pour le successeur du missile de croisière SCALP.

Les perspectives à moyen terme sont donc plutôt favorables pour MBDA ? Notamment en termes d’activités et d’emplois en France ?

Avant la crise, MBDA avait engagé une phase de recrutements importants, avec environ 500 embauches par an depuis 2016, soit environ 260 nouveaux postes par an. L’écart correspond surtout au remplacement de salariés partant en retraite. Ce n’est pas rien pour une entreprise qui n’avait que 4 100 salariés en France il y a 5 ans contre 5 400 aujourd’hui ! Notre croissance, portée par les nouveaux programmes en France, et les contrats à l’exportation gagnés ces dernières années tirent aussi l’emploi dans l’ensemble de la filière missile française. Un nouvel emploi chez MBDA entraîne la création de 1,15 emploi chez nos partenaires. Grâce à la stabilité de notre carnet de commandes, notre filière va donc continuer à créer des emplois dans les années à venir.

En savoir plus MBDA France

4,2 Md€

De CA € en 2021

13 000

Collaborateurs en Europe, dont plus de 5750 en France

1200

Recrutements tous profils confondus

3ème

Leaders européen dans l'aérospatial et la défense

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