Max, le robot qui trie les déchets par l'intelligence artificielle, arrive en France

Veolia a implémenté dans son usine d’Amiens (Somme) un robot destiné à accroître les quantités de déchets triées et la qualité de la sélection. Il reconnaît les différentes catégories d’ordures ménagères au moyen de l’intelligence artificielle.

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Max, le robot qui trie les déchets par l'intelligence artificielle, arrive en France
Max-AI peut travailler 1,5 fois plus efficacement qu'un opérateur humain, affirme Veolia. Il doit néanmoins être savamment réglé à l'avance.

Il s’appelle Max-AI. Il a des collègues. Il travaille ardemment à la chaîne. Le dernier employé du centre de tri de Veolia basé à Amiens (Somme) qui réceptionne 22 000 tonnes de déchets par an (tous flux d’ordures ménagères confondus, à l’exception du verre) a une mission : accroître les volumes de déchets triés et, surtout, la qualité du tri. Ce robot, compris dans le budget recherche (60 millions d’euros en 2017) du géant des déchets, est piloté par l’intelligence artificielle. Une première, en Europe, dans le domaine des ordures ménagères.

"Il faut arriver à être irréprochable. La Chine a finalement fermé ses frontières aux matières premières secondaires qui ont une qualité insuffisante à ses yeux", rappelle Bernard Harambillet, directeur général de l’activité Recyclage et traitement des déchets France de Veolia. La mission du robot consiste, depuis sa mise en route en juin dernier, à trier le gros de magasin (qualité 1.02), un flux de petits papiers et de petits cartons, et d’éliminer les canettes, bouteilles, plastiques, et voire même chaussures qui pourraient avoir échappé aux tris précédents, au moyen d’un trommel et d’un overband. Pour l’heure, Max-AI affiche un taux de 10% d’erreurs.

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Un opérateur reste présent, au contrôle qualité.

En bout de chaîne, un opérateur reste présent pour suppléer, à une cadence soutenue, Max-AI : il effectue du contrôle qualité, à l’instar de la plupart de ses collègues qui travaillent dans une usine semi-automatisée en 2013 (avec notamment un tri télé-opéré au moyen d’une tablette). "Nous prenons des tonnages supplémentaires avec le même nombre d’opérateurs, nous sécurisons donc l’emploi. Les missions évoluent : nous devons améliorer les conditions de travail, le métier de trieur n’étant pas des plus faciles", reconnaît Philippe Herdhebaut, responsable du site d’Amiens.

Un apprentissage visuel

Pour greffer un robot utilisant l’intelligence artificielle sur une chaîne de tri existante, Max, acquis auprès de l’américain BHS fin 2017, a d’abord dû s’adapter aux spécificités françaises des consignes de tri et aux emballages en vigueur. Des centaines de milliers d’images en couleur ont été versées dans sa base de données. Le recours au tri télé-opéré, déjà en cours dans l’usine, a facilité l’opération.

Le robot peut être piloté depuis une console en cas de besoin. Les images sont préenregistrées.

Ensuite, l’algorithme a dû être perfectionné : "nous travaillons avec des réseaux de neurones profonds (deep learning) et un apprentissage supervisé. Il faut différencier les bouteilles PET des bouteilles non-PET", illustre Dorothée Lenes, directrice des programmes de recherche recyclage et valorisation des déchets chez Veolia. Enfin, les équipes ont adjoint un tableau de bord permettant de suivre l’activité de la chaîne, et intégré un système (une araignée ventouse dans le cas de Max-AI). Le centre de recherche de Veolia, basé à Mantes-la-Ville (Yvelines), dispose lui aussi d’un exemplaire de Max-AI pour différentes batteries de tests en conditions réelles.

D’autres flux en préparation

A terme, le robot d’Amiens traitera différents flux, dont les plastiques – le gros de chantier ne constitue que la première étape de son implémentation. Il s’avère déjà assez performant en réalisant 3600 picks de déchets à l’heure, contre 2200 pour un opérateur de tri humain. En 2020, une nouvelle unité, réalisée pour la métropole de Nantes (Loire-Atlantique), accueillera deux robots destinés au sur-tri de PET clair (flaconnages, bouteilles) et au tri d’un flux majoritairement composé de polyéthylène. D’autres robots, sans intelligence artificielle, sont déjà déployés dans le groupe.

Pour réduire de 50% de volume de déchets mis en stockage en France en 2025, la filière du recyclage estime les investissements nécessaires à 4 milliards d’euros et, au-delà de la robotisation, à 25 000 emplois supplémentaires.

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