Matériel électrique-électronique

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Dossier


GRAND PRIX

Neopost
S'affranchir des frontières
En quatre ans, le numéro 2 mondial des machines de traitement du courrier
d'entreprise a enregistré une croissance de 58 %.
Le « champion des champions 2002 » nous livre ses recettes.



L'entreprise
Siège : Bagneux (Hauts-de-Seine)
Actionnariat : public (82,5 %), Fidelity (11 %), Crédit agricole Indosuez(6 %), salariés (0,5 %)
Marge nette 2001 : 6,6 %

Douze personnes, quelques tables et... 575 millions d'euros de chiffre d'affaires ! Comme il fallait bien trouver un siège, les dirigeants de Neopost ont posé il y a dix ans leurs cartons sur un étage et demi d'immeuble à Bagneux, au beau milieu de la banlieue sud de Paris. Quand on est numéro 2 mondial de la fabrication de machines d'affranchissement et de traitement du courrier d'entreprise derrière un ogre américain trois fois plus gros comme Pitney Bowes, tout empâtement risque d'être fatal. Alors, depuis qu'un LBO a scellé son sort en 1992, Neopost s'affranchit. De son ancienne maison mère Alcatel, du marché français comme unique débouché, et surtout d'une hiérarchie qui aurait pu l'étouffer après de multiples rachats d'entreprises. De tout, sauf de la réussite.

Depuis cinq ans, la trajectoire est toujours aussi parfaite : croissance à deux chiffres et rentabilité à la hausse. Entre 1997 et 2001, le chiffre d'affaires de Neopost a bondi de 365 à 575 millions d'euros pour un résultat net de 38 millions d'euros. Et 2002 sera au moins un aussi bon millésime ! Au premier semestre, le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 364 millions d'euros en hausse de 27 % par rapport à 2001 et plus de 85 % de progression de résultat net à 31 millions d'euros. Si Neopost devra beaucoup cette année à la croissance externe, Jean-Paul Villot, son P-DG depuis 1995, précise que le groupe enregistrera une croissance organique de 5 %. Des chiffres annoncés la plupart du temps sans triomphalisme. « Quand Pitney Bowes concentre à lui seul 62 % du parc de machines d'affranchissement installées, notre seule façon de vivre et de réussir est de nous battre pour capter les 38 % restants. »

Il y a peu, ils étaient trois prétendants à vouloir régner sur un marché de 5 milliards de dollars concentré à 80 % sur les Etats-Unis, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et le Canada : Pitney Bowes, SMH Alcatel (devenue Neopost en 1998 lors d'une introduction sur le premier marché) et la division systèmes d'affranchissement du suisse Ascom Hasler. Mais il n'aura fallu que quelques mois, vers 1998, au numéro 3 Ascom pour passer dans le rouge et jeter l'éponge. Faute de pouvoir amortir ses dépenses de R & D sur des marchés suffisamment importants, sa seule issue a été de se rapprocher petit à petit de Neopost avant que celui-ci ne le rachète en 2001. De l'histoire chahutée du secteur, Neopost a retenu deux morales : la première qu'il lui fallait étendre au plus vite son réseau de distribution hors des frontières hexagonales. La seconde, qu'il pouvait profiter de sa position de challenger pour éviter tout problème avec les autorités anti-trust...

La société balnéolaise développe depuis une véritable boulimie. En un peu plus
de deux ans, pas moins de 9 sociétés sont tombées dans son giron. Ascom Hasler lui a permis, pour 240 millions d'euros, de passer de 5 à 20 % de parts de marché sur le sol américain. Avec le rachat de Stielow en septembre 2002, Neopost contrôle 50 % du marché allemand des plieuses-inséreuses de lettres. Uniquement dans le secteur des machines d'affranchissement, Neopost est passé en deux ans de 15 à 26 % de parts de marché mondiales.

Arnaud Boulben


LES AUTRES CHAMPIONS


DE 15 A 80 MILLIONS D'EUROS DE CHIFFRE D'AFFAIRES

Tronico
Saint-Philbert-de-Bouaine (Vendée)
Une sous-traitance électronique bien ciblée
Tronico a su anticiper les aléas conjoncturels que subit son secteur à l'heure actuelle. Il s'est concentré principalement sur trois domaines : l'aéronautique, le ferroviaire et l'industrie pétrolière. Pour ceux-ci, la PME propose des prestations de plus en plus élaborées, allant jusqu'à la réalisation de produits finis ou semi-finis, pour des prototypes, des petites et des moyennes séries.
Dirigeant : Jacky Gayant
Actionnariat : capital-risque (65 %), Jacky Gayant, P-DG (35 %)
Marge nette 2001 : 10,5 %
Effectifs 2001 : 240 salariés


MB Electronique
Buc (Yvelines)
Les bases saines de la mesure électronique
Distributeur d'appareils de mesure et d'instrumentation électronique, MB Electronique a su échapper aux aléas du marché des télécommunications. Son domaine de prédilection - l'instrumentation générale - est davantage basé sur des marchés à la croissance régulière, comme le militaire, l'aéronautique ou l'automobile. La prochaine loi de programmation militaire lui permettra sans aucun doute de continuer sur ses bases.
Dirigeant : Pierre Roux
Actionnariat : Polly (98,77 %)
Marge nette 2001 : 6,1 %
Effectifs 2001 : 108 salariés


MOINS DE 15 MILLIONS D'EUROS DE CHIFFRE D'AFFAIRES

Ségépar
Gennevilliers (Hauts-de-Seine)
Les machines d'étiquetage passent à la radio
Pour ce fabricant de systèmes d'étiquetage en temps réel, la grande distribution est le meilleur prescripteur. Il est, en effet, présent sur les linéaires des grands magasins grâce à ses codes à barres apposés sur les produits de ses clients. Pour se développer encore dans la logistique des entreprises, la société vient de passer d'un marquage traditionnel à la technologie jet d'encre et propose désormais une gestion des expéditions grâce à des terminaux radio.
Dirigeante : Marie-Jeanne Laurens
Actionnariat : privé
Marge nette 2001 : 5,9 %
Effectifs 2001 : 23 salariés


Vermon
Tours (Indre-et-Loire)
Des ultrasons pour l'imagerie médicale
En choisissant en 1984 de développer des capteurs à ultrasons, Vermon a réussi à faire sa place à côté des grands noms de l'imagerie médicale, comme Philips ou General Electric.
Un pari réussi pour la PME de Tours, dont la gamme de transducteurs piézoélectriques fabriqués en matériaux composites s'est étendue aux applications pour l'imagerie industrielle. Et qui a su, en 1995, ouvrir une filiale pour attaquer le marché américain.
Dirigeant : Aimé Flesch
Actionnariat : privé
Marge nette 2001 : 14,6 %
Effectifs 2001 : 82 salariés


AEPR
Montilliers (Maine-et-Loire)
Pousser l'automatisation avec ses clients
Profitant des relations de confiance établies avec des clients comme Euraltech, le spécialiste de l'intégration des automatismes pour machines
et lignes de production AEPR devrait encore connaître une bonne année 2002. Faute de ressentir le même dynamisme du marché pour 2003, la société se prépare à accentuer ses efforts de développement dans la robotique.
Dirigeant : Gérard Blouin
Actionnariat : 100 % famille Blouin
Marge nette 2001 : 14,5 %
Effectifs 2001 : 30 salariés


Déléage
Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)
Le marché de la rénovation pour objectif
Après avoir su tirer profit de la politique de certification qualité d'EdF pour le chauffage, Déléage, spécialiste des câbles électriques chauffants et systèmes de refroidissement par le sol, s'apprête à vivre une année charnière. La société, qui fête ses 45 ans, lancera bientôt un produit de chauffage par le sol venant s'incorporer directement dans les colles à céramique.
Un produit qui devrait lui permettre de percer sur le marché de la rénovation.
Dirigeant : Philippe Deléage
Actionnariat : privé
Marge nette 2001 : 12,9 %
Effectifs 2001 : 50 salariés



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