MATERIAUXLa tour de la Terre, une vitrine pour le boisErigée pour marquer l'entrée dans le prochain millénaire, la nouvelle tour qui surplombera l'est de Paris veut pousser le matériau bois au maximum de ses performances.

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La tour de la Terre, une vitrine pour le bois

Erigée pour marquer l'entrée dans le prochain millénaire, la nouvelle tour qui surplombera l'est de Paris veut pousser le matériau bois au maximum de ses performances.



Projet phare des commémorations parisiennes de l'an 2000, la tour de la Terre vient de se voir accorder un terrain par la mairie de Paris. Elle culminera à 200 mètres, à proximité de la Grande Bibliothèque. " Après la tour Eiffel, qui symbolise le métal, la Grande Arche la pierre et la Pyramide du Louvre le verre, la tour de la Terre valorisera un autre matériau, le bois ", déclare Nicolas Normier, l'architecte du projet. Une " tour Eiffel " version bois ? Les concepteurs du monument rejettent l'assimilation, mettant en avant des performances techniques jamais atteintes jusqu'à présent avec du bois. A sa base, la nouvelle tour ne fera que 18 mètres de diamètre.

Un système pour amortir les vibrations

L'ouvrage de l'ingénieur Gustave Eiffel est certes plus haut, puisqu'il atteint 300 mètres, mais sa base est de 150 mètres. " Un rapport de deux à un, contre plus de onze à un pour notre projet. La tour de la Terre sera bien plus élancée ", souligne le pilote du projet, Dominique Calvi, ingénieur conseil établi aux Angles, près d'Avignon. Conçue en association avec le Comité national pour le développement du bois, la tour se veut un symbole environnemental, car sa structure sera construite principalement à partir de bois issus de forêts gérées. Le premier " étage ", d'une hauteur de 100 mètres, sera constitué de huit mâts en bois d'une section de 1 mètre carré, doublés de huit mâts en acier. " Nous aurions pu tout faire en bois, mais aux dépens de la finesse de l'ouvrage ", explique Dominique Calvi. Cette structure supportera un habitacle en acier, qui pourra recevoir jusqu'à 1 200 personnes pour des conférences, des expositions, etc. Au-dessus, un fuseau de huit mâts, en bois uniquement, de 55 mètres de haut, portera une " fleur " en acier inoxydable, qui couronnera l'ensemble de ses cinq pétales de 700 mètres carrés chacun. Les mâts seront maintenus par des croisillons en acier. Des amortisseurs, fondés sur des systèmes liquides ou bien pendulaires - le choix n'est pas encore fait -, casseront les vibrations provoquées par les vents violents. " La structure, calculée par informatique, pourrait très bien supporter ces vibrations, mais nous avons voulu les supprimer pour le confort des visiteurs ", expose Dominique Calvi. Des essais en soufflerie à plus de 200 kilomètres à l'heure doivent être effectués prochainement, à Nantes, avec le Centre scientifique et technique du bâtiment. L'architecte de la tour a notamment bénéficié des compétences du Centre technique du bois, des ingénieurs de l'Ecole polytechnique de Lausanne et du spécialiste des charpentes métalliques vosgien Vira SA. Les fûts en bois seront constitués de pièces de lamellé-collé d'une trentaine de mètres de longueur pour 1,10 mètre de diamètre, assemblées par des inserts métalliques. " Les machines à commandes numériques permettent de réaliser des pièces en bois au dixième de millimètre près, ce qui évite les jeux lors des assemblages ", précise Alain Têtard, directeur technique de Matis, autre industriel français intéressé par le projet.

Un revêtement en chêne changé tous les quarante ans

Les mâts en bois devront encaisser des efforts de 1 000 tonnes en compression et de 800 tonnes en traction, alors que les mâts en acier de la base, partiellement cachés et disposés plus au centre, supporteront des efforts de 1 200 à 1 500 tonnes. " Le bois a un rôle porteur ; le métal, un rôle stabilisateur ", explique Bernard Vira, directeur général de Vira SA. Les mâts en bois seront protégés par des coques en chêne de 5 centimètres d'épaisseur et de 5 mètres de longueur. Serties par des joints en cuivre, elles apporteront une nuance sombre aux colonnes. Ces caches, qui pourraient également être en bois exotiques, moins onéreux que le chêne, seront en principe changés tous les quarante ans environ. A l'intérieur, les structures en lamellé-collé - probablement du pin sylvestre des Vosges ou du pin Douglas du Massif central - auront une durée de vie a priori illimitée, mais pourront être remplacées en cas de choc avec un objet volant " Le bois peut souffrir des insectes et des moisissures, de la même façon que le métal peut subir la corrosion. Mais il y a des traitements pour prévenir ces problèmes ", rappelle Dominique Calvi. Les délais seront serrés, car, pour achever la tour, en novembre 1999, les fondations en béton devront être coulées dès l'automne de 1998. Le budget, de 250 millions de francs, devrait être bientôt bouclé avec la contribution déterminante de François Pinault, du groupe PPR, qui renouerait ainsi avec ses origines. Une rumeur que les protagonistes se refusent à confirmer.



USINE NOUVELLE N°2622

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