MATERIAUXDe nouveaux records dans le vitrage de sécuritéLes exigences des assurances poussent les industriels à concevoir des vitrages plus résistants.

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De nouveaux records dans le vitrage de sécurité

Les exigences des assurances poussent les industriels à concevoir des vitrages plus résistants.



Les assurances ne cessent d'imposer des vitrages retardateurs d'effraction ou antivandalisme toujours plus efficaces. Conséquence: les industriels se démènent pour proposer le nec plus ultra en vitrage de sécurité. Non satisfaits des tests de chute de billes pour classer les vitrages, les assureurs demandent une résistance complémentaire aux coups de hâche et de massue pour certifier le retardement à l'effraction. Les nouvelles normes obligent à atteindre de telles résistances qu'on se demande si tous les industriels seront capables de fabriquer les produits qui y répondent. Spécialiste des vitrages en polycarbonate, GE Plastics a considérablement amélioré les performances de ses produits. Partie de plaques de 3 millimètres d'épaisseur, l'entreprise propose à présent des feuilles de polycarbonate de 20 millimètres qui correspondraient à un niveau de sécurité de classe 8, soit le maximum dans l'échelle des nouvelles normes. Cela signifie que le vitrage résiste à douze coups de masse et au minimum cinquante-neuf coups de hâche. Il supporte aussi le choc d'une bille correspondant à une énergie de 8000 joules. Mais attention au prix! Près de 3000 francs le mètre carré, sans compter les frais de pose.

Des vitrages trifeuilletés pour le commerce de luxe

Devenu résistant aux ultraviolets, aux produits chimiques et à l'abrasion grâce à des traitements de surface, le polycarbonate se perfectionne. "Il se montre 250fois plus résistant que le verre traditionnel non trempé vis-à-vis des chocs", affirme Daniel Sinelnikoff, responsable marketing de GE Plastics France. mais son vrai rival est le verre feuilleté. Beaucoup plus facile à poser et plus léger, le polycarbonate revient néanmoins environ 15% plus cher que ce dernier. A priori, il serait aussi moins résistant aux coups de hâche pour de faibles épaisseurs. Dans le verre feuilleté, ce sont les intercalaires de PVB (polyvinyle butyral) qui confèrent au vitrage ses propriétés anti-effraction. Pour les commerces de luxe, les assurances exigent au minimum un vitrage trifeuilleté. D'autre part, afin de rivaliser avec le polycarbonate, les verriers augmentent le nombre de couches de leur verre feuilleté et l'épaisseur du PVB. "Les feuilletés de 10millimètres d'épaisseur peuvent atteindre la classe 5, mais pour la classe 8 il faudrait pousser au minimum jusqu'à 30 millimètres et utiliser une composition particulière, par exemple en ajoutant une couche de composite", explique Philippe Grell, de la Fédération française des professionnels du verre. Pour les vitrages de protection dans les banques ou les vitres résistantes aux ouragans dans les habitations, Du Pont a développé un revêtement de polyester qui évite les projections de verre à l'intérieur du local protégé. Cependant, même si le verre feuilleté revient moins cher que le polycarbonate, il a aussi ses limites. Ainsi, le PVB résiste mal aux basses températures et risque de perdre ses propriétés au-dessous de 0°C. Un handicap que certains cambrioleurs avertis ont su exploiter en gelant la vitrine à percer à l'aide d'un extincteur à neige carbonique!





Des marchés toujours en croissance

En France, les dépenses de sécurité ont augmenté de 40% en dix ans, d'après Arnaud Bonnel, responsable du Centre d'information du verre feuilleté. Le vandalisme agit comme le principal facteur de cette croissance. La protection des bâtiments contre les explosions et les ouragans prend aussi de l'ampleur. Depuis les saccages d'Andrew, en Floride, les assurances imposent de plus en plus des vitrages qui préviennent des ravages dans les propriétés. Pour le secteur du bâtiment, le marché total du verre feuilleté représente déjà quelque 20 millions de mètres carrés sur l'Europe, dont 4,8millions en France. La protection s'améliore aussi pour les véhicules et les machines industrielles avec les nouvelles normes de protection, qui entreront en vigueur en 1995. "Sur les 400000 machines françaises, près de 80% devront recevoir un nouveau bouclier de protection", précise Franck Sinelnikoff de GE Plastics France.

USINE NOUVELLE - N°2468 -

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