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L'Usine Aéro

Marwan Lahoud lance la filière aéro à l’assaut de la Turquie

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Le président du Groupement des industriels de l’aéronautique (Gifas) conduit une mission en Turquie. Une soixantaine de PME françaises vont tenter de se faire une place dans un pays qui ambitionne de devenir un grand acteur de l’aéronautique.

Marwan Lahoud lance la filière aéro à l’assaut de la Turquie © Tolga Musato

Les entreprises citées

"La Turquie est une terre à défricher". C’est ainsi que Marwan Lahoud résume l’objectif de la mission qu’il conduit en tant que président du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS) du 25 au 28 février. Un mois après le président de la République, celui qui est aussi directeur général délégué à la stratégie et au marketing d’Airbus Group mène une délégation d’une soixantaine de PME françaises avides de trouver en Turquie de nouveaux débouchés. Elles rencontrent des dizaines d'acteurs turcs, répartis sur douze sites et quatre villes (Ankara, Istanbul, Izmir et Eskisehir). Cela faisait plus de dix ans que le syndicat très actif de la filière aéronautique et spatiale française n’avait pas organisé une mission de cette ampleur, la dernière remontant à 2002 au Japon.

Pourquoi la Turquie ? "Le pays possède une activité industrielle assez intense et ambitionne de devenir une grande puissance aéronautique, explique en marge de la mission Marwan Lahoud. On y trouve des ressources humaines jeunes et éduquées, la loi y est appliquée et malgré quelques mouvements le pays est assez stable". Et le développement économique est au rendez-vous selon le dirigeant : "Je suis venu à Ankara en 2004, et par rapport à aujourd’hui, c’est le jour et la nuit". Il faut dire que le trafic aérien domestique a été multiplié par six ces dix dernières années et le trafic international par trois sur la même période.

Grands programmes

Une croissance du trafic qui ne se dément pas et qui pousse la compagnie aérienne dominante, Turkish Airlines, à se doter de 400 nouveaux avions d’ici 2020. La situation géographique du pays, pivot entre l’Europe, l’Asie, l’Afrique et la Russie coïncide de plus en plus avec le centre de gravité du trafic aérien mondial. Situé au beau milieu de l’Atlantique dans les années 70, en raison des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe, il tend à se déplacer vers l’est, où le trafic en Asie prends de plus en plus de poids. Les autorités turques entendent bien profiter à plein de cet emplacement qu'ils jugent idéal.

Pour résumer, ce pays de 74 millions d’habitants, qui ambitionne de passer dans dix ans du 17ème au 10ème rang des premières puissances mondiales, "rempli toutes les conditions", selon Marwan Lahoud, pour pouvoir multiplier les partenariats économiques avec la France. D’autant que les grands projets aéronautiques civils et militaires se bousculent. A l’horizon 2023, date du centenaire de la proclamation de la République de Turquie, le pays prévoit de faire aboutir un nombre vertigineux de programmes via une feuille de route très précise. Avion de combat de 5ème génération (autrement dit, les successeurs du Rafale), hélicoptères de transport, drone MALE, avion régional, satellites d’observation et de télécommunication… Est-ce seulement réaliste ? A l’heure où les géants Airbus et Boeing marquent une pause dans le lancement de nouveaux grands programmes, l’occasion semble de toute façon trop belle pour ne pas la saisir…

Ces projets sont de plus portés par un réel dynamisme de l’aéronautique en Turquie, en voie de structuration. "Ils pourraient avoir les moyens de leurs ambitions", estime Marwan Lahoud. La Turquie possède son Gifas : le Syndicat des industriels de défense turcs (Sasad), qui compte 162 adhérents et représente un chiffre d’affaires de 4,8 milliards de dollars (soit 10% de celui du Gifas). Ces sociétés sont concentrées à Ankara, Eskisehir, Istanbul et Izmir. Qui plus est, la Turquie a aussi l’équivalent d’un Airbus Group, avec la société Turkish Aerospace Industries (TAI), possédée par la Fondation des forces armées turques et le sous-secrétariat à l’industrie de défense.

Les PME chassent en meute

Des sociétés privées se sont multipliées, comme Kale (sous-traitant dans la motorisation), Roketsan (armes, munitions, roquettes…), Alp Havacilik (pièces de moteur), Turkish Technic (maintenances des appareils)… Et surtout, au-delà la production industrielle, le pays souhaite monter en gamme et investir massivement dans la R&D. Une approche qui le distingue d’un certain nombre d’autres pays, notamment la Tunisie. Organismes publics qui soutiennent la R&D, clusters régionaux, zones de développement technologiques… La Turquie ne s’érige pas en terre de production industrielle low cost mais bien comme un partenaire industriel de premier plan.

"On ne peut de toute façon pas croire durablement à un Eldorado avec un coût du travail peu élevé", estime Marwan Lahoud. Le président du Gifas voit avant tout la Turquie comme une opportunité pour les PME désireuses de réaliser des transferts de technologies. "Il est important pour la pérennité et la compétitivité de la supply chain française, que les PME aillent chercher de l’activité à l’étranger, qu’elles diversifient leurs débouchés. Il serait même suicidaire de n’envisager la Turquie que comme une terre de délocalisation". Il est trop tôt pour mesurer l’impact de cette mission en termes de contrats et de partenariats. Mais elle distingue une fois de plus la filière française aéronautique, capable de chasser en meute comme bien peu d’autres secteurs tricolores sont capables de le faire.

Olivier James, à Ankara

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