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L'Usine Auto

Martin Winterkorn, l’ex-patron de Volkswagen était au courant de la fraude des moteurs diesel depuis 2014

Pierre Monnier ,

Publié le

Volkswagen vient de rendre public la chronologie des évènements qui ont conduit au scandale des moteurs truqués. La marque allemande indique que son ancien dirigeant avait été informé à plusieurs reprises du non-respect des normes d’émissions américaines.


Martin Winterkorn a démissionné de ses fonctions au sein de Volkswagen à la suite du scandale. (DR)

Lorsque Volkswagen décide de s’attaquer au marché du diesel aux Etats-Unis, la marque allemande ne s’attend pas à faire éclater l’un des plus grands scandales du secteur automobile. Pour se soumettre aux lois américaines sur les émissions de gaz polluants, Volkswagen a lancé un programme en 2005 pour développer un nouveau moteur diesel.

La réglementation est stricte aux Etats-Unis, un véhicule ne doit pas rejeter plus de 31 mg/km de NOx. A cette époque, la norme euro5 est encore en vigueur en Europe et autorise des émissions six fois supérieures à celles-ci.

Des anomalies remarquées en mai 2014

Volkswagen vient de rendre publique la chronologie de la falsification. Le constructeur allemand explique qu’avec le budget et le temps disponible pour réduire drastiquement ses émissions, "un groupe de personnes non-identifiées a décidé de modifier le logiciel de gestion du moteur". Une décision prise sans en informer le Conseil d’administration du groupe. Le changement d’un "petit nombre des quelques 15 000 algorithmes" du logiciel a mené à une baisse "considérable" des émissions entre les conditions réelles et les conditions de test. 

Cette manœuvre a conduit le Conseil international des transports propres (ICCT) à avertir l’agence environnementale californienne (CARB) des irrégularités découvertes lors de tests en mai 2014.

A ce moment, précisément le 23 mai 2014, Martin Winterkorn, alors directeur du conseil d’administration du groupe Volkswagen reçoit un mémo pour l’informer de l’étude de l’ICCT suspectant les moteurs de la marque. La marque indique que ce mémo "faisait partie de ses courriers du week-end" et qu’il est donc impossible de savoir si Martin Winterkorn en avait pris connaissance.

Le Conseil d’administration mis au courant

Pourtant un second mémo a été transmis le 14 novembre 2014. Ce mémo faisait notamment référence à "des cas de produit défectueux" et à "un coût d’environ 20 millions d’euros" relatif au "dossier diesel" en Amérique du Nord. Début décembre, l’agence environnementale californienne a rencontré la direction de Volkswagen aux Etats-Unis.

La branche américaine du groupe avait alors consenti à "recalibrer les première et deuxième génération de moteur mis en cause dans le cadre des travaux d’entretien déjà programmés".

L’agence californienne CARB a alors mené des tests sur les véhicules pour vérifier la baisse des émissions. Au vu des taux d’émissions toujours supérieurs aux normes, le cabinet d’avocats Kirkland & Ellis "a été engagé pour avertir Volkswagen" des lois d’émissions américaines à l’été 2015.

La marque allemande indique également que le "dossier diesel", comme elle désigne l’affaire, a été abordé lors d’une réunion le 27 juillet 2015. D’après l’ensemble de ces informations avancées par Volkswagen, le directeur du Conseil d’administration de l’époque, Martin Winterkorn était donc au courant des accusations portées sur la marque.

Volkswagen prêt à s’arranger avec les autorités

Preuve supplémentaire, Volkswagen révèle que les techniciens ont donné une explication complète des irrégularités découvertes à la fois aux avocats du département légal du constructeur et des avocats du cabinet Kirkland & Ellis à la fin du mois d’août 2015. Le Conseil d’administration a alors pris conscience que "la modification du logiciel de gestion du moteur constituait un dispositif interdit en vertu des lois américaines".

A la suite de cette réunion, la marque allemande avait déjà entamé des discussions avec les autorités américaines. En étudiant les précédents cas d’infraction des autres compagnies automobiles, Volkswagen envisageait de "divulguer la falsification du logiciel, accepter les conditions des autorités américaines pour rendre les véhicules conformes et enfin payer les amendes". Le scandale aurait donc pu être tué dans l’œuf sans l’ébruitement du "dossier diesel" par l’agence fédérale de protection de l’environnement en septembre 2015.

Un scandale dont Volkswagen a encore du mal à évaluer toutes les conséquences. Le constructeur a annoncé un report de la présentation des ses résultats financiers au 28 avril (initialement prévue le 10 mars). Il explique dans un communiqué que des "questions relatives au dossier diesel et aux calculs qui en résultent" ont provoqué ce report. Il en est de même pour l'assemblée générale de ses actionnaires qui aura lieu le 22 juin à la place du 21 avril.

 

A lire aussi, notre dossier "Volkswagen, Das Skandal"

 

Pierre Monnier 

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