Martin Bouygues enjoint les parlementaires à ne pas favoriser Free Mobile

Le PDG du groupe Bouygues a écrit aux parlementaires pour évoquer le manque d'investissement financier de Free Mobile dans les réseaux de télécommunications. Il remet en question le contrat d'itinérance 3G de Free auprès d'Orange.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Martin Bouygues enjoint les parlementaires à ne pas favoriser Free Mobile

Sa parole est assez rare pour être relayée. Martin Bouygues, le PDG du groupe Bouygues, maison-mère de l'opérateur téléphonique Bouygues Télécom, a demandé le 10 juillet aux parlementaires de ne pas autoriser le renouvellement en 2018 du contrat d'itinérance par lequel Free utilise le réseau mobile d'Orange.

Selon l'industriel, ce contrat dispense le quatrième opérateur d'investir autant que ses concurrents dans les réseaux de télécommunications, a-t-il souligné à l'ensemble des sénateurs et députés, dans un courrier révélé par Le Figaro et dont l'AFP s'est procuré une copie.

Des contraintes d'investissement différentes pour Free

"Le secteur français des télécoms traverse une crise importante. Six mois après le lancement commercial du quatrième opérateur mobile, le bilan est sans appel", juge Martin Bouygues qui évoque un secteur pris dans "une spirale autodestructrice" et des entreprises "profondément déstabilisées et affaiblies".

"La principale explication du déséquilibre actuel du marché mobile réside dans le fait que le quatrième entrant est le premier et le seul opérateur en France à bénéficier, grâce au contrat d'itinérance 3G qui le lie à Orange, de la possibilité de n'investir dans son réseau mobile que là où il est sûr que c'est rentable", déplore le PDG de Bouygues dans ce courrier.

Free Mobile, arrivé sur le marché en janvier avec des tarifs très compétitifs, "n'a donc pas les mêmes contraintes d'investissement que ses trois concurrents", ajoute-t-il.

"Il a pu n'investir dans son réseau mobile que 142 millions d'euros en 2011 alors qu'il aurait dû être en phase d'investissement intense. Pendant cette même période un opérateur comme Bouygues Telecom a consacré près de 600 millions à son propre réseau pour simplement le compléter et le moderniser", précise M. Bouygues.

Un appel à ne pas renouveler le contrat d'itinérance de Free

"A mes yeux, il est tout à fait essentiel que les pouvoirs publics -le régulateur (l'Arcep) comme l'Etat actionnaire- expriment sans tarder, de la façon la plus claire et ferme, que cet accord d'itinérance 3G n'a pas vocation à être renouvelé et que parvenu à son terme (en 2018, NDLR), il ne pourra être prorogé", écrit-il.
"C'est la seule façon d'inciter le quatrième opérateur à lancer réellement ses investissements dans son réseau mobile, investissements qui engendreront de l'emploi et qui rétabliront l'égalité concurrentielle".

Le PDG de Bouygues juge également "absolument essentiel" que Free Mobile ne bénéficie pas non plus d'un nouveau contrat d'itinérance sur la prochaine génération de téléphonie mobile, la 4G, "en-dehors du moins des zones où la réglementation le permet".

"Une telle itinérance aurait pour conséquence de distordre encore plus la concurrence et d'aggraver très fortement le déséquilibre actuel", estime-t-il encore.

Martin Bouygues revient également dans son courrier sur le plan de départs volontaires de 556 salariés de Bouygues Telecom, annoncé le 3 juillet et dont le but est de "sauvegarder la compétitivité" de l'opérateur face à Free.

"C'est la première fois qu'une disposition de cette nature et de cette ampleur est envisagée dans le groupe Bouygues, et ce n'est en aucune manière, comme je l'ai entendu prétendre de façon tout à fait scandaleuse, pour défendre je ne sais quelle 'rente' ou encore des profits ou des marges qui seraient indécents", affirme-t-il.

Selon l'AFP, Bouygues Telecom a perdu 210 000 abonnés mobile au premier trimestre 2012, période où Free Mobile est arrivé sur le marché avec de fortes baisses de tarifs. En ajoutant les clients du parc mobile prépayé, ce chiffre passe à 379 000 clients perdus au premier trimestre.

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS