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L'Usine Maroc

Maroc : un rythme de croissance en baisse pour 2014, selon le HCP

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Publié le

L'activité économique du royaume marquerait nettement le pas l'an prochain avec une croissance qui chuterait à 2,5% contre 4,6% prévu cette année, selon la dernière prévision du Haut-commissariat au plan du Maroc. En cause surtout : une production agricole attendue en retrait et un solde commercial toujours dans le rouge vif.

Maroc : un rythme de croissance en baisse pour 2014, selon le HCP © Kristian Thøgersen - Flickr - C.C.

Comment va évoluer l'économie du Maroc en 2014 ? Selon les hypothèses du HCP (Haut Commissariat au Plan, instance indépendante du gouvernement), la croissance ne serait que de 2,5% contre 4,6% en cette année 2013. Des prévisions bien plus pessimistes que ceux de la Banque africaine de développement (BAD) et du FMI (Fonds monétaire international) qui tablent sur des taux de croissance respectifs de 5% et de 4,8% pour 2014. 

Le HCP a publié cette note le 20 juin sous le titre prudent "Situation macroéconomique du Maroc en 2013 et exploration de son évolution en 2014"

A noter que si la prévision de croissance de 2013 s’inscrit dans le cadre de l’exécution de la loi de finances 2013, le scénario retenu de croissance de 2014 précise le HCP "se base, sur la double hypothèse d’une production céréalière moyenne et d’une reconduction de la politique budgétaire sans anticipation de réformes nouvelles."

C'est ainsi que la prise en compte d'une réforme (promise par le gouvernement) de la Caisse de compensation n'a pas été incluse. Cet organisme joue au Maroc un rôle très important dans la stabilisation des prix des produits de base et le soutien au pouvoir d'achat en subventionnant les carburants notamment mais au prix de lourdes dépenses budgétaires. Sa réforme fait l'objet de furieux débats politiques et économiques dans le pays.

"Dans ce cadre, la croissance économique nationale serait de 2,5% en 2014. Les activités non agricoles devraient enregistrer une légère amélioration de leur rythme de croissance, passant de 3,1% en 2013 à 3,6%, tout en restant, cependant, inférieur à la moyenne de 4,6% enregistrée durant la période 2010-2012."

croissance des activités non agricoles

Pour revenir aux prévisions proprement dite, le facteur rassurant de cette note du HCP est que le rythme de croissance des activités non agricoles (industire, services, BTP...) passerait de 3,1% cette année à 3,6% en 2014. Il accélère donc tout en restant deçà toutefois des 4,6% enregistrés sur la période 2010-2012.

Ces résultats prennent en compte, selon le HCP la conjugaison de la baisse des dépenses budgétaires d'investissement de 15 milliards de dirhams décidée début 2013, le "faible développement" de la demande mondiale vers le Maroc et le resserrement des capacités de financement de l'économie.

Mais l'hypothèse d'une campagne agricole plutôt moyenne pour 2014 a été retenue par le Haut commissariat au plan. Selon cet organisme clé dirigé par l'économiste Ahmed Lahlimi Alami la valeur ajoutée du secteur primaire agricole chuterait de 3,8% l'an prochain, ce qui explique en bonne partie la moindre performance globale attendue de l'économie.

À l'inverse, la valeur ajoutée du secteur primaire devrait connaître en cette année 2013 une très forte croissance de 14,7% suite notamment à un bond de 86,5% de la production des cultures céréalières, grâce à une pluviométrie favorable.

Au Maroc l'agriculture compte pour un niveau encore important dans la richesse nationale, autour de 15%, et concentre surtout encore 40% de la population active.

Dans le détail, sur l'année 2014, parmi les composantes de la croissance du PIB, la demande intérieure (consommation), dans son ensemble verrait sa progression fléchir à +3,2% après avoir été de +5,8% en 2013.

L'investissement brut lui s'accroitrait de 1,4% en 2014 au lieu de 0,5% en 2013.

Les exportations de biens et services pour leur part enregistreraient en 2014 une augmentation de 2,6% en volume au lieu de 1,3% en 2013. Mais l'économie du Maroc reste toujours très marquée par un poids très lourd de ses importations (deux fois plus élevées que ses exportations), en raison notamment d'une importante facture énergétique.

"La demande extérieure nette devrait continuait d'afficher une contribution négative à la croissance du PIB de l'ordre de 0,7 point en 2014" précise ainsi la note du HCP.

Au global, ces prévisions pour 2014, s'éloignent aussi des conclusions de la Banque mondiale qui estime dans ses dernières publications que l’économie du Maroc devrait progresser de 4,8% en 2014 et même 5,1% en 2015.

Le 1er février, le Conseil d’administration du FMI, a aussi accordé au Maroc des satisfécits en se félicitant de la mise en œuvre d'une politique macroéconomique efficace, d'une croissance vigoureuse, d'une inflation faible, des circuits financiers plus développés et d'une pauvreté en recul.

Mais, ce même conseil n'a pas manqué d'appeler à "redoubler d'efforts pour promouvoir une croissance plus élevée et plus solidaire, notamment en créant des emplois pour les jeunes et en réduisant les inégalités dans la distribution des revenus et l'accès aux soins de santé et à l'éducation." et de pointer aussi les déséquilibres macroéconomiques. De ce coté, le HCP n'attend pas d'amélioration.

Selon cette instance, les équilibres budgétaires et extérieurs du Maroc resteraient fortement dégradés en 2014 avec un déficit budgétaire de 5% du PIB et un déficit courant extérieur de 8% du PIB.

C'est là sans doute le défi principal, avec celui de l'emploi, pour le gouvernement du premier ministre Abdelilah Benkirane, leader du PJD (islamistes modérés,) en proie actuellement à certaines dissensions internes.

 

Nasser Djama

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1 commentaire

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25/06/2013 - 11h55 -

je comprends pas pourquoi tous nos institutions sont contre ce gouvernement, tous : les partis politiques de la majorité ou de l opposition- les ong - les organismes de etatiques etc.. tous veulent instaurer un climat de pessimisme et paradoxalement les institutions etrangeres montrent bien que il y une nette amélioration et sont encourageantes
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