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L'Usine Maroc

Maroc : trois écosystèmes pour la mécanique et "sortir le secteur de la léthargie"

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Publié le

Après plusieurs années d'attente, le secteur des industries métalliques et métallurgiques (IMM) vient de formaliser avec le ministère de l'Industrie la création de trois écosystèmes ou clusters sur la  valorisation et le travail des métaux ainsi que le machinisme agricole et les bicyclettes. Le président de la fédération FIMME, Abdelhamid Souiri revient pour L'Usine Nouvelle sur ces contrats de performance signés à Rabat avec le ministre de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy. Il dresse aussi la situation actuelle de ce secteur en difficulté.

Maroc : trois écosystèmes pour la mécanique et sortir le secteur de la léthargie
Abdelhamid Souiri président de la FIMME
© Guittet Pascal Guittet Pascal

Le secteur des Industries métallurgiques et mécaniques (IMM) au Maroc vient de signer lundi 2 mai à Rabat un accord de contrat de performance pour la période 2016-2020. Cet accord associe trois écosystèmes dont un nouveau celui des machines agricoles et des bicyclettes. Les pouvoirs publics étaient représentés par Moulay Hafid El Alamy, ministre de l'industrie du Maroc et Mohammed Boussaid, ministre des finances. Les professionnels du secteur par Abdelhamid Souiri, président de la FIMME. Les deux parties ont signé l'accord contrat de performance. L'Usine Nouvelle a demandé à Abdelhamid Souiri, président de la FIMME de le commenter. Il livre la position de la fédération qu'il préside et voit dans l'accord un premier pas de sortie de crise.

L'Usine Nouvelle : Quels sont les détails du contrat de performance qui a été signé  entre votre fédération et l'Etat?

Abdelhamid Souiri : Dans la durée, il va s'étaler de 2016 jusqu'à 2020. Il devrait générer 13 000 emplois additionnels, 1,7 milliard de dirhams de valeur ajoutée (1 000 dirhams = 92 euros) , 11 milliards de dirhams de chiffre d'affaires additionnel, 2 milliards de dirhams d'investissement et 2,3 milliards de dirhams de gains en termes de balance commerciale.

Pouvez-vous nous rappeler les écosystèmes qui ont été retenus ?

Il s'agit de ceux de la valorisation des métaux et du cuivre et celui du travail des métaux. A ces deux écosystèmes est venu se greffer un nouveau relatif aux machines agricoles et les bicyclettes. Pour les autres secteurs nous verrons plus tard.

Quelles sont les aides de l'Etat ?

C'est un soutien adapté à l'investissement à travers le fonds de développement industriel. L'Etat met aussi à la disposition de la profession un foncier locatif de 37 hectares où vous n'êtes pas obligé d'être propriétaire du terrain et alourdir le budget d'investissement.

Il faut citer aussi la mise en place d'une offre de formation. L'Etat assurera également un dispositif réglementaire relatif à la traçabilité des transactions des déchets des métaux. A cela s'ajoutent les mesures pour favoriser l'intégration locale dans les grands projets. C'est comme vous le savez l'un de nos chevaux de bataille. Sans intégration industrielle soutenue, on ne peut avancer.

Est-ce que les accords signés entre la profession et le gouvernement sont conformes à ce que vous attendiez?

Comme vous le savez, notre secteur traverse des moments difficiles pour différentes raisons. Je n'ai pas besoin de revenir dessus encore une fois tant ils sont connus. Seulement il faut retenir que la signature de ce contrat de performance pour les IMM est un premier pas pour sortir notre secteur de la léthargie dans laquelle il se trouve. Nous avons encore du chemin à faire. Nous avons aussi d'autres écosystèmes à mettre en place.

Est-ce que ça veut dire que tous les écosystèmes des IMM n'ont pas été intégrés dans l'accord contrats de performance?

Il y a effectivement deux gros écosystèmes qui malheureusement pour des raisons indépendantes de notre volonté, en tant qu'industriels ont été reportés à une date ultérieure. Ces écosystèmes sont ceux de la réparation et de la construction navale et l'écosystème ferroviaire.  Ce dernier formera d'ailleurs le plus gros de nos écosystèmes.

Qu'allez-vous faire ?

C'est une page qui est tournée. Nous pensons que cet accord nous apporterons un peu d'oxygène dont nous avons grandement besoin. Mais aussi va redonner de l'espoir aux opérateurs et industriels de notre secteur.

Avez-vous une idée plus précise du montant global dont va bénéficier la filière des IMM?

Des conventions vont être signées très prochainement pour définir avec précision tout ce qui doit être fait.

Des facilités d'implantation pour les entreprises étrangères?

Naturellement, une entreprise étrangère peut s'installer au Maroc dans les IMM et bénéficier des mêmes avantages que ceux qui sont accordés aux entreprises locales. Tous ces avantages vont être précisés.

À quelle date le projet entre-t-il en vigueur?

Il faut s'atteler de suite au travail. Il y aura la création dans les jours qui viennent d'une commission de suivi composée de membres de la FIMME et de membres du ministère. Il y aura des ressources à recruter et travailler en collaboration pour aller le plus vite possible.     

L'année électorale dans laquelle se trouve le Maroc, avec les législatives le 7 octobre,  va-t-elle avoir une incidence sur le déploiement du plan ?

Les projets lancés vont continuer indépendamment des impératifs de la vie politique du pays. Les budgets ont été définis et signés en présence des ministres de l'Industrie et de celui des Finances. Il y aura ensuite une continuité normale du service public et de l'administration. Il serait aberrant de signer une convention d'une telle importance pour qu'elle ne puisse voir le jour dans les délais prévus pour raisons électorales.    

Le plan d'aide sera-t-il réparti équitablement selon les secteurs?

L'enveloppe définie varie en fonction du montant de l'investissement et de la nature des projets. Le plan d'aide s'adresse aux PME jusqu'à 200 millions de dirhams de chiffres d'affaires. Aucun écosystème ne sera plus privilégié par rapport à un autre, si c'est le sens de votre question.

Que doit faire une PME pour bénéficier de cette aide?

Des appels à projets seront lancés. Les entreprises intéressées qu'elles soient marocaines ou étrangères déposeront dans ce cas leur candidature en fonction des projets qui les intéresse. Si leur dossier est validé, dans ce cas, elles bénéficieront de l'aide prévue de plein droit.

Votre fédération sera-t-elle associée dans des projets de grande envergure comme celui de l'implantation de PSA à Kenitra dans l'automobile par exemple?

Notre fédération de par sa nature est présente dans toutes les activités industrielles. Aussi bien dans l'écosystème de Renault que dans celui futur de PSA, les IMM sont présentes même s'ils restent des écosystèmes à part.

L'automobile fait appel à nos industries à travers ses activités de montage, de tôlerie ou d'emboutissage. Au Maroc, l'automobile et l'aéronautique ont été dissociés des IMM. Mais cela n'empêche pas des aciéristes par exemple de pouvoir les livrer.  

Propos recueillis par Nasser Djama  

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