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L'Usine Maroc

Maroc Telecom a pris possession de six filiales africaines d'Etisalat

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Le leader marocain des télécom vient de boucler le rachat de 6 filiales africaines de son actionnaire à 53%, l'émirati Etisalat. Prix : 457 millions d'euros pour environ 8 millions de lignes mobiles et un chiffre d'affaires additionnel de 445 millions d'euros.

Maroc Telecom a pris possession de six filiales africaines d'Etisalat
Publicité Moov Côte d'Ivoire, nouvelle filiale de Maroc Télécom.

Maroc Telecom s’étend en Afrique. Le groupe a indiqué le 26 janvier avoir finalisé l’acquisition des filiales d’Etisalat présentes au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Niger, en République Centre-africaine et au Togo.

"Le prix final de la transaction est de 474 millions d’euros, correspondant à la reprise de la participation d’Etisalat dans ces opérateurs ainsi que sur le rachat par Maroc Telecom des prêts d’actionnaires", a précisé un communiqué du groupe.

Cette opération avait été annoncée en mai 2014. Elle faisait suite au rachat à Vivendi pour 4,1 milliards d'euros de 53% de l’opérateur historique et leader marocain par le groupe d’Abu Dhabi Etisalat. Ce dernier qui, peinait à les développer, a décidé de céder ses activités ouest-africaines à Maroc Telecom.

Les opérateurs repris sont pour la plupart réunis dans l’entité Atlantique Télécom et utilisent la marque Moov.

Cette acquisition vient renforcer l’emprise de Maroc Telecom en Afrique sub-saharienne qui sera désormais présent dans 10 pays.
Maroc Telecom était déjà entré en Mauritanie en 2001 ainsi qu'au Gabon, au Burkina Faso, et au Mali entre 2006 et 2009, ce via les opérateurs Mauritel, Gabon Telecom, Onatel et Sotelma.

L’opération avec Etisalat inclut également la société Prestige Telecom qui fournit des prestations IT pour le compte des filiales d’Etisalat dans ces pays, précise le communiqué. A noter que ce début janvier, le gouvernement du Togo a refusé le transfert du contrôle d'Atlantique Telecom Togo (ATT) d'Etisalat à Maroc Telecom car au préalable une part de 30% du capital d'ATT doit être reservée à des entreprises togolaises. Un contretemps sans doute provisoire.

Près de 100 millions d'euros d'EBE
Selon les estimations de BMCE Bourse, les six nouvelles filiales de Maroc Telecom devraient lui apporter un chiffre d'affaires additionnel de 445 millions d'euros et une excédent brut d'exploitation (EBE) additionnel de 97,9, millions d'euros, soit une marge d'EBE moyenne de 22% (contre 47,7% pour les filiales africaines actuelles de l'opérateur).

Par ailleurs au Gabon, Moov Gabon et Gabon Telecom devraient fusionner après accord des autorités. Au final, Maroc Telecom représentera 42 millions de lignes mobiles actives, dont 23 millions hors du Maroc. Etisalat garde le contrôle de ses activités au Nigéria, en Egypte ou en Tanzanie.

Pour rappel, selon la Banque mondiale, le continent africain compte plus de 650 millions de lignes mobiles. Un marché que se partagent une myriade d'opérateurs, avec quelques poids lourds comme Airtel, MTN, Vodafone, Orange ou Millicom.

Le cabinet de consultant Oliver Wyman estime sur 2013 le chiffre d'affaires de ce secteur en Afrique sub-saharienne à environ 40 milliards de dollars et table sur 50 milliards de dollars avant 2020. Les télécoms en Afrique sont aussi au centre d'un foisonnement de nouveaux segments de marché et services comme le m-banking.

Mais ce secteur n'est pas un jackpot gagnant à tous les coups. Les activités en Afrique francophone d'Etisalat qui avaient du mal à les développer présentent ainsi, selon les pays, des résultats contrastés et cet ensemble a vu ses ventes reculer de 5% au troisième trimestre 2014.

Via le communiqué, Abdeslam Ahizoune (photo), président du directoire de Maroc Telecom s’est néanmoins félicité : "la finalisation de cette acquisition marque une importante étape dans le développement du groupe Maroc Telecom et renforce son positionnement stratégique en tant qu’acteur majeur des télécoms en Afrique présent dans 10 pays à fort potentiel de croissance. Par cette opération, Maroc Telecom appuie la politique de coopération économique Sud-Sud du Royaume du Maroc en Afrique."

Pour l'opérateur marocain, cette expansion internationale vient compenser le stagnation de ses revenus de son marché domestique où il affronte sur le mobile ses deux concurrents Méditel (40% Orange) et Inwi (Zain / SNI).

S'il reste le grand leader (et très rentable) du marché marocain du fixe, du mobile et de l'internet, Maroc Telecom est en train de voir les derniers pans de son ancien monopole domestique s'effacer. L'opérateur est ainsi engagé dans un dialogue musclé avec le régulateur marocain (ANRT) sur les conditions d'accès à son génie civil et notamment à sa boucle et sous-boucle locales pour Méditel et Inwi.

Le groupe d'Abdeslam Ahizoune se prépare par ailleurs à d'importants investissements sur le futur marché marocain de la 4G pour lequel un appel d'offres sur les licences a été lancé fin 2014. Une technologie 4G qu'Itissalat Al-Maghrib, son nom officiel, a déjà déployé... dans sa filiale Gabon Telecom.

Pierre-Olivier Rouaud

Bénéfices en repli
Opérateur historique du royaume, Maroc Telecom a affiché au premier semestre un chiffre d'affaires consolidé stable à 14,6 milliards de dirhams (+0,7%), soit 1,3 milliard d'euros. Son résultat net avait lui chuté de 12,7% à 3 milliards de dirhams (270 millions d'euros). Si les activités marocaines déclinaient sur cette période tant en chiffre d'affaires (-2,4%) qu'en Ebitda (-7,0%), ses filiales internationales connaissaient une croissance de 10,7% du chiffre d'affaires et de 4,4% concernant l'Ebitda. Au troisième trimestre 2014, le chiffre d'affaires consolidé a retrouvé la hausse (+4,2%), l'Ebitda restant stable.
Coté à la bourse de Casablanca, Maroc Telecom y est la plus grosse capitalisation et pèse autour de 100 milliards de dirhams (9,1 milliards d'euros). Le 27 janvier, son cours a fini la séance quasiment inchangé à 125,05 dirhams (-0,08%). Sur un an en glissement le titre a gagné plus de 28%.

 

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