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L'Usine Maroc

Maroc, soleil, cheminées et climat

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Publié le , mis à jour le 23/11/2015 À 17H00

Hors norme ! Dans quelques semaines, à Ouarzazate, dans le sud du Maroc, sera mise en service Noor 1, la plus grande centrale thermosolaire à concentration au monde (photo ci-dessous)). Avec 500 000 miroirs alignés au bord du désert, l’installation de 160 MW, réalisée par le saoudien Acwa Power, dans le cadre d’un partenariat public-privé, fait la fierté du royaume. À l’heure de la COP 21 et alors que Marrakech accueillera la COP 22 en 2016, elle n’est qu’une des premières étapes du méga-plan marocain de développement des énergies renouvelables.

Après Noor 1, Ouarzazate accueillera deux autres centrales thermosolaires géantes, dont les travaux viennent de débuter. Plusieurs fermes photovoltaïques seront déployées dans tout le royaume. À cela s’ajoute un important programme éolien, notamment un appel d’offres de 850 MW autour duquel se pressent EDF, Engie, Vestas, Acciona ou encore Alstom. Avec ce vaste plan, qui totalise au bas mot 8 milliards d’euros, en grande partie financé par des prêts multilatéraux et autres banques de développement, le Maroc veut apparaître à la pointe de la transition énergétique.

But affiché : atteindre 42 % de sa capacité électrique installée en 2020 avec des renouvelables. Du coup, beaucoup - y compris "Monsieur Climat", François Hollande, lors de son passage à Tanger en septembre - en ont conclu hâtivement que le Maroc tirerait bientôt près de la moitié de sa consommation électrique des énergies vertes. Las ! Il y a loin de la coupe aux lèvres.

Dans ce pays, comme ailleurs, capacité installée ne signifie pas production. Du fait de l’intermittence des énergies renouvelables, et malgré un ensoleillement généreux et des vents favorables, le royaume, au terme de son programme, aura de la peine à tirer de ses méga-projets écolos plus de 15 % de sa consommation électrique. Pour épancher la soif de courant de son économie, le Maroc est en train de renforcer son système électrique avec de grosses centrales… à charbon.

L’une d’elles, d’une puissance de 1 386 MW, à laquelle participe Engie, verra ses cheminées dominer le port de Safi. Rabat prépare également le lancement d’un réseau de centrales à gaz naturel liquéfié (GNL). À l’orée de la conférence de Paris, le cas marocain symbolise toute la problématique de la transition énergétique dans les pays du Sud.

Ceux-ci sont confrontés aussi bien à l’envol de leur demande électrique qu’à la faible intensité et à l’intermittence des énergies renouvelables (excepté l’hydraulique). Pour ces pays, y compris les plus pauvres, passer à une électricité verte signifierait doubler, voire tripler, leurs investissements, par rapport aux énergies fossiles. C’est là tout l’enjeu de l’enveloppe de 100 milliards de dollars par an qui leur est destinée et qui doit ressortir de la COP 21. Ne coupez pas ! 

Pierre-Olivier Rouaud

 

 

 

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