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L'Usine Matières premières

Maroc : polémique autour de l'importation de déchets italiens destinés à être brûlés en cimenterie

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Quelques 2 500 tonnes de déchets banals en provenance de Naples en route vers le port de Jorf Lasfar, destinés à êtré utilisés par les cimentiers comme combustible créent l'émoi au Maroc. Les réseaux sociaux et des associations écologistes s'alarment. Le gouvernement  a du faire plusieurs mises au point en mode rattrapage. La ministre de l'Environnement assure que l'opération est conforme au droit marocain et international.

Maroc : polémique autour de l'importation de déchets italiens destinés à être brûlés en cimenterie
Hakima El Haite, ministre de l'environnement
© http://ec.europa.eu/

"La décision d’importer ces déchets italiens n’a pas encore été prise. Deux autres analyses capitales devraient être effectuées sur ces 2 500 tonnes de déchets de type RDF" a du se justifier, le 5 juillet  Hakima El Haité, ministre de l'environnement suite à la découverte de l’importation de plusieurs tonnes de déchets en provenance d'Italie du type Refuse Derived Fuel (RDF).

Ces déchets conditionnés en bale sont constitués pour la plupart de plastiques à priori non dangereux et de pneus. Ils sont voués à être utilisés en combustible de substitution à l’énergie fossile dans les cimenteries, une pratique très répandue mais strictement encadrée en Europe.

Le ministère de l'environnement a tenté de justifier la présence de ces déchets sur le sol marocain. Une opération réalisée selon le ministère "en conformité avec les dispositions de la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination, de ses textes d'application et de celles de la convention de Bâle relative aux mouvements transfrontières des déchets que le Maroc a adopté en 1995."

Les déchets importés auraient faits l'objet d'un contrat d'importation légal d'un cimentier. Mais une pétition lancée sur Internet sous le titre "tirer la sonnette d’alarme" a réussi à recueillir plus de 18000 signatures pour tenter de contrecarrer le projet.

Les réseaux sociaux et plusieurs sites d’information ont résumé en quelques mots la situation : "Le Maroc n’est pas une poubelle !". Sur la page Facebook de la Coalition marocaine pour la justice climatique (CMJC), on peut lire "Nous ne voulons pas que notre pays se transforme en poubelle des pays industrialisés."

Au royaume, la convention cadre sur les déchets (Industriels, dangereux, banals et ménagers) et la convention de partenariat pour la mise en place d’une filière de valorisation des pneus usés, signés en juin 2014 est censé baliser pourtant le terrain des cimentiers, réunis au sein de leur fédération APC, sur ce point sensible.

"Avec la signature de ces deux accords, les cimentiers marocains mettent à la disposition des responsables de l’environnement la puissance d’incinération et d’élimination économique et écologique des déchets que représente les fours cimentiers repartis dans toutes les régions du pays ainsi que l’expertise acquise depuis 2004 en matière d’élimination et de valorisation des déchets, et ce conformément à la réglementation en vigueur" écrivait de son côté l'APC sur son site internet avant le déclenchement de cette polémique.

De fait, les fours de cimenterie ont une grande vertu. Du fait de leur température extrême, autour de 1400°C, ils détruisent non seulement les déchets mais aussi une grande partie des polluants... sous réserve de dispositifs de filtration adéquat notamment pour les dioxines et Nox.

À l'approche de la COP22 qui se tient à Marrakech du 7 au 18 novembre, le gouvernement marocain communique de plus en plus fortement sur les sujets ayant trait à l'environnement, enjolivant parfois le réel. Car cette affaire montre qu'entre les déclarations de principe et les réalités du terrain, il y a encore de la distance, sans préjuger du fond, pour le moins en matière de transparence de l'information. Sans parler de la constitution de filières de traitement : ainsi il n'y pas encore de filières formalisées pour les déchets industriels dangereux produits sur le sol marocain qui eux, souvent, prennent le bâteau... pour quitter le Maroc..

N.D. avec P.-O. R.

 

Image du débarquement des balles de déchets à El Jadida relayée par l'association Credd

 

 

 

 

 

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