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L'Usine Maroc

Maroc numeric cluster : "Au Maroc, notre principal souci est de faire du développement humain", selon Mehdi Kettani

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Publié le

Maroc Numeric Cluster a été créé en 2010 à Casablanca. En 2011, il a signé un accord avec son homologue français Systematic. Dédié aux technologies de l'information et de la communication (TIC), il a obtenu la distinction "Bronze label certificate" de l'European cluster excellence en 2012. En juin 2013, il a conclu un accord de partenariat avec le breton Images et réseaux. L'Usine Nouvelle a demandé à son président Mehdi Kettani, de dresser un bilan de son action et des pôles de compétitivité au Maroc.

Maroc numeric cluster : Au Maroc, notre principal souci est de faire du développement humain, selon Mehdi Kettani © marocnumericluster

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

L'Usine Nouvelle : Où en êtes-vous par rapport à Maroc numeric Cluster ?

Mehdi Kettani : Maroc Numeric Cluster a été créé en novembre 2010. Nous avons signé un contrat programme avec l'État en septembre 2011 pour démarrer réellement à la fin de l'année. Nous avons fixé 5 engagements. Développer le cluster, les projets innovants et collaboratifs, mobiliser les compétences, faciliter l'accès au marché de l'innovation et connecter l'innovation marocaine à l'international. Nous avons aujourd'hui 42 membres à Maroc Numeric Cluster qui s'intéressent à l'innovation. Nous avons quatre thématiques : les services mobiles, le multimédia, le progiciel et la monétique et la sécurité du système d'information. Nous accordons également à nos membres un label pour leur projet après l'avoir évalué. Le projet ainsi labellisé aura une caution de poids pour décrocher des financements ou des marchés.

Quel en est le coût ?

Il dépend de la taille de l'entreprise. Si c'est une startup, le coût forfaitaire va être de 2000 dirhams par an (180 euros environs NDLR). Une grande entreprise va s'acquitter d'un montant à partir de 3000 euros annuels (33300 dirhams environ NDLR).  Nous avons fait en sorte que la capacité à devenir membre soit la plus simple possible. Les admissions sont validées en conseil d'administration et en conseil exécutif. Nous avons même dû réévaluer le montant de la cotisation parce que son niveau a été jugé trop bas.

Comment fonctionne le système de financement ?

Le cluster en lui-même est une association qui ne produit pas de l'innovation. Ce sont les entreprises et les universités qui innovent. Les financements sont nécessaires pour créer des partenariats et aider les innovateurs pour qu'ils puissent présenter leur projet. L'Etat nous finance aujourd'hui aux deux-tiers, mais devons aussi chercher ailleurs d'autres sources de financement. Notre budget de fonctionnement est de l'ordre de 200 000 euros (2,2 millions de dirhams). Le financement des clusters doit se faire soit par l'État soit par les grandes entreprises. Dans tous les cas, l'aide du gouvernement reste précieuse.

Avez-vous un exemple précis de coopération ?

Suite à l'accord signé avec Images et réseaux, on peut aujourd'hui avoir accès à ImaginLab, une plateforme gérée sous forme de datacenters qui contient un ensemble de solutions informatiques et un réseau 4G et LTE sur la ville de Brest. C'est une opportunité énorme pour le Maroc. MNC peut ainsi étudier l'éligibilité d'une entreprise marocaine pour accéder à ces technologies. Si un opérateur marocain souhaite utiliser cette technologie dans le cadre de la TNT, nous le mettrons en contact avec le cluster français à cette fin. 

D'accord pour les intentions, mais est-ce que ça marche dans les faits ?

Bien sûr. Nous avons déjà des membres d'Images et Réseaux qui sont rentrés en contact avec des opérateurs marocains. Par exemple, nous avons une entreprise dans la "silver technology" (coordination et suivi des soins à distance pour les personnes âgées et handicapées NDLR) pour développer des applications pour les personnes de troisième âge. Le 14 novembre prochain, nous participons au projet "loading the future" organisé par Images et Réseaux. L'un de nos membres fera même partie du jury international.

Avez-vous des exemples concrets à nous citer pour bien comprendre ?

Bien sûr. Agribourse est une bourse pour les agriculteurs. L'idée est de proposer aux agriculteurs la possibilité de consulter les cours des fruits et légumes dans le monde. Notre cluster a aidé cette startup et nous lui avons accordé notre label. Grâce à notre aide, elle a obtenu un financement. Pour l'agriculteur, le bénéfice est évident. Il va retrouver grâce à cette application exactement le bon endroit où acheter ou vendre ses produits. En solo, ce marché est pratiquement impossible à attaquer. Une autre startup a développé une application de détection des accidents accessible sur mobile grâce à l'implantation d'un accéléromètre. L'application va détecter la forte décélération suite à l'accident. Un service d'alerte démarre alors pour alerter un ou plusieurs proches de l'accidenté. Il peut aussi alerter, la compagnie d'assurance, l'hôpital ou le commissariat le plus proche. A partir de cette idée, le cluster se charge de trouver le financement et le marché pour cette application.

Quelle est la logique des pôles de compétitivité au Maroc ?

L'objectif d'un pôle de compétitivité en soi est d'arriver à servir d'interface. L'idée sous-jacente est la  coopération car elle donne de meilleurs résultats et elle est aussi source d'une meilleure compétitivité. Nous avons signé un contrat programme avec l'Etat autour du plan Maroc Numeric  2013 qui conforte cette idée. Dans le monde des technologies de l'information, depuis longtemps, il n'existe plus de frontières. Le but est d'aller chercher le lieu le plus optimisé pour produire là où il se trouve.  Plusieurs technologies de l'information ont d'ailleurs un nom qui commence par open comme open data ou open source, c'est de l'ouverture qu'il s'agit.

Comment se situe le Maroc dans ce domaine ?

Le cluster a révélé un vrai potentiel d'innovation au Maroc. L'innovation existe davantage dans la PME ou la TPE qu'il faut aider et valoriser. Le Maroc importe même parfois des technologies qu'il est capable de fabriquer. Grâce à la coopération entre clusters, on peut progresser en évitant d'avoir recours à des entreprises étrangères pour faire par exemple des applications pour mobiles si nous sommes capables de les développer sur place. La coopération permet de cibler les besoins de chaque partenaire. Nous faisons le pari de nous connecter constamment à d'autres clusters. Même les grandes industries ne peuvent se développer si elles ne sont pas connectées au reste du monde.

L'exemple que vous donnez n'est-il pas révélateur de difficultés ?

Au Maroc, notre principal souci est de faire du développement humain. Faisons en sorte que les  technologies de l'information répondent à ce besoin car la fracture numérique existe aussi au Maroc. Accélérons l'informatisation des PME marocaines qui ne le sont pas encore ou insuffisamment. L'objectif est de faire des technologies de l'information un gisement d'emploi pour le pays.

Quel est votre analyse de la situation des clusters au Maroc ?

Aujourd'hui, il n'y a pas suffisamment de clusters au Maroc. Le nôtre travaille sur les interfaces entre les différents acteurs du secteur entreprises ou universités. Dans les technologies de l'information, il n'y a d'ailleurs qu'un seul cluster. Le plan émergence qui consiste à faire venir des investisseurs internationaux dans le domaine des TI avait prévu de mettre en place des infrastructures qui soient au standard international. Ce qui a été fait. 

Le Maroc est partie prenante du programme H2020. En quoi consiste-t-il ?

Il y a un programme Horizon H2020 qui va être lancé en 2014. C'est un programme européen de financement des projets de recherche. Ce programme peut impliquer des entreprises dans le cadre d'un consortium. Le Maroc est éligible à ce programme en faisant partie d'un consortium. Le but est de se préparer à répondre aux appels d'offres dès qu'ils seront lancés en 2014.

Le concept de co-localisation concerne-t-il les pôles de compétitivité ?

Je le pense. En France, on s'inquiète beaucoup des délocalisations. Le Maroc n'a jamais été concurrent de la France et ne le sera jamais. La colocalisation aide la France à être plus compétitive. Le Maroc est un partenaire stratégique pour la France. Le monde a suffisamment évolué pour passer à la coopération. Le discours à tenir aujourd'hui est celui de dire si vous voulez produire de la valeur, coopérez. Il ne faut pas craindre la concurrence. Elle existe partout. Aujourd'hui il n'est pas rare de rencontrer des entreprises concurrentes s'associer à un même projet et devenir plus compétitive.

Propos recueillis par Nasser Djama

 

Maroc numeric cluster en quelques dates
24/11/2010 : Assemblée générale constitutive
12/07/2011 : Accord de coopération avec Systematic France
06/09/2011 : Signature contrat programme avec l'Etat
20/01/2012 : Visite benchmark Systematic
05/04/2012 : Appel à projets du Centre marocain de l'innovation
06/11/2012 : "Bronze label certificate" de l'European cluster excellence

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