Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Maroc

Maroc : Maghreb Steel montre de premiers signes de redressement

, ,

Publié le

Les indicateurs semestriels publiés par le sidérurgiste marocain Maghreb Steel en grandes difficultés depuis trois ans affichent un retour à l'équilibre de son résultat d'exploitation. La perte nette est divisée par huit. Ses ventes au premier semestre ont bondi de 37% en volume. Le groupe rechercherait désormais un partenaire industriel étranger.

Maroc : Maghreb Steel montre de premiers signes de redressement © maghrebsteel

Vers une sortie de crise pour Maghreb Steel ? Les résultats semestriels publiés la semaine dernière montrent en tout cas une amélioration pour le sidérurgiste marocain, seul producteur d'acier plat du pays. Celui-ci dont l'usine est située à Mohammedia près de Casablanca connait de graves difficultés depuis trois ans.

Au premier semestre, le chiffre d'affaires s'affiche en hausse de 10,6% à 1,35 milliard de dirhams (1000 dirhams=92 euros).

Selon le quotidien La Nouvelle Tribune citant des sources internes, ses ventes en volume sont en croissance sur la période de 37% à 196 000 tonnes d’acier.

Positif, le résultat d'exploitation s'élève à 10,96 millions de dirhams contre un déficit de 231 millions de dirhams au 1er semestre 2015.

Le résultat net ressort toutefois encore en pertes mais divisées par huit : 37,28 millions de dirhams contre 301 millions de dirhams l'an dernier.

De restructuration en restructuration, de plan de sauvetage en plan de sauvetage, la vie du spécialiste marocain de l'acier plat n'a pas été un long fleuve tranquille. Le montant de l’endettement financier de l’entreprise atteint les 4,5 milliards de dirhams pour seulement 52 millions de fonds propres (après 2,5 milliards de pertes sur le premier semestre 2015).

Interrogé par L'Usine Nouvelle la semaine dernière Moulay Hafid Elalamy ministre de l'Industrie affirme à propos de l'entreprise "elle fonctionne maintenant. Le management qui était familial a été professionnalisé et changé."

Les différentes parties prenantes dont une vingtaine de créanciers (la plupart des grandes banques marocaines sont "collées" avec ce dossier) avaient fin 2015 conduit la restructuration des dettes du groupe et notamment souscrits un emprunt obligataire de 82 millions d'euros pour permettre à l'entreprise de rembourser ses dettes à court terme et la poursuite d'exploitation..

Interrogé par L'Usine Nouvelle sur les enjeux de cette restructuration de l'endettement, son directeur général délégué, Amine Louali, jeune polytechnicien, transfuge de l’OCP avait alors déclaré qu'il s'inscrivait dans le cadre"d'un accord tripartite entre l'État, les actionnaires et les établissements financiers".

Chaque partie prenante a eu, selon lui, son rôle à jouer. L'État s'était engagé à prendre les mesures de protection extérieures antidumping, ce qu'il a fait. Les actionnaires ont injecté des fonds propres. Les banques et les porteurs de billets de trésorerie se sont engagés de leur côté dans une restructuration globale. Des échéances de remboursement et des billets de trésorerie ont été notamment transformés en titres obligataires.

renforcement progressif du management

Créé en 1975 par la famille Sekkat, Maghreb Steel, ayant lourdement investi à contre cycle juste avant la crise de 2008 d'où des pertes records ayant été suivis en octobre 2014 par l'arrivée d'un nouveau management avec la nomination d'Aamar Drissi au poste de directeur général.sous la pression des créanciers et de l'Etat. A cela s'est ajouté, le renforcement progressif du management par le recrutement d'une cinquantaine d’ingénieurs.

Selon La Nouvelle Tribune, la phase actuelle de redressement serait suivie d'une autre plus stratégique. "Après la réorganisation, il (Maghreb Steel) vise une coopération, un partenariat. En effet, il cherche activement à associer Maghreb Steel à un opérateur industriel international d’envergure, brésilien, sud-coréen ou allemand, on n’en connaît pas encore la nationalité !", indique le journal citant la direction.

Quant à savoir si Maghreb Steel, dont le siège social se trouve à Casablanca, est tiré d'affaire, c'est Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur directeur général exécutif du groupe BMCE  Bank of Africa, qui souffle la réponse en répondant à une question sur Maghreb Steel (et Alliances, groupe immobilier lui aussi en difficultés financières) dans un entretien fin septembre au quotidien L'Economiste : "On ne sortira de l’affaire qu’au bout de quelques temps, lorsque ces entreprises auront retrouvé leur rythme de croisière de création de richesses".

Le site de Mohammedia de Maghreb Steel emploie plus de 1500 personnes avec une capacité de l'ordre d'un million de tonnes. Il compte notamment une aciérie électrique, des laminoirs à chaud de bobines et de tôle forte et un laminoir à froid. Pour rappel, le sidérurgiste historique du pays est Sonasid, filiale minoritaire d'ArcelorMittal aux cotés du groupe familial royal SNI.

Maghreb Steel qui, les bonnes années, a exporté 40% de sa production accuse depuis 2013 ses concurrents européens ou turcs de plomber le marché marocain par des prix trop bas à l'importation, ce qui avait conduit le gouvernement a instaurer plusieurs mécanismes de sauvegarde anti-dumping. Et à ce sujet, la Turquie a, introduit le 4 octobre une plainte contre le Maroc auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester des droits additionnels appliqués sur certains produits en acier laminés à chaud.

N.D. et P.-O. R.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle