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L'Usine Maroc

Maroc : le gouvernement table sur 4% de croissance en 2014

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La priorité affichée du projet de loi de finances 2014 au Maroc est la maîtrise du déficit budgétaire et des comptes extérieurs. Après une croissance qui, devrait approcher 5% cette année, le gouvernement table sur une progression de 4% de l'économie en 2014. Le Maroc va dépasser les 100 milliards de dollars de PIB pour la première. Malgré un satisfecit général sur la politique macro-économique, le FMI pointe lui le retard dans la réforme des subventions publiques aux carburants. 

Maroc : le gouvernement table sur 4% de croissance en 2014
Abdelilah Benkirane à droite avec le vice-président de la banque Européenne d'investissement Philippe de Fontaine Vive
© pm.gov.ma

 
Tout comme au nord de la Méditerranée, la rigueur est au menu pour le budget 2014 du Maroc. Dans sa note de cadrage diffusée la semaine dernière en vue de la loi de finance 2014, le chef du gouvernement Abdeliliah Benkirane, leader du parti islamiste modérée PJD (Parti de la justice et du développement) au pouvoir dans le cadre d'une coalition, met l'accent sur la maîtrise les équilibres budgétaires et extérieurs.
 
"La maîtrise du déficit budgétaire est une responsabilité collective du gouvernement et de ses partenaires, ce qui exige une vigilance continue et un suivi rigoureux de l'état des finances publiques de la part de tous les départements et la mise en place de mesures urgentes et appropriées.", indique le texte.
 
Cette rigueur s’explique aisément. 
 
Les comptes publics sont toujours dans le rouge. Après plus de 7% de PIB de déficit public en 2012, celui-ci s'élèvera à 5,5% cette année selon Bank Al Maghrib la banque centrale marocaine. Un chiffre qui a lui seul s'explique par les subventions aux produits de base (Caisse de compensation), un système que le gouvernement a réformé ce mois de septembre ("désindexation").
 
En 2012, ce système à lui seul a coûté 53,4 milliards de dirhams (5 milliards d'euros), soit 6,6% du PIB et la quasi totalité du déficit budgétaire. 
 
Dans un autre registre, les comptes extérieurs du Maroc sont eux aussi très dégradés puisque les exportations couvrent tout juste 50% des importations, illustrant un important problème de compétitivité internationale.
 
Pour le budget 2014, la note de cadrage d'Abdelilah Benkirane prévoit notamment la révision globale de la TVA, la fin de la non imposition des grands agriculteurs et aussi une réforme à venir des systèmes de retraites prévue en deux phases en 2014 avec la Caisse marocaine des retraites (CMR) en première ligne.
 
En matière de cadre des affaires, le gouvernement précise le texte "poursuivra ses efforts pour encourager et inciter le secteur privé à multiplier ses investissements et à produire davantage notamment dans le domaine de l'industrie, à travers la facilitation de l'accent au soutien financier et immobilier public, la révision des modalités d'exploitation des zones industrielles, la simplification des procédures, l'amélioration des prestations de services adressés aux investisseurs et la mise en place du système de création électronique des entreprises".
 
À noter aussi le projet de réserver 20% des marchés publics programmés aux PME, tout en veillant à "l'application de la préférence nationale."
 
Les investissements publics qui ont déjà été rabotés de 1 milliard de dirhams (90 millions d'euros) en cours d'année restent contenus.
 
Mais à la différence des pays européens confrontés à une croissance atone, au Maroc, le gouvernement aura le vent dans le dos en terme de croissance. Le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 5,1% au deuxième trimestre 2013 selon le Haut-commissariat au plan (HCP), avec une inflation contenue à 1,8% en glissement annuel. La hausse des prix devrait être contenue à 2,5% l'an prochain selon le FMI
 
Cette année, la croissance devrait s'élever entre 4,5% et 5% selon Bank Al Maghrib. Un net rebond comparé aux 2,6% de 2012.
 
L'exceptionnelle récolte agricole, l'accroissement sensible des revenus nets des MRE (Marocains résidents à l'étranger) expliquent en partie ce résultat.
 
Pour son projet de budget le gouvernement table sur une croissance de 4% en 2014.
 
De son côté, le FMI (Fonds monétaire international) vient de publier un nouveau rapport sur le royaume (voir l'intégralité du texte ci-dessous) et prévoit une croissance de 3,8% l'an prochain (4,8% hors secteur primaire). 
 
Du fait de son fort déficit des comptes courants, le Maroc a obtenu auprès du FMI une ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 6,2 milliards de dollars (non tirée) il y a un peu plus d'un an.
 
Le FMI dans sa note récente donne un satisfecit global au royaume ("the authorities have taken important measures to reduce fiscal and external vulnerabilities") tout en pointant du doigt le fait que le pays n’a pas tenu ses engagements en matière de calendrier de réforme du système de subventions aux carburants. 
 
L'institution de Bretton Woods a toutefois clairement confirmé la ligne de précaution et de liquidité. Selon le FMI, le déficit de la balance courante s’élèvera 7,2% du PIB en 2013 et 6,1% en 2014.
 
Quant au PIB nominal après avoir été en 2012, de 96,1 milliards de dollars, il est attendu selon le FMI à 104,8 milliards de dollars en 2013 dépassant ainsi pour la première fois le chiffre symbolique des 100 milliards de dollars.
 
 
Nasser Djama avec Pierre-Olivier Rouaud 

 

Incertitude politique
Ce budget s'inscrit dans une période particulière. L'Istiqlal une des composantes de la majorité depuis les élections de novembre 2011 qui détenait notamment le portefeuille des finances a quitté le gouvernement cet été. Le PJD est en discussion depuis début juillet avec d'autre parti notamment le RNI (Rassemblement national des indépendants), dirigé par Salaheddine Mezouar pour se constituer une majorité, sans succès jusqu'ici.

 

Morocco Second Review Under the Precautionary and Liquidity Line by L'Usine Nouvelle

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