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Maroc : la société portugaise de transformation de fruits Frulact renforce sa chaine de valeur

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La filiale du groupe portugais Frulact au Maroc vient de mettre en place une deuxième unité de production à Larache, spécialisée dans le traitement des fruits bruts formant ainsi une chaine de valeur intégrée dans la transformation de fruits pour servir ses clients industriels laitiers. Entretien exclusif avec son président João Miranda .

Maroc : la société portugaise de transformation de fruits Frulact renforce sa chaine de valeur
Frulact est né dans le Nord du Portugal, à Maia, en 1987.
© frulact

Frulact vient de créer à Larache à côté de son usine Fruprep, une nouvelle unité, Innovafruits en amont dédiée à la première transformation de fruits. Objectif : renforcer et compléter sa chaîne de valeur au Maroc, une de ses sources d'approvisionnement.

Ainsi, le groupe portugais disposera donc à Larache ville située à 80km au sud de Tanger de deux sociétés : Innovafruits chargée de la réception des fruits, du lavage, tri, pelage, dénoyautage etc… et Fruprep opérant dans la transformation de fruits congelés pour fournir ses clients industriels laitiers sur les marchés d'Afrique, d'Europe et du Moyen Orient.

Cette réalisation a été rendue possible grâce à un prêt de 4 millions d'euros de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement).

Groupe basé à Maia, au nord du Portugal, Frulact fabrique des fruits transformés (dit fruits sur sucre) destinés à l'industrie laitière et la biscuiterie notamment.

Ses concurrents sont des groupes comme l’autrichien Agrana Fruit ou encore les allemands Zentis ou Wild que vient de racheter l'américain ADM. Frulact, pour sa part, avait acquis en 2006 la société Granger Bouguet Pau en France, non sans mener des restructurations.

Créé en 1987, ce groupe accélère son expansion à l'international en investissant sur le marché marocain. Il compte des usines en France, Afrique du sud et depuis l'an dernier aux Etats-Unis.

Il fait aujourd'hui partie des cinq plus grandes sociétés de transformation de fruits en Europe travaillant pour des clients comme Danone (Centrale Laitière au Maroc), Senoble, Lactalis ou Yoplait .

Gilles Mettetal, directeur à la Berd, chargé de l'agro-industrie explique le soutien de la banque à cet investissement notamment comme une réponse à "la consommation de yaourt au Maroc (qui) est en pleine expansion, en partie induite par une prise de conscience croissante de la santé."

Le prêt de la Berd, mis en place dans le cadre du Local entreprise facility (LEF), financera l'unité de traitement pour les fraises, les pêches et autres fruits. Celle-ci va permettre à l'usine de transformation d'accroitre ses achats locaux tout en répondant à la croissance du marché des yaourts aux fruits.

Pour João Miranda, président et co-fondateur de Frulact Group contacté par L'Usine Nouvelle, "ce prêt nous aide à mettre en place les synergies nécessaires entre nos deux unités tout en nous rapprochant de nos marchés cibles".

Il souligne aussi "Frulact Maroc accorde une place importante à la R&D afin d'anticiper les besoins des consommateurs qui évolue très vite vers des segments spécifiques comme les produits bio ou à base d'Aloe Vera par exemple".

La région de Larache est l'une des plus grandes zones de culture de fruits au Maroc.

Avec ce projet, Frulact Maroc poursuit une implantation initiée en 2007 avec le lancement de Fruprep.

La société emploie une centaine de permanents sur les deux sites et 200 saisonniers sur l'ensemble de l'année.

Après un chiffre d'affaires de 17 millions d'euros en 2013, Frulact Maroc attend 20 millions d'euros (+17%) en 2014 et 26 millions d'euros (+30%) en 2015.

Nasser Djama

3 questions à João Miranda, président du groupe Frulact

L'Usine Nouvelle : Pourquoi avez-vous décidé d'investir au Maroc ? Serait-ce pour bénéficier de coûts salariaux plus avantageux ?
João Miranda : C'est loin d'être notre première motivation. Nous avons comme projet de départ de cibler les marchés d'Afrique du Nord et du Moyen Orient. Le Maroc nous a semblé un choix pertinent car les caractéristiques de son marché sont similaires à celles de nos marchés cibles types. L'un deux est celui du yaourt car les groupes laitiers, nos clients, s'y développent fortement. C'est non seulement un marché en pleine croissance mais les habitudes du consommateur marocain sont proches de celles du consommateur français par exemple. L'autre point qui a joué en faveur du Maroc est lié au développement de son infrastructure portuaire à travers le port de Tanger Med. La proximité géographique, la facilité à faire des affaires et la stabilité politique du pays sont des critères dont nous avons tenus compte dans un deuxième temps.

Pouvez-vous nous expliquer la logique de votre modèle de développement ?
En 2007, nous avons créé Fruprep, notre unité de transformation industrielle des fruits. En 2014, le prêt de la Berd nous a aidé à investir dans une nouvelle usine située plus en amont, Innovafruits qui est chargée, notamment pour Fruprep mais pas seulement, de la réception des fruits, du lavage, tri, pelage, dénoyautage et de la surgélation. Mais, en termes de distribution, chaque unité à son propre circuit.

Comment fonctionne ce modèle ?
Nous nous approvisionnons pour la matière première auprès des producteurs locaux en ce qui concerne les fraises, abricots, pêches, figues et  framboises. Les produits tropicaux sont importés par notre centrale d'achat notamment de Thaïlande, du Costa Rica ou d'Equateur. D'autres fruits plus spécifiques comme les cerises ou les griottes sont par exemple importées  de Pologne. Nous vendons ensuite à nos clients industriels agro-alimentaire sur le marché marocain et à l'export vers de nombreux pays arabes comme l'Algérie, la Tunisie, l'Egypte, les Emirats arabes unis ou l'Arabie saoudite. En 2015, nous avons comme objectifs de consolider nos positions en Afrique et au Moyen Orient et de viser notamment le marché de l'Afrique Centrale.
Propos recueillis par N.D.

 

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