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Maroc : "La part de l'Amérique et de l'Asie dans nos IDE va beaucoup progresser", selon Hamid Benelafdil, DG de l'AMDI

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Entretien A l'occasion des assises de l'industrie organisées par L'Usine Nouvelle ce 5 novembre à Paris, nous avons rencontré Hamid Benelafdil, le directeur général de l'Agence marocaine de développement des investissements (AMDI). Il fait pour L'Usine Nouvelle, un point récent sur les Investissements directs étrangers (IDE) dans son pays.

Maroc : La part de l'Amérique et de l'Asie dans nos IDE va beaucoup progresser, selon Hamid Benelafdil, DG de l'AMDI
Hamid Benelafdil, directeur général de l'Agence marocaine de développement des investissements (AMDI)

L'Usine Nouvelle : Comment pourriez-vous qualifier le climat actuel des investissements au Maroc ?

Hamid Benelafdil : Aujourd'hui, depuis l'annonce du nouveau plan d'accélération industrielle en avril, on peut qualifier  le climat des affaires au Maroc d'optimiste et de positif. Nous assistons à une très grande mobilisation des acteurs, à travers les fédérations sectorielles qui souhaitent bénéficier de cette logique d'écosystème impulsée par Moulay Hafid El Alamy, le ministre de l'industrie. Le Maroc suscite pour cela également beaucoup d'intérêts chez les investisseurs étrangers qu'ils soient européens, américains ou asiatiques. Ces derniers s'intéressent particulièrement à la possibilité qu'offre le Maroc d'accéder de plus en plus non seulement au marché européen qui stagne mais surtout au marché africain. Et aujourd'hui, un certain nombre d'opérateurs internationaux ont compris que le "made in Africa" est en train de remplacer le "made in China".

Malgré tout, les IDE au Maroc ont enregistré une baisse d'une vingtaine de pour cent sur les 3 premiers trimestres de l'année. Vous attendez-vous à une baisse sur l'ensemble de l'année ?

La baisse des IDE constatée sur les neuf premiers mois de l'année est due essentiellement à des opérations particulièrement majeures qui ont eu lieu en 2013 et portant sur des opérations d'acquisition non récurrentes. Ce sont aussi des opérations en capital et donc "non greenfield". Elles concernent par exemple l'achat de parts de  Centrale laitière par Danone, ou de Cosumar par l'indonésien Wilmar ou encore de Mondelez Maroc qui regroupe les activités de Kraft Foods et de Bimo. Ce sont des opérations d'envergure. Mais si vous ne tenez compte que des opérations d'IDE rattachées au middle market par exemple, alors vous constaterez que nous sommes sur la même tendance que l'année dernière.

Vers quelles directions souhaitez-vous orienter les IDE pour les diversifier de l'Europe avec la France et l'Espagne qui restent les poids lourds en la matière ?

Le poids de la France et de l'Espagne est lié à l'histoire. Nous devons cependant diversifier nos sources d'IDE parce que nous constatons une forte volatilité des IDE de par même le fait de ces liens historiques que nous avons avec la France et l'Espagne et des problèmes de croissance de ces pays européens. Nous nous orientons en parallèle vers les Etats-Unis d'Amérique et vers la Chine. Aujourd'hui, la Chine a décidé dans son plan quinquennal pluriannuel d'augmenter les salaires d'environ 15% par an. Du coup, certaines entreprises qui ont choisi de s'implanter en Chine constatent que le Maroc est devenu plus compétitif que la Chine en offrant en plus une proximité vis-à-vis des marchés importants d'Europe et du Moyen Orient sans compter l'avantage de nos accords de libre-échange.  

Est-ce que le message véhiculé par le plan d'accélération industrielle (PAI) est bien passé auprès de  vos partenaires commerciaux en Europe et en Amérique par exemple ?

Le plan d'accélération industrielle date maintenant d'avril mais il est déjà bien intégré par nos partenaires commerciaux. Et nous le constatons aujourd'hui avec les résultats obtenus. Nous avons depuis avril, quatre écosystèmes dans l'automobile qui ont été signés. Avant la fin de l'année, quatre autres écosystèmes vont l'être dans d'autres systèmes d'activité. Aujourd'hui, nous avons non plus seulement des plans mais des choses concrètes qui se réalisent. Nous avions par exemple promis un fonds pour le développement des investissements et il est opérationnel car intégré au projet de loi de finances 2015.

Quelles sont les perspectives des IDE sur l'année 2015 ? Vous attendez-vous à une baisse conjoncturelle en 2014 pour des opérations en capital et sur le middle market ?

Je pense que nous allons assister à des taux de croissance récurrents tels que nous les avons connus par le passé mais avec deux changements structurels importants. Le premier concerne la part de marché de l'industrie dans les IDE qui va être beaucoup plus importante par rapport à l'immobilier ou au tourisme à l'image de ce qui s'est passé à Tanger avec Renault et les équipementiers. Le deuxième élément qui va influer sur la tendance des investissements directs étrangers au Maroc est lié à la diversification avec selon nous une grande inflexion sur les investissements en provenance d'Asie et d'Amérique du nord.

Propos recueillis par Pierre-Olivier Rouaud

 

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