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L'usine Agro

Maroc : la croissance de l'industrie de la volaille affectée par la grippe aviaire et la sécheresse

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Publié le , mis à jour le 02/05/2016 À 11H20

La grippe aviaire et la sécheresse devraient encore faire baisser la production avicole alors que celle-ci connaît déjà un ralentissement depuis 2011. L’Afrique apparaît comme un relais de croissance pour le développement du secteur.

Maroc : la croissance de l'industrie de la volaille affectée par la grippe aviaire et la sécheresse
Elevage intégré exploité par le groupe volailler marocain Zalar
© dr

« Au Maroc, le premier semestre de l’année 2016 a été plutôt bon et la production a continué à croître, mais elle devrait baisser au deuxième semestre à cause de la grippe aviaire. Aujourd’hui, elle est générale, elle touche la totalité du territoire », a déclaré Chaouki Jerrari, directeur de la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA) Maroc, mercredi 27 avril à Meknès sur le SIAM - Salon International de l'Agriculture au Maroc, le grand rendez-vous annuel du secteur

La fédération nationale représente la totalité du secteur du couvage et de l’élevage avicole au Maroc qui avec 28 milliards de dirhams de chiffre d’affaires pèse pour 3% du PIB marocain.

Sur le salon à Meknès, les leaders du secteur Zalar Holding (ex-Zalagh Holding) et Koutoubia disposaient de stand en propre sur leurs activités périphériques : alimentation animale ou charcuterie de volaille.

« La mortalité entrainée par la grippe aviaire va de 5% à 15 ou 30% de l’élevage au moment de la reproduction, selon les exploitations. Le virus en lui-même n’est que faiblement pathogène, quand il est seul, mais s’il trouve des volailles mal vaccinées, l’effet est amplifié », explique Chaouki Jerrari. Le secteur a constaté une baisse de la production depuis la 3e semaine d’avril et elle devrait continuer jusqu’à fin mai. « Si la production ne revient ensuite qu’à 70 ou 80% de la production antérieure à la grippe ce sera suffisant pour répondre à la demande car avant la grippe nous étions en situation légèrement de surproduction », conclut-il.

Sécheresse et ramadan

La grippe aviaire intervient dans un contexte morose. Déjà, la sécheresse de cet hiver a multiplié par trois le prix de la litière en paille des élevages. « Le prix de la volaille a aussi été entrainé à la baisse par les prix de la viande rouge », ajoute le directeur de la Fisa. Les vaches ayant moins de pâturage, les éleveurs ont eu tendance à réduire leur cheptel en vendant leurs bêtes en plus grand nombre pour leur viande.

Enfin, lorsque la production de volaille retrouvera des niveaux corrects ce sera le début du mois de ramadan. Durant cette période de jeûne, traditionnellement la consommation d’œufs augmente, mais celle de viande de poulet se réduit. Entre légère surproduction en début d’année et baisse de la production au deuxième semestre, l’année 2016 pourrait se conclure par une réduction moyenne de la consommation nationale de viande de volaille.

Une mauvaise nouvelle pour un secteur qui peine déjà à remplir les objectifs de production fixé par le contrat-programme 2011-2020, alors qu’il était, auparavant un des secteurs les plus dynamique de l’agriculture.

Contrat-programme : seulement 14,7% des objectifs réalisés

"En 2015, nous avons vendu 520 000 tonnes de viandes de poulet de chair, et 90 000 tonnes de dinde. La viande de dinde ne connaît plus le même dynamisme qu’avant, mais pour le poulet de chair la tendance est toujours à la hausse. Nous ne sommes pas en retard par rapport aux objectifs fixés dans le contrat programme 2011-2020 entre les professionnels et les pouvoirs publics", assure Chaouki Jerrari.

Pourtant les chiffres disent le contraire. Avec une production totale de viande de volaille au Maroc de 610 000 tonnes en 2015, le secteur est encore loin de l'objectif de ce contrat-programme. Celui-ci vise le passage d'une production de 560 000 tonnes en 2010 à 900 000 tonnes en 2020. Bref, 6 ans après le lancement de ce plan et à 4 ans de l’échéance, les producteurs n’ont réalisé que 14,7% de leurs objectifs.

En dépit de ce ralentissement entamé en 2011 mais aussi pour renverser la tendance, les différents opérateurs investissent et jouent l'optimisme. Zalar Holding, le leader du marché, a investi 396,5 millions de dirhams (1 000 dirhams = 92 euros) entre 2014 et 2016 pour relancer sa production. Ses filiales Couvnord et Atlas Couvoirs ont actuellement une capacité de 3 millions de dindonneaux et 55 millions de poussins de chair par an. En aval, UMA Volailles élève dindes et de poulets de chair, dans une vingtaine de fermes.

Profit warning de Zalar HolDing

Lourdement endetté, le groupe n’est cependant pas encore parvenu à transformer l’essai. Au contraire, en 2014, son résultat net passait de 42,4 millions de dirhams à une perte de 54,5 millions de dirhams. Si les résultats consolidés du groupe n’ont pas été publié depuis, la maison-mère de Zalar Holding a publié un deuxième profit warning en août 2015 et annonce un résultat net négatif de 20,7 millions de dirhams sur le deuxième semestre 2015.

En septembre dernier, le groupe a tout de même lancé Zalar Africa. Début avril il a signé un premier accord de financement avec le gouvernement sénégalais pour la construction d’une usine de graines bio et de semences certifiées pour près de 77 millions de dirhams.

15 millions de poussins exportés en Afrique

L’Afrique apparaît peu à peu comme le relai de croissance qui sauvera le secteur du marasme. "Nous avons commencé à exporter des poussins en 2010. Aujourd’hui, nous exportons 15 à 16 millions d’équivalents poussins. Le mouvement démarre timidement. Nous exportons en Mauritanie, au Mali, au Burkina, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et là où il y a des banques marocaines … La fédération va réaliser une étude prochainement pour connaître les capacités d’importation africaine dans notre secteur », annonce Chaouki Jerrari. La fédération espère conquérir de nouveaux clients venus d’Afrique de l’Ouest grâce aux différents Zoopôles, à savoir des centres techniques.

Le premier centre de formation destiné aux professionnels du lait, de la volaille et de la viande rouge, à Aïn Jemâa près de Casablanca, a déjà formé une douzaine de classes d’une trentaine ou quarantaine de jeunes diplômés techniciens pendant 3 jours. «Nous voudrions l’ouvrir à la coopération sud-sud. Bien sûr, ce serait un bon moyen pour faire de ces nouveaux élèves de futurs clients. Par rapport à la France, se former au Maroc coûte moins cher, pose moins de problèmes administratifs de visa et offre une certaine proximité culturelle », assure le directeur de la fédération.
Julie Chaudier, à Meknès

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