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Maroc : l'extension de l'Institut des métiers de l'aéronautique passe en phase active

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Après avoir validé le projet de doublement de la capacité de l'Institut marocain de l'aéronautique (IMA), le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), son opérateur, passe à l'étape de la concrétisation à Casablanca. Coût de l'investissement : 3 millions d'euros.

Maroc : l'extension de l'Institut des métiers de l'aéronautique passe en phase active
Réalisation des stagiaires de l'IMA
© imacasablanca

C'est pour bientôt. L'Institut des métiers de l'aéronautique (IMA) va mettre en œuvre le programme d'extension de sa capacité d'accueil sur son site proche de l'aéroport Mohammed V de Casablanca à Nouaceur.

"Le premier coup de pioche est prévu pour mi-novembre", annonce à L'Usine Nouvelle Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du GIMAS, le groupement professionnel à l'origine de la création de l'IMA et qui est depuis son opérateur via la société IMA SA.

Piloté par le GIMAS, bénéficiant de l'aide de l'État par l'entremise des ministères des finances, celui de l'industrie et de la formation professionnelle, ce projet d'extension va nécessiter un investissement de 3 millions d'euros.

L'extension correspond à l'augmentation du besoin de formation professionnelle de l'industrie aéronautique au Maroc et à la croissance à deux chiffres de ce secteur constitué presque exclusivement d'entreprises étrangères (Safran, Dassault, Airbus, Le Piston français, Daher...). Avant la mise en place de l'IMA sur une initiative privée, il n'existait pas de formation de ce type adaptée au monde aéronautique.

Depuis, l'ISMALA (Institut spécialisé dans les métiers de l'aéronautique et de la logistique aéroportuaire), porté par l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) a été ouvert également à Nouaceur, cette année.

Inauguré le 4 avril 2011, l'IMA s'est fixé comme objectif de former 500 stagiaires par an et quelques 100 à 200 jeunes d'un niveau Bac à Bac+2 au titre de la formation professionnelle. Désormais, cette capacité sera doublée à l'horizon 2015 en avance de deux ans sur le rythme initialement prévu.

Les formations techniques dispensés à l'IMA concernent notamment les domaines de la mécanique, tôlerie, usinage ou le travail des composites. Le site est doté d'un hall technologique avec un parc machine et des postes de travail industriel.

Concernant l'extension, la réserve foncière d'une surface de près de 3 000 m² va bientôt s'animer dès que les dernières formalités seront accomplies. Elle va accueillir outre les bâtiments réservés aux salles de cours qui occuperont 80% de la construction, des équipements qui vont occuper le reste des 20% ainsi qu'un nouvel atelier un peu plus petit que l'actuel.

financement par l'agence française de développement

Le coût de la mise en place initiale de l’IMA en 2011, soit un total de 7,7 millions d’euros, avait été pris en charge par l’État marocain (via notamment le fonds Hassan II), avec un très important concours de l’AFD (Agence française de développement). La contribution totale de l'AFD s'est élevé à 5,6 millions d'euros.

L’UIMM (Union des industries des métiers de la métallurgie) via sa filiale Codifor a quant à elle apporté son assistance technique pour l’ingénierie, la formation des formateurs et le démarrage du centre.

L'IMA bénéficie aussi du concours de l'Anapec (Agence de l’emploi marocaine).

Coté pédagogique, l'IMA forme des opérateurs et des techniciens de l'aéronautique qui représentent environ 70% des demandes du secteur. Composée à 30% de cours théoriques pour 70% de pratique, la formation se déroule en alternance de deux semaines entre l'Institut et l'entreprise sur la base de cinq filières, usinage commande numérique, ajustage/montage, composites, chaudronnerie et systèmes électriques.

"Nous recevons chaque jour environ de 30 à 40 CV mais seuls deux ou trois sont retenus. Ainsi, environ un dixième des demandes est satisfait." explique à L'Usine Nouvelle Abdelbasset Bentoumi, directeur général de l'IMA. Pour les stagiaires en formation initiale, les études sont gratuites.

En 2013, il est prévu d'atteindre une capacité de 600 stagiaires formés mais ce rythme devrait atteindre 1100 stagiaires formés à l'horizon 2017.

Tous les stagiaires bénéficient d'une promesse d'embauche à l'issue de leur formation dans la mesure où celle-ci est à chaque fois co-pilotée par l'entreprise. 

"Au cours de cette première semaine d'octobre, nous avons plus de 150 stagiaires présents à l’IMA (sans compter ceux qui sont en entreprise) répartis en 11 groupes dans les cinq filières. Nous venons d'accueillir la cinquième promotion d'une trentaine de stagiaires pour Bombardier." précise Abdelbassat Bentoumi.

Bombardier, l'avionneur canadien qui est en train de construire une usine juste en face l'IMA à commencé à former dans cet institut les salariés qu'il a embauché. Il prévoit de former plus d'une centaine de salariés par an pendant cinq ans.

Doté d'un capital social de 300 000 dirhams, l'Institut est formé en société anonyme, une structure juridique avec un actionnaire unique, le GIMAS. L'équipe de l'IMA est formée de 25 personnes composée de 15 formateurs et d'une dizaine de personnes  chargées du management.

Le conseil d'administration de l'institut est composé de cinq personnes issues de l'administration et cinq autres issues des entreprises aéronautiques. C'est "un cas unique, en rupture par rapport au système régalien" selon l'expression de son président Hamid Benbrahim El Andaloussi.

Nasser Djama, à Casablanca

 

Les entreprises aéronautiques formant leurs équipes à l'IMA
Aircelle Maroc, EADS, KMTM, SERMP, SPMA, Mesure Al Baida, Socaéro, OB Electronique, BM3 Câblage, SMES-SNECMA, Halmes, Segula, Matis Aerospace, AML, Sagem sécurité Maroc, Safran engineering services, Excelsa, Casablanca aéronautique, Creuzet  indraéro, Zodiac aerospace Maroc, Labinal Maroc, Ratier Figeac, Souriau, Adetel, Bouy ausare, MK aero, Daher Socata, Aero 13 , ASM  aero, Goam, Bombardier, Crouzet, AFM, AOCM, UMPM, Akka, MS composites, Sagem…

 

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