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Maroc, l'été des startups... (4/10) : Sheaply, le colis international version collaborative

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L'Usine Nouvelle vous fait découvrir cet été à travers une série de dix articles, un aperçu du monde des startups et du numérique au Maroc. Aujourd'hui, Sheaply.com, plateforme de livraison de colis entre particuliers recensant 5 000 utilisateurs.

Maroc, l'été des startups... (4/10) : Sheaply, le colis international version collaborative
Hicham Zarrouky (à gauche) et Yassine Zyad (à droite) sont les cofondateurs de Sheaply, une plateforme marocaine de livraison de colis entre particuliers.

Yassine Zyad et Hicham Zarrouky ont lancé la plateforme sheaply.com en septembre 2014. Presqu’un an plus tard, elle compte plus de 5 000 utilisateurs pour une moyenne de 5 transactions par jour. Son application mobile sera même disponible dès septembre.

Le concept ? Organiser toute une communauté autour du petit service que l’on se rend d’ordinaire entre amis : "est-ce que tu peux me ramener un truc de France, puisque tu y vas bientôt ?"

être 50% moins cher qu'un envoi de colis express

"L’idée m’est venue le jour où j’ai voulu acheter un ordinateur. Je l’ai trouvé en ligne, disponible à l’étranger, mais pour me faire livrer, le prix du transport était prohibitif et en plus je devais le dédouaner, c’est-à-dire le voir bloquer plusieurs jours à la frontière", raconte Yassine Zyad. A l’époque, il vit depuis plusieurs années en France où il côtoie Hicham Zarrouky, un ami d’enfance.

Après leurs études en école de commerce pour Hicham et en école d’ingénieur pour Yassine, ils se sont retrouvés à Paris où chacun travaille pour un cabinet de conseil différent. "Quand on a eu l’idée de Sheaply, ça avait du sens de faire cela au Maroc, alors on a fait d’une pierre deux coups", explique Yassine Zyad.

Ils créent à Casablanca Sheaply, une plateforme par laquelle tout un chacun peut demander si quelqu’un peut lui ramener un objet de l’étranger. Celui qui aura la bonne destination, un peu de temps et de place dans ses bagages pourra lui rendre ce service. Sheaply est aux envois express, ce que Airbnb est aux hôtels. Une solution moins chère et coopérative.

Celui qui accepte de céder un peu de place dans ses bagages est rémunéré par celui qui demande le service. "En fonction du poids et du trajet, on propose une fourchette de prix dans laquelle celui qui offre de la place dans ses bagages sélectionne le sien – 129 dirhams TTC (1 000 dirhams = 92 euros) pour un document, par exemple - de façon à être toujours au moins 50% moins cher qu’un envoi express", explique Yassine Zyad.

L’idée n’est pas totalement nouvelle – les entreprises expediezenvous.com, ou webtransports.com développent le même concept - mais Sheaply s’appuie sur la réalité marocaine : ses manques (certains produits ne se trouvent pas au Maroc) et sa grande communauté nationale résidant à l’étranger.

Environ 10% des marocains vivent hors de leur pays. "L’essentiel des transactions se fait entre le Maroc et la France. Un peu également avec les Etats Unis, le Moyen Orient, l’Espagne et le Royaume Uni. Mais nous avons besoin de nous étendre à d’autres régions", analyse Hicham Zarrouky.

sheaply en quête d'investisseurs

Comme Airbnb, le succès de Sheaply repose en effet sur le volume des transactions. "Notre business modèle est simple, nous prenons 20 dirhams sur chaque transaction", indique Yassine Zyad.

Cependant, toute transaction suppose un virement bancaire pris en charge par la plateforme. "Les banques nous facturent 15 dirhams par transaction", ajoute Hicham Zarrouky. En d’autres termes, Sheaply ne gagne pour l’instant que 5 dirhams par transaction. 

Pour devenir rentable, la plateforme doit attirer les investisseurs. "Nous finançons le développement de Sheaply sur nos fonds propres, ainsi qu’avec l’aide que nous avons reçue en tant que lauréats du Réseau entreprendre Maroc", explique Hicham Zarrouky.

Les deux amis espèrent séduire bientôt de véritables investisseurs. "Nous avons passé deux mois en Jordanie, au sein d'Oasis500, [société de développement et d’investissement dans les startups, ndlr] ou nous avons rencontré des investisseurs. Nous sommes maintenant en phase de discussion", indique Yassine Zyad, sans plus de précision.

En attendant, Sheaply continue de se développer dans la mesure des moyens financiers des deux fondateurs. Pour élargir la communauté, "nous fonctionnons beaucoup par le bouche-à-oreille, mais on fait aussi des tests de publicité sur Facebook", explique Hicham Zarrouky.

"Nous avons très peu de moyens, mais nous cherchons les publicités qui fonctionnent le mieux", ajoute-t-il. "Nous voulons aussi cibler une population particulière notamment celle qui a besoin de médicaments non disponibles au Maroc", conclut Yassine.

Julie Chaudier, à Casablanca

 

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