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Maroc, l'été des startups... (10/10) : Comment Careem Maroc fait face au géant Uber

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L'Usine Nouvelle vous fait découvrir cet été à travers une série de dix articles, un aperçu du monde des startups et du numérique au Maroc. Aujourd'hui, Careem Maroc, une startup qui s'est lancée sur le marché du VTC en juin 2014 et qui a rejoint le réseau dubaiote de Careem Networks.

Maroc, l'été des startups... (10/10) : Comment Careem Maroc fait face au géant Uber
Careem Maroc n'a pas attendu l'arrivée d'Uber au Maroc pour occuper le marché des applis de réservation de taxi.
© careem

Careem Maroc n'a pas attendu l'arrivée d'Uber au Maroc pour occuper le marché des applis de réservation de taxi. Mais, l'arrivée du géant américain à Casablanca le 21 juillet bouleverse forcément la donne.

En juin de l'année dernière, voilà un peu plus d'un an déjà, Mobilitech avec l'application Taxiii s'est lancé sur le marché naissant de la réservation de taxis au Maroc avec d'autres startups comme iTaxi ou votrechauffeur.ma. Présent à Casablanca et Rabat, Mobilitech a été racheté entre temps par le dubaiote Careem en mars de cette année.

plutôt une bonne nouvelle

"Devant la croissance du marché, on n'avait pas d'autre choix que de se rapprocher rapidement d'un partenaire étranger car au Maroc, c'est compliqué pour une startup de trouver des financements," explique à L'Usine Nouvelle Yassir El Ismaili, fondateur de Mobilitech, un diplômé de HEC passé notamment par Accenture.

Et comment réagit-il devant l'arrivée d'Uber ? "C'est plutôt une bonne nouvelle car cela va dynamiser le marché et le développer à condition de respecter les règles du jeu et de ne pas recréer le scénario français," affirme Yassir El Ismaili.

Careem Maroc pense même avoir des avantages qui le différencie de son concurrent américain. "Nous sommes un acteur local, on accepte le paiement en espèces, on pratique la réservation en avance et nous nous appuyons sur un call center," constate Yassir El Ismaili.

Le paiement cash est un avantage indéniable selon lui. Les habitudes de consommation au Maroc privilégient encore le règlement en espèces malgré la progression de la bancarisation. Très peu de consommateurs ont recours à l'usage de la carte bancaire même pour des achats importants. C'est encore moins le cas pour des courses de quelques dizaines de dirhams.

Sa priorité est d'éduquer le marché car Yassir El Ismaili pense qu'il est difficile de travailler avec les taxis qui ont déjà une clientèle plutôt habituée à des tarifs bas. Il compte ainsi soutenir le développement du prépayé qui représente environ le tiers des règlements mais qui a tendance à augmenter vite au fur et à mesure de la confiance que les clients mettent dans l'achat de crédits.

Selon lui, le marché des Voitures avec chauffeur (VTC) au Maroc connaît une croissance rapide et il est important de coller à la demande avec le respect de la réglementation en vigueur.

Le réseau Careem a notamment apporté à la startup marocaine une amélioration technologique importante et de bonnes pratiques. "Nous nous sommes retrouvés du jour au lendemain avec un back office performant or quand on veut grandir il faut investir dans des systèmes capables de gérer des milliers de commande" affirme Yassir El Ismaili.

Et ce n'est pas tout. Selon lui, "Grâce à l'existence de centres de services partagés et un centre d'appels externalisé, nous suivons les fluctuations du marché plus facilement. Ça permet  de gérer beaucoup plus de commandes à équipe égale".

une base d'environ 3 000 clients

Aujourd'hui avec une base d'environ 3 000 clients et une réserve de 200 chauffeurs qu'il peut injecter en fonction de la demande, Careem Maroc reste en phase avec ses objectifs.

Son activité représente à ce jour le double de ce qui a été réalisé durant l'année dernière avec un effectif sensiblement stable mais avec une qualification supérieure.

Implanté sur les technoparks de Rabat et de Casablanca, Careem Maroc va se recentrer sur Casablanca dans un espace plus grand et plus pratique d'environ 70 m² que la PME marocaine recherche pour la rentrée ou "la moitié de cet espace sera réservé au passage des chauffeurs".  

Son challenge est celui d'arriver à baisser le temps d'attente du client d'une quinzaine de minutes aujourd'hui à une dizaine de minutes à la rentrée.

Nasser Djama

     

Careem Networks est implanté dans une douzaine de villes
Créé en 2012 par deux anciens de McKinsey, le suédois Karl Magnus Olssonet et le pakistanais Mudassir Sheikha, Careem Networks est implanté dans 18 villes en Afrique du Nord et au Moyen Orient notamment à Abu Dhabi, Doha, Ryad, Beyrouth, Lahore, Koweit City, Le Caire, Casablanca, Rabat ou Amman. Le groupe dubaiote est soutenu par des fonds dont notamment STC Ventures, émanation du leader saoudien des télécoms STC.

 

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