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L'Usine Maroc

Maroc, l'enjeu de compétitivité

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Maroc, l'enjeu de compétitivité © tmsa

Les entreprises citées

Onction royale. C’est en présence de Mohammed VI, silencieux comme toujours, et d’une moitié du gouvernement dirigé par l’islamiste modéré Abdelilah Benkirane qu’a été présentée, le 2 avril, sous une immense tente dressée au cœur de Casablanca, la nouvelle politique industrielle du Maroc. Tout le gratin du "made in Morocco" était là, bravant la pluie. Avec dans le rôle M. Loyal, Moulay Hafid Elalamy, 54 ans, ministre de l’Industrie depuis octobre. Cet homme pressé aux casquettes multiples a été lui-même un des grands patrons du pays via le groupe Saham (assurance, call centers…) dans lequel Wendel vient d’entrer. Il fut aussi président du "Medef marocain", la CGEM. Depuis sa nomination, il est resté discret. Pour mieux préserver l’effet de surprise. À la tribune, "MHE" a déroulé un plan en dix points.

But affiché : une stratégie d’accélération industrielle, sorte de choc de compétitivité version chérifienne, visant d’ici à 2020 à faire passer la part de l’industrie dans le PIB de 14% à 23% et à créer 550 000 emplois. Une gageure. Durant le précédent Pacte pour l’émergence industrielle (2009-2014), seuls 70 000 emplois industriels ont été créés, surtout dans trois "métiers mondiaux" emblématiques : l’automobile l’aéronautique et l’offshoring. Mesure phare pour ladite "accélération" : la création d’un fonds de développement industriel voué à soutenir en fonds propres les entreprises, doté d’ici à 2020 de 1,8 milliard d’euros. À cela s’ajoutent divers outils comme les simplifications administratives, l’orientation de 20% des achats publics vers les PME, une réforme du foncier industriel, une offensive vers le marché africain ou encore une stratégie plus agressive pour attirer les industriels étrangers.

De fait, ces dernières années le Royaume a été un Pays de cocagne pour l’investissement étranger. L’an passé, il en a même attiré un montant record : 3,5 milliards de dollars. Et ce pays, qui a connu 4,5% de croissance en 2013 selon le FMI, s’est taillé une place remarquée sur la carte industrielle méditerranéenne. Mais les grands projets tel celui de Renault, qui produira cette année 20 000 véhicules à Tanger, ne suffisent pas à masquer le problème de fond de l’industrie marocaine : un manque de compétitivité intérieure. Un défaut qu’illustre un fait simple : le Royaume importe deux fois plus qu’il n’exporte, ce qui génère un trou béant de ses comptes courants (7% du PIB). C’est à ce mal que veut s’attaquer le fougueux Moulay Hafid Elalamy. Son mantra : générer des chaînes de valeur complètes associant les PME ou ETI du cru à quelques locomotives comme le géant public des phosphates OCP ou les groupes étrangers tels Renault, Safran ou Bombardier. Des "écosystèmes performants" que ne renierait pas Arnaud Montebourg.

Pierre-Olivier Rouaud

(chronique parue dans L'Usine Nouvelle du 10 avril)

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