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L'Usine Maroc

Maroc : l'écosystème Renault

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Publié le , mis à jour le

Maroc : l'écosystème Renault © Pascal Guittet

Les entreprises citées

Royal ! C’est Mohammed VI en personne, en son palais stuqué de Rabat, qui jouait les hôtes, début avril, à l’occasion d’une cérémonie autour de Renault. En jeu, la signature par les patrons régionaux du groupe (Carlos Ghosn n’en était pas), et devant la quasi-totalité du gouvernement, d’une convention détaillant les engagements du constructeur vis-à-vis du Maroc. C’est peu dire que l’implantation d’une usine Renault de 1,1 milliard d’euros, à Tanger, début 2012, a bouleversé l’économie du pays. L’automobile est devenue le premier poste d’exportation du royaume.

En 2015, les sites Renault de Tanger, d’une capacité de 340 000 véhicules, et de Casablanca, ancien et plus petit, ont produit 288 000 véhicules, soit un bond de 26%. Le Maroc, à lui seul, a assuré 10% de la production mondiale du constructeur. Celui-ci a été suivi par une trentaine d’équipementiers de rang 1. L’an dernier, le poids du secteur automobile a progressé de 23%, à près de 5 milliards d’euros. Oui mais voilà, si Renault Tanger n’est en rien un site tournevis, son taux d’intégration local plafonne autour de 35%, témoignant du manque de profondeur de la filière. C’est là qu’intervient notre réunion royale. Le plat de résistance était la création d’un "Ecosystème Renault". En clair, le constructeur prend des engagements de sourcing local (ce qu’il n’avait pas fait en 2012), à savoir 2 milliards d’euros par an d’achats à l’horizon 2023, trois fois plus qu’aujourd’hui.

À cela s’ajoute une promesse d’investissements de 900 millions d’euros par Renault et (surtout) ses fournisseurs. De quoi doper cet écosystème. Ce terme, désignant une stratégie de clusters, est le mantra, depuis deux ans, du ministre de l’Industrie Hafid Elalamy, un homme d’affaires à succès. Il le décline dans de nombreux métiers de l’automobile ou de filières comme l’aéronautique.

La carotte ? Des aides pour la formation ou l’investissement (jusqu’à 15% des projets). C’est ce qui a séduit PSA dans son projet d’implanter à son tour une usine au Maroc en 2019. Celui-ci va s’appuyer en fait sur la dynamique de l’Écosystème Renault pour créer son réseau de fournisseurs, avec un objectif ambitieux de 60% d’intégration locale dès le départ, et de 80% à terme.

Si le Maroc a encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir se comparer dans l’automobile à un pays comme la Thaïlande, cette effervescence et la perspective d’une production de 600 000 véhicules par an d’ici à 2023 tranchent avec sa maigre croissance actuelle. Le PIB devrait croître de 1% cette année (après 4,7% en 2014) pour cause de sécheresse et de mauvaises récoltes, rappelant que l’écosystème du royaume, lui, reste agricole avant d’être industriel. 

Pierre-Olivier Rouaud, à Tanger

(chronique parue dans L'Usine Nouvelle n°3466 du 28 mai 2016)

 

 

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