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Maroc : "Il faut intégrer les industries métallurgiques et mécaniques au plus vite dans le plan d'accélération industrielle", selon Abdelhamid Souiri

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Le  secteur des Industries métallurgiques et mécaniques (IMM) au Maroc est en attente de son intégration dans le Plan d'accélération industrielle défini en avril par les pouvoirs publics du royaume. A la veille du Midest Maroc, interrogé par L'Usine Nouvelle, Abdelhamid Souiri président de la fédération de ces métiers, la FIMME, revient sur les défis qui attendent son secteur.

Maroc : Il faut intégrer les industries métallurgiques et mécaniques au plus vite dans le plan d'accélération industrielle, selon Abdelhamid Souiri
Abdelhamid Souiri, président de la FIMME,
© DR

Semaine chargée pour le secteur des Industries métallurgiques et mécaniques (IMM) au Maroc. Premier rendez-vous, le séminaire sur les IMM organisé le mercredi 10 décembre à la CFCIM à Casablanca. Deuxième rendez-vous, le salon de la sous-traitance Midest qui se tient du 10 au 13 décembre à Casablanca. Alors que le  secteur est en attente de son intégration dans le Plan d'accélération industrielle défini en avril par le gouvernement marocain, L'Usine Nouvelle a demandé au président de la FIMME, Abdelhamid Souiri de revenir sur ces enjeux.

L'Usine Nouvelle : Votre filière devrait intégrer d'ici le premier trimestre 2015 le Plan d'accélération industrielle (PAI) défini en avril par le ministre Moulay Hafid Elalamy. Où en êtes-vous ?

Abdelhamid Souiri : Du côté de notre fédération, nous avons rédigé un contrat programme contenant des conclusions qui nous permettront notamment d'intégrer les écosystèmes prévus pour notre secteur  dans les meilleures conditions possibles. Une réunion avec le ministre Moulay Hafid Elalamy vient d'avoir lieu à ce sujet au cours de laquelle le ministre nous a assuré de la priorité qu'il accorde à notre secteur pour l'intégrer le cadre du PAI.

Quels sont les problèmes rencontrés par votre filière?

La problématique du prix, de la qualité et de la disponibilité [de l'acier NDR] s'est posée comme vous le savez avec le cas Maghreb Steel [sidérurgiste en grande difficulté NDR]. Des mesures anti-dumping ont été mises en place concernant les produits laminés à chaud et des mesures de protection concernant les produits laminés à froid et revêtus.

Mais le prix de l'acier au Maroc s'avère trop élevé. Il faut qu'on puisse avoir le même niveau de prix que celui pratiqué sur le marché international. Si la matière première locale est trop chère, nous ouvrons la voie à des importations de produits semi-finis ou finis non taxés. C'est notre industrie qui va pâtir de cette situation, ce qui commence à se passer aujourd'hui.

Intégrez-vous Maghreb Steel à votre réflexion ?

Des réunions sont prévues pour trouver des solutions pérennes. Maghreb Steel  pourrait même être la locomotive de l'écosystème. Cette société a besoin d'être compétitive. L'étude réalisée par Mc Kinsey a conclu que l'outil de production est performant. S'il l'est vraiment, il sera en mesure de produire un acier compétitif en qualité et en prix. C'est ce que nous souhaitons.

Croyez-vous encore à l'avenir de Maghreb Steel ?

Je ne peux qu'y croire. Notre pays a besoin que des investissements de cette envergure faits par des nationaux réussissent. Notre secteur souhaite avoir accès à un acier produit sur place. Si c'est le cas nous n'aurons plus besoin de mobiliser autant de trésorerie et d'être confrontés aux difficultés d'acheminement. Nous avons aussi besoin d'avoir sur le marché d'autres acteurs car un monopole n'est jamais souhaitable, Cela fait partie des points à aborder au sein de la filière.

Au-delà de Maghreb Steel, le problème n'est-il pas lié à celui de la compétitivité  de l'industrie marocaine ?

La compétitivité fait partie des sujets à discuter. Elle englobe notamment les problèmes liés au coût et à la qualité de la matière première, à la R&D, la formation, et à la législation du travail.....Notre secteur reste porteur mais pour qu'il le soit davantage, nous devons trouver avec les pouvoirs publics les mécanismes à mettre en place améliorer le climat des affaires et notre compétitivité.

Comment cela ?

Pour la majorité des membres de notre fédération, les industriels locaux paient un lourd tribut face aux problèmes que sont l'aggravation des délais de paiement, les barrières non tarifaires, la concurrence déloyale...  La mise en place des écosystèmes est une bonne initiative car elle va nous aider à mieux appréhender la réalité de notre secteur. Il y a des maillons manquants. Globalement, le concept des écosystèmes s'adapte bien à nos métiers, mais il faudra accompagner sa mise en place.

Demandez-vous une aide accrue des pouvoirs publics ?

Un Fonds de développement industriel (FDI) sera bientôt mis en place [avec la loi de finance 2015 NDR]. Il va falloir expliquer comment il va fonctionner et comment pouvoir en bénéficier. Ce fonds concerne toute l'industrie, il va falloir le repartir entre les différents secteurs selon les besoins réels.

Que pensez-vous du concept de la compensation industrielle ?

Le secteur industriel marocain a trop longtemps été délaissé dans les grands projets de développement du pays. Heureusement, aujourd'hui, il y a une prise de conscience de l'importance de faire participer tous les secteurs industriels au développement du pays.

Le projet de loi de finances 2015 va-t-il dans le bon sens selon vous ?

On ne peut pas nier qu'un effort a été fait dans ce projet mais il y a des manques. Par exemple à une certaine époque les entreprises avaient la possibilité de conserver [hors IS] une partie de leurs bénéfices pour les consacrer aux investissements futurs (réserves pour investissement). Ce mécanisme n'a pas été réintégré dans la PLF 2015.

A l'approche de la fin d'année, quels sont vos vœux 2015 pour votre secteur ?

Nous souhaitons que notre secteur retrouve sa vivacité. Nous avons besoin que nos partenaires publics et financiers croient en les IMME. L'acte d'entreprendre est un acte de foi, et dans l'industrie plus que dans d'autres domaines. Le gage des industries nationales est leur pérennité. Elles ne risquent pas de se délocaliser à l'étranger.

Beaucoup d'opportunités nous sont offertes dans différents marchés applicatifs tels le solaire, l'éolien, le ferroviaire, la réparation et la construction navale l'automobile, l'aéronautique ... J'espère que nous serons en condition pour les saisir.

Propos recueillis par Nasser Djama

 

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