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L'Usine Maroc

Maroc : François Hollande en visite dans un royaume où la France aligne les premières places

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Bien que dépassée par l’Espagne l’an dernier en matière d’exportations, la France reste le partenaire poids lourd du royaume chérifien où la croissance doit fortement rebondir cette année.

Maroc : François Hollande en visite dans un royaume où la France aligne les premières places
François Hollande, Président de la république française
© DR

Alors que le président François Hollande s’apprête à se rendre au Maroc pour une visite d’État ces 3 et 4 avril où il rencontrera le roi Mohammed VI, le Premier ministre Abdelilah Benkirane et de nombreux responsables économiques, la France continue d’être le principal partenaire du royaume.

Au Maroc, le chef de l'État sera accompagné d'au moins six ministres et d'une délégation d'entreprises françaises et de représentants du Medef. Ce voyage fait suite à la visite du premier ministre  Jean-Marc Ayrault, le 12 décembre dernier dans un pays où la relation politique et économique est souvent qualifiée "d'exceptionnelle" de part et d'autre.

On n'attend pas de grands contrats de cette visite (ceux-ci ont été nombreux par le passé!), mais des confirmations et des engagements dans des projets comme la formation, la maintenance ferroviaire, l'agro-alimentaire ou les énergies renouvelables. Le président français doit notamment inaugurer une usine d'assainissement d'eau à Mediouna près de Casablanca, un projet mené par Lydec, la filiale de Gdf-Suez qui gère l'eau et l'électricité de la capitale économique du pays.

Mais, pour François Hollande, dont c'est le premier voyage officiel au Maroc, il s'agit surtout de conforter cette relation privilégiée dans le contexte de l'engagement français au Sahel (soutenu par Rabat) et aussi d'une forme "d'équilibre" après sa visite en décembre en Algérie, pays rival du royaume marocain dans la région (et soutien des indépendantistes sahraouis).

Resté largement à l'écart des troubles du Printemps arabe, le Maroc est dirigé depuis les élections de novembre 2011 (faisant suite à une réforme constitutionnelle) par une coalition menée par le parti islamiste modéré PJD, dont est issu M. Benkirane, associé à plusieurs autres partis, dont l'Istiqlal.

Le PIB du Maroc a progressé de 2,4%, selon le Haut-commissariat au plan marocain. Il atteint environ 75 milliards d’euros (environ 3,8% de celui de la France) pour une population, pour l'essentiel toujours pauvre, de 32 millions d’habitants avec un chomage de près de 20% en zone urbaine. La grogne sociale reste d'ailleurs réelle comme l'a montré la manifestation de Rabat dimanche dernier organisée par plusieurs syndicats.

En forte reprise, la croissance attendue au Maroc en 2013 est d'environ 4,5%, mais le pays a vu ses déficits se creuser en 2012. Le déficit public a dépassé 7% du PIB et le taux de couverture des importations s'est établi à peine à 50%, et ce en dépit du développement de l'industrie manufacturière dans les zones franches d'exportations notamment. Car le Maroc, dépourvu d'hydrocarbures (d'intenses recherches sont en cours) doit importer quasiment toute son énergie. Il mène d'ailleurs une politique affirmée de développement des énergies renouvelables, notamment le solaire avec plusieurs parcs géants en projet faisant suite à celui, déjà en travaux, de Ouarzazate.

Le royaume bénéficie par ailleurs d'importants financements de la France, de l'Europe, des pays du Golfe ou des institutions internationales. Sa dette publique est d'environ 65% du PIB dont seulement 25% détenus par des étrangers. En tout cas, les investisseurs continuent visiblement d'apprécier le pays : le flux des investissements directs étrangers a bondi de 87,5% sur les deux premiers mois de 2013, à environ 4,2 milliards de dirhams (378 millions d’euros), selon l’Office des changes marocain.

Les principales données concernant la place de la France au Maroc, ont été mises à jour le 22 mars par le service économique de l’ambassade de France à Rabat, dans une note d’où sont tirées la plupart des chiffres ci-après.

Tourisme toujours

Les Français forment le premier contingent de touristes au Maroc. En 2012, la part française des arrivées de touristes a atteint 35% du total des arrivées.

 

Investissements directs : LA FRANCE en tête

La France est restée en 2012 le premier investisseur avec un flux d’investissements directs de 919 millions d’euros (+20,9%). Ces investissements directs français ont représenté 34,2% des d’investissements directs totaux du Maroc en 2012.

Le Maroc demeure la première destination des investissements français en Afrique avec 36 des groupes du CAC 40 qui y sont présents et un total de 750 entreprises françaises recensées.

Le cumul des investissements directs français sur la période 2000-2011 s’élève à 5,6 milliards d’euros (davantage qu’en Inde). Un des plus gros projets enregistré sur la période est l’investissement de Renault dans son usine de Tanger ouverte en février 2012 (plus de 1.2 milliard d’euros au total à terme). Danone pour sa part vient de prendre le contrôle total de Centrale Laitière, leader du secteur au Maroc, détenue en partie jusque là par la SNI, la holding de la famille royale. Mais Safran, Atos, STM, Lafarge, Air Liquide, ou Nexans et une nuée de PME sont implantées aussi au Maroc. Sans parler des entreprises comme Bouygues, Transdev, CMA-CGM ou Alstom qui bénéficient des importants programmes d'infrastructures du pays (ports, TGV, énergie...). GDF-Suez va ainsi être co-investisseur avec Nareva (autre filiale de la SNI)  dans un énorme projet éolien à Tarfaya dans le sud du pays.

L’année 2013 va connaître néanmoins deux gros désinvestissements avec la vente annoncée par Veolia de ses activités dans les services collectifs au fonds d'investissement Actis et la cession prochaine par Vivendi de ses 53% dans Maroc Telecom.

Lors de son passage mi-décembre, Jean-Marc Ayrault avait signé avec son homologue marocain Abdelilah Benkirane un memorandum vantant les mérites de la "co-localisation" entre la France et le Maroc pour couper court aux polémiques sur la délocalisation d'industriels ou de sociétés de services françaises (SSII...) vers le royaume.

Échanges commerciaux : l’Espagne exporte plus

La France est restée le premier partenaire commercial du royaume en 2012 avec un total d’échanges (export et import) de 8 milliards d’euros, se soldant par un excédent pour la France de 560 millions d’euros en recul néanmoins de 56% sur 2011.

Les exportations françaises ont chuté d’environ 9% en 2012 à 4,3 milliards d’euros (12,5% des importations marocaines). Cela s’explique en bonne partie par le plongeon des exportations de blé de 46%.

L’Espagne, quant à elle, est devenue en 2012 le premier fournisseur du Maroc, devant la France. Les exportations espagnoles ont, en effet, bondi de 25% à 4,4 milliards d’euros sous l’effet notamment d’un doublement des ventes de produits pétroliers (1,2 milliard d’euros en 2012). 

Les importations françaises en provenance du Maroc en 2012 ont crû de 12,3% à 3,7 milliards d’euros (22,6% des exportations marocaines), du fait notamment de la hausse des livraisons de voitures, liée à l’ouverture de l’usine Renault de Tanger-Melloussa.

Aide au développement : UN généreux donateur

"La France est le premier donneur net d’aide publique au développement du Maroc", selon l’ambassade de France pour qui "la France a consolidé, en 2011, sa première place comme bailleur de fonds bilatéral du Maroc, avec 524 millions d’euros de versements nets, soit plus de 62% de l’aide publique nette reçue de la part des pays de l’OCDE." Par ailleurs, l’AFD (Agence française de développement) a conclu huit conventions de prêts avec le Maroc en 2012 pour de 831,3 millions d’euros. Un montant en très forte hausse puisqu’il n’était que de 380 millions d’euros en 2011 et de 174 millions d’euros en 2010.

Pierre-Olivier Rouaud

Les Marocains de France pensent au pays

Selon l’ambassade de France : "les transferts financiers des Marocains résidant en France ont représenté 40% du total des transferts reçus par le Maroc en 2011, soit 2,1 milliards d’euros."

 

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