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L'Usine Maroc

Maroc : des investissements logistiques pour s’approcher des standards européens

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

Les autorités marocaines  veulent favoriser le développement de la logistique. Plans d’investissements pour les infrastructures et projets de plates-formes fleurissent  dans les grands centres urbains. Mais des handicaps subsistent à commencer par le prix des projets.

Maroc : des investissements logistiques pour s’approcher des standards européens © D.R. - ONCF

La logistique est un bon indicateur du développement d’un pays. Les coûts tournent autour de 10 % du PIB dans les pays les plus avancés. Au Maroc, l’objectif est de réduire les coûts logistiques de 20 % du PIB en 2012 à 15 % en 2015. Un sacré pari !

Le 25 avril 2012 , le roi Mohammed VI a procédé au lancement du projet de la zone logistique MITA – Casablanca, qui sera réalisé par l’Office national des chemins de fer (ONCF) : un investissement de 600 millions de dirhams (54 millions d’euros) sur 32 hectares. Elle devra répondre aux standards internationaux.

En fait, le Maroc s’est doté d’un plan baptisé ONCF Logistique Emergence qui prévoit la construction d’un réseau de plates-formes logistiques multi-flux couvrant les principaux centres économiques du royaume chérifien notamment l’axe Casablanca-Rabat-Tanger. Ils s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la "stratégie nationale" pour le développement de la logistique.

A l’horizon 2020, ce sont 70 plates-formes logistiques qui seront crées pour une surface de 10 millions de mètres carrés afin d’accompagner le développement de l’industrie et du commerce. La première concerne Casablanca-Zenata en cours de construction.  Si certains professionnels estiment que ces objectifs ne seront pas atteints, faute de financements privés, force est de constater que le Maroc change.

"Si l’offre est encore largement inadaptée - la logistique a souvent lieu au rez-de-chaussée des immeubles -, on construit des autoroutes et des infrastructures. On renouvelle les parcs de camions. Il y a une logique d’aménagement du territoire. Les opérateurs développent des plates-formes près des autoroutes", constate Cédric Guez, directeur du développement de GSE Maroc. Ce contractant général assure la conception et la construction de bâtiments industriels clés en main. Il participe en tant qu’assistant de maitrise d’œuvre au développement d’une zone logistique avec 110 000 m² de bâtiments à Mohammedia, au nord de Casablanca. Un entrepôt de 35 000 m² est déjà sorti de terre. Une deuxième phase est lancée pour une livraison en 2013.

Un nouveau parc industriel (27 000 m²) est par exemple en cours de réalisation à Ouled Salah (province de Nouaceur) entre Casablanca et son aéroport.  Mené par la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM) en partenariat avec des institutionnels marocains, ce parc accueillera sur une surface de 32 hectares plus de 150 entreprises agissant dans des secteurs industriels et logistiques non polluants.

Des formalités facilitées

Autre acteur français présent au Maroc, Gefco, la filiale logistique de PSA, gère des flux de 75 000 à 80 000 véhicules par an. "Nous avons un parc logistique de voitures à la périphérie de Casablanca d’une capacité de 9 000 véhicules. On prépare le dossier pour Tanger. Un site qui devrait ouvrir en mars 2013. Il comprendra deux entrepôts de 6 000 m² et un parc auto de 2 500 à  3000 voitures", précise Jean-Paul Ornano, le directeur général de Gefco Maroc, qui emploie 150 personnes.

Les prestataires logistiques européens sont très présents dans le Royaume, à commencer par Geodis, DHL, ID Logistics, Kuehne Nagel et Dachser. Ce dernier a débuté ses activités au Maroc en 1984, à l’époque sous le nom de Graveleau. Il dispose de trois sites à Casablanca (7 000 m²), Tanger (7 500 m²) et Mohammedia (27 000 m²).  Il réalise un chiffre d’affaires de 14,5 millions d’euros avec 150 employés. 

Mais il n’est pas question de prendre les marocains à la légère pour obtenir des contrats. Cédric Guez assure que "si on a l’impression que c’est facile de travailler au Maroc car on partage la même langue et  le même substrat juridique, c’est une erreur.  Au contraire, il faut avoir une offre compétitive. Nous ne sommes pas encore dans les mêmes standards, mais les opérateurs logistiques européens présents au Maroc travaillent souvent de la même manière qu’en France".

L’implantation et le recrutement dans ce secteur sont facilités par "une volonté de l’Etat marocain, qui facilite les formalités administratives. Pour recruter, des universités ont créé des programmes pour former des futurs cadres de transport et logistique", indique-t-on chez Gefco.

Mais tout est loin d’être parfait. Le trafic routier est souvent difficile surtout à Casablanca et le réseau ferré, même s’il évolue est encore très perfectible. Toutefois, le principal souci reste l’immobilier. Au Maroc, il est très cher. Des loyers de 75 à 85 euros le mètre carré sur des zones  aménagées à Casablanca ou à Tanger sont courants. A titre de comparaison, ils dépassent rarement  52 euros en Ile-de-France. Pour Jean-Paul Ornano, "investir au Maroc dans ces conditions est impensable. Toutefois, pour les parcs auto, c’est différent. Les conditions sont acceptables". Et sur les nouvelles zones logistiques, les autorités marocaines facilitent les implantations à des tarifs plus acceptables…

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