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L'Usine Maroc

Maroc : dans la crise de la raffinerie Samir, son actionnaire Corral propose un plan de la dernière chance pour éviter la liquidation

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Publié le

La Samir a défendu devant le Tribunal de Commerce de Casablanca, lundi 7 mars, la reprise de la raffinerie nationale moyennant le rééchelonnement de toutes ses dettes, un emprunt de 2 milliards de dirhams et l’injection de 6 milliards de dirhams d’argent frais au capital. Une énième promesse ou un plan de la dernière chance ?

Maroc : dans la crise de la raffinerie Samir, son actionnaire Corral propose un plan de la dernière chance pour éviter la liquidation
La Samir est l'unique raffinerie du Maroc
© samir.ma

Jamal Baâmer, directeur général de la Samir, a présenté, lundi 7 mars 2016, le plan de la dernière chance. Devant le Tribunal de Commerce de Casablanca, il a réfuté les arguments ouvrant sur une liquidation de la raffinerie nationale et défendu l’option du redressement judiciaire, selon le journal marocain en ligne Medias24.

Depuis sept mois la Samir, filiale de la société saoudienne Corral Petroleum Holdings AB, est à l’arrêt depuis août 2015 en raison de graves difficultés financières.

Après avoir fait voter, le 15 octobre dernier, en assemblée générale, une augmentation de capital de 1 milliard de dollars, le saoudien Mohamed El Amoudi, son PDG et actionnaire principal, n’avait finalement rien versé, provoquant la fureur des autorités marocaines. Depuis, il tente d'opter pour un règlement à l’amiable, engagé mi-novembre, devant le Tribunal de Commerce de Casablanca.

Dans son nouveau plan de redressement, Jamal Baâmer mise sur la remise en service rapide de la Samir.
Les sociétés de trading Glencore et la Socar, deux de ses fournisseurs, seraient prêts à livrer la raffinerie en matières premières à des conditions commerciales favorables. La Samir estime pouvoir ramener ainsi dans ses caisses 2 milliards de dirhams par an dans les prochaines années. Ce qui sera insuffisant toutetefois pour faire face à ses dettes.

En parallèle, la société annonce à nouveau – après être donc revenue sur ses engagements initiaux de l’automne 2015 – être prête à réaliser une augmentation de capital.

Mohamed Al Amoudi promet désormais d’injecter 4 milliards de dirhams en 2016 (1 milliard de dirhams en avril prochain, un autre milliard de dirhams un mois plus tard et 2 milliards de dirhams en juin) et 2 milliards de dirhams en 2019.

En plus de la remise en service de la Samir et de 4 milliards de dirhams d’argent frais, le plan de redressement prévoit également de rembourser certaines dettes échues via un nouvel emprunt obligataire de 2 milliards de dirhams en juin 2019 et de conserver des facilités bancaires pour 4,4 milliards de dirhams et des lignes de préfinancement de 3,5 milliards de dirhams.

Ce plan acrobatique satisfera-t-il les nombreux créanciers de la raffinerie ? Selon Jamal Baâmer, la majorité d’entre eux serait prête à étaler les remboursements pour donner de l’air à leur débiteur.

L'actionnariat
Les actionnaires de la Samir sont Corral Petroleum Holding, groupe suédo-saoudien à 67,27 % du milliardaire saoudien d'origine éthiopienne Mohammed Al Amoudi, le groupe marocain Holmarcom à 5,78% et divers autres actionnaires (flottant à la bourse de Casablanca notamment) pour 26,95%.

 

A titre d'exemple, Marsa Maroc et l’Agence Nationale des Ports réclament le versement immédiat de la moitié de la dette de la Samir, soit respectivement 22,6 millions et 9,5 millions de dirhams, et le règlement du reliquat dans les 6 mois suivants.

Seule la douane, avec laquelle le bras de fer est des plus dur ne démord pas de l’idée que l’apport en capital promis de 1 milliard de dollars doit être concrétisé avant de réaliser tout rééchelonnement de la dette.

A tous ses nombreux autres créanciers, la Samir propose un étalement des dettes sur plusieurs années et des versements qui ne commenceraient qu’en juin 2016, sans présenter, visiblement, de véritable garantie.

La prochaine audience est programmée pour ce lundi 14 mars. Le Tribunal de Commerce de Casablanca devrait alors, en principe, trancher pour un redressement judiciaire... ou une liquidation pure et simple.
 

Julie Chaudier à Casablanca


La seule raffinerie du Maroc
Implantée en bord de mer à Mohammedia près de Casablanca, la Samir, seule raffinerie du Maroc est totalement à l'arrêt depuis l'été 2015. L L'entreprise est dirigée par le saoudien Ba-Amer Jamal. Elle est en difficultés financières depuis 2014 en raison de son manque de performance, d’arrêts techniques et d'une dévaluation de ses stocks suite à la plongée du prix du pétrole. En 2014, la Samir avait réalisé 44 milliards de dirhams de chiffre d’affaires (-10%) et une perte de 3,4 milliards de dirhams. En 2013, son résultat net, positif, s'élevait à 320 millions de dirhams. La capacité de raffinage du site est de 150 000 barils de pétrole par jour. Depuis l'arrêt de la raffinerie, les distributeurs marocains de carburants s’approvisionnent à 100% via les importations.

 





 

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