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Maroc : comment gagner 450 millions de dollars... le royaume bénéficiera d'un nouveau programme d'aide du Millennium challenge corporation américain

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Le conseil d’administration du programme américain d'aide publique Millennium challenge a approuvé le 17 septembre le deuxième "compact" de coopération avec le Maroc qui sur plusieurs années devrait recevoir au total 450 millions de dollars de financement sous forme de dons. Deux objectifs-cible du nouveau programme : améliorer l'employabilité et la "productivité du foncier".

Maroc : comment gagner 450 millions de dollars... le royaume bénéficiera d'un nouveau programme d'aide du Millennium challenge corporation américain
Le chef du gouvernement, AbdelIlah Benkirane, avec l’ambassadeur américain au Maroc Dwight L. Bush et Dana Hyde, PDG de MCC.
© pm.gov.ma

Bonne nouvelle. Dwight L. Bush, ambassadeur des États Unis d’Amérique au Maroc, a informé le 21 septembre le Chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane de l'approbation, le 17 septembre, du deuxième programme de coopération (Compact II) avec le royaume du Maroc.

Millennium challenge corporation est un programme public américain d'aide aux pays en développement avec un fonctionnement proche du privé.

Bénin, Arménie, Sénégal, Honduras, Philippines, Ghana ou donc Maroc... de nombreux pays en développement en bénéficient à la condition expresse de satisfaire à des critères spécifiques, notamment en matière de gouvernance (voir encadré à la fin de cet article). Les financements, quant à eux, sont réalisés sous forme de dons.

un don au Maroc de 450 millions de dollars

Voté par le Conseil d’administration du Millennium challenge corporation (MCC), ce deuxième programme porte sur 450 millions de dollars.

A ce montant, vient s’ajouter, une contribution du gouvernement marocain de 67,5 millions de dollars au minimum. C'est ce qu'ont annoncé les services du chef du gouvernement du Maroc le 21 septembre.

Pour rappel, le programme compact I au Maroc visait l'amélioration de la productivité et de l'emploi dans les secteurs de l'arboriculture fruitière, de la pêche et de l'artisanat. Des filières comme celles des olives ou des dattes ont ainsi par exemple bénéficié de financements aussi bien pour améliorer les pratiques culturales que pour construire des unités de stockage en milieu rural ou/et oasien (photo ci-dessous une installation de tri de dattes financée par le MCC près d'Erfoud).

MCC I a également ciblé le soutien à la création d'entreprise.

Le deuxième programme "intervient suite au succès enregistré dans la mise en œuvre du premier Compact d’un montant de 697,5 millions de dollars entre 2008 et 2013 et à la satisfaction, par le Maroc, des critères d’éligibilité exigés par MCC et qui sont liés à la bonne gouvernance, aux libertés économiques et à l’investissement dans le capital humain" indique le communiqué du gouvernement.

Ceci étant, la contribution américaine est en baisse de plus d'un tiers (35,5%) par rapport à Compact I. Et elle est en recul d'un quart (25,4%) en intégrant la contribution du Maroc.

Ce deuxième programme permettra de financer deux grands types de projets : l'éducation et la formation pour améliorer l’employabilité ainsi que la "productivité du foncier".

Le travail sur l'employabilité consistera à améliorer la réponse aux besoins de recrutement du secteur privé.

Cette action se traduit par un travail sur la qualité de la formation et sa pertinence. Elle portera aussi sur l'amélioration de l’égalité d’accès à l’enseignement secondaire et à la formation professionnelle.

Le second volet du programme, lui, vise à accroitre la "productivité du foncier" et de l’investissement privé. Il préconise notamment l’adoption de réformes réglementaires et institutionnelles pour en améliorer la gouvernance. Il suggère aussi une nouvelle approche dans la régulation permettant de mieux répondre aux besoins spécifiques du secteur privé en modernisant et simplifiant les procédures et le droit de propriété, notamment dans les zones industrielles et rurales.

2,2 millions de personnes

Quant à l'impact attendu, ce deuxième programme de coopération devrait bénéficier à près de 2,2 millions de personnes, selon MCC  et verra ses effets s'étaler sur les 20 prochaines années.

Pour rappel, les Etats-Unis figurent dans le top 5 des investissements directs étrangers (IDE) au Maroc en terme de stocks (612 millions de dollars en 2012) grâce aux investissements de firmes comme IBM, Sitel, Lear, Delphi ou Kraft. Et les Etats-Unis et le Maroc ont conclu en 2004 un accord de libre-échange entré en vigueur en 2006.

La décision positive du MCC résulte quant à elle de plus de deux ans de négociations préparatoires des services du chef du gouvernement avec les experts américains.

Les consultations traitant de problématiques liées à la qualité du capital humain et la "productivité du foncier" ont ainsi vu la participation des départements ministériels et établissements publics concernés, les représentants du secteur privé et ceux de la société civile.

Reste à mettre tout cela en œuvre.

Nasser Djama avec Pierre-Olivier Rouaud

 

Millennium challenge corporation, le soft power à l'américaine

Les États-Unis, à l'initiative de l'administration de George W. Bush, ont créé le programme Millennium Challenge Corporation (MCC) en 2004. Il vise à créer un "partenariat de développement" entre les États-Unis et les pays en développement en s'inspirant dans sa mise en œuvre des méthodes du privé (même s'il s'agit de dons), ce qui suscite les critiques de certaines ONG. Le financement global est voté par le Congrès américain. Son PDG est Dana J. Hyde, une juriste qui avait travaillé avec Bill Clinton.
Pour bénéficier de l'aide financière de la MCC, les pays en développement doivent passer avec succès une évaluation basée sur 22 indicateurs politiques et économiques comprenant notamment la liberté politique et économique, les investissements dans l'éducation et la santé, l'éradication de la corruption, le respect des libertés civiles et de la primauté du droit, la responsabilité. Une forme de soft power pour Washington. Ces programmes doivent pouvoir aboutir à des résultats palpables. Parmi les signatures récentes de nouveaux "compacts" on relèvera la Sierra Leone, le Bénin ou le Liberia. Et donc le Maroc.

 

 

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