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Maroc : Al Amoudi promet 680 millions de dollars pour récupérer la raffinerie Samir et éviter la liquidation : ultime coup de bluff ?

In extremis, ce mercredi 11 mai, le saoudien Mohamed El Amoudi, le président principal actionnaire de la Samir, la raffinerie marocaine a promis d’apporter 680 millions de dollars de fonds propres pour éviter sa liquidation judiciaire.

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Maroc : Al Amoudi promet 680 millions de dollars pour récupérer la raffinerie Samir et éviter la liquidation : ultime coup de bluff ?
Mohamed El Amoudi, PDG et actionnaire principal de la Samir.

La plus improbable des issues possibles sera-t-elle finalement la bonne ? Mohamed El Amoudi, actionnaire principal de la Samir, vient de promettre 680 millions de dollars pour conserver la raffinerie.

Hier, mercredi 11 mai, durant l’audience qui devait voir le Tribunal décider de la liquidation définitive de la Samir ou de son redressement judiciaire, Me Abdelkbir Tabih, a déclaré avoir "reçu une lettre hier, à midi, [le 10 mai], du cheikh Amoudi. Il s’y engage à injecter 680 millions de dollars si la Cour d’appel prononce le redressement judiciaire", selon Médias24.

L’unique raffinerie nationale Samir, filiale de la société saoudienne Corral Petroleum Holdings AB, est à l’arrêt depuis août 2015 en raison de graves difficultés financières. Après un long bras de fer avec le gouvernement, Mohamed El Amoudi, son PDG et actionnaire principal, a eu recours à l’arbitrage du Tribunal de Commerce de Casablanca. Celui-ci a prononcé le 21 mars 2016, sa liquidation judiciaire. Mohammed El Amoudi a immédiatement fait appel.

"Le montant offert par Mohammed Al Amoudi est simplement incroyable. Je pense que c’est une excellente nouvelle qui pourrait sauver la Samir, veut croire Afifa Dassouli, éditrice, journaliste financière et enseignante en Finances à l’ISCAE. La menace judiciaire prononcée contre la Samir a réveillé la responsabilité de son actionnaire qui se dit : il vaut mieux mettre 680 millions de dollars que de perdre mon tiroir-caisse".

Cette offre, pourtant, en rappelle une autre : l’augmentation de capital de 1 million de dollars décidée en octobre 2015 par le Conseil d’administration de la Samir, mais jamais été réalisée. Ces 680 millions de dollars sont-ils un nouveau coup de bluff ?

Rien n’assure aujourd’hui au tribunal que Mohammed El Amoudi tienne sa parole, car comme l’indique sa lettre à la Cour d’appel du tribunal de commerce de Casablanca, ces millions de dollars ne seront versés qu’à condition que le redressement judiciaire soit prononcé, c’est-à-dire, après qu’il ait été prononcé.

De toutes les issues possibles à la crise de la Samir, l’option par laquelle Mohammed El Amoudi gagnait son appel de la décision de liquidation judiciaire était la moins probable.

"Si El Amoudi envisageait vraiment cette option, il n’aurait pas demandé l’arbitrage du tribunal", estimait Hicham El Moussaoui, fondateur de Libre Afrique et maître de conférences à l’Université Sultan Moulay Slimane de Fès, il y a quelques mois.

Pourtant, la décision finale de la Cour d’appel a été repoussée une première fois le 3 mai, parce que Mohammed El Amoudi n’avait pas fait connaître le contenu de sa défense. La décision finale est à nouveau reportée au 18 mai, pour laisser le temps au procureur d’étudier les arguments plaidant pour le redressement judiciaire.

Dans ce mémoire, Mohamed El Amoudi, maintient intacte sa ligne de défense. "Les difficultés de la Samir sont le fait de deux administrations, celles de la Douane et celle des ports. La première pour l’ATD qu’elle a diligentée sur les fonds de la Samir, la deuxième pour avoir immobilisé un bateau pétrolier sur les côtes de Mohammedia, l’empêchant d’approvisionner la raffinerie », écrit-il.

L’essentiel de ses arguments peut se résumer ainsi : la Samir serait viable ; elle n’a jamais cessé de payer ses dettes ; ni ses créanciers ni le procureur n’auraient jamais demandé sa liquidation. "Nous nous demandons alors quels intérêt le tribunal a voulu protéger en prenant cette décision", écrit-il.

Julie Chaudier à Casablanca

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